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#  Consommation du poisson : quels bienfaits et quels risques ? 

 

 Publié le  **30.12.2024**

 [ Patricia Guipponi](/qui-sommes-nous/auteurs/patricia-guipponi)

 Temps de lecture estimé  **7 minute(s)**

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       ![Du poisson dans une assiette](/sites/default/files/styles/big_picture_fallback/public/images/consommation-poisson-bienfaits-risques-harmonie-sante.jpg.webp?h=e6cb4de8&itok=aiJEd3-Q)   © Getty Images 

  

  

 

 

 

  Sommaire Sommaire

 

 

 



 

 Le poisson est un aliment aux nombreuses vertus nutritionnelles. Le consommer est  
 bon pour la santé à condition que ce soit de façon raisonnée. En cause : les méfaits  
 de la pêche et de l’élevage intensifs et les polluants qu’il peut contenir. Explications.

Le poisson recèle nombre de qualités nutritionnelles. « Le poisson, comme la sardine ou le maquereau, est reconnu pour être riche en acides gras oméga 3, nécessaires au développement et au bon fonctionnement de l’organisme », indique Béatrice de Reynal, docteur en nutrition, directrice de [NutriMarketing](https://nutrimarketing.eu/).

Tous les poissons contiennent des protéines, indispensables à la croissance et au renouvellement des tissus, notamment musculaires. Soit en moyenne entre 18 à 20 %. « Ils en apportent autant que la viande ». L’Agence nationale de la sécurité alimentaire (Anses) estime que des apports quotidiens entre 0,83 et 2,2 g de protéines par kilo de poids corporel (soit de 10 à 27 % des besoins énergétiques) sont considérés comme satisfaisants pour un adulte.

Consommer du poisson procure à l’organisme **des minéraux comme le phosphore, l'iode (contenu dans les poissons de mer), le sélénium**. Chacun contribue au bon fonctionnement cellulaire. L’animal marin est aussi une source de vitamines A, D, et E : des antioxydants utiles entre autres pour les tissus, [les muscles](https://www.harmonie-sante.fr/sante-soins/maladies-traitements/pourquoi-muscles-sont-ils-essentiels-notre-sante).

## Deux portions de poissons variés par semaine sont conseillées 

On estime que l’apport du poisson est de **80 à 120 calories pour 100 g**. Certains ont la caractéristique d’être peu caloriques (sole, brochet…). Ils sont conseillés dans les régimes diététiques. A condition d’éviter les modes de cuissons impliquant trop de gras. Ainsi, la friture est peu recommandée. La cuisson à la vapeur (papillote, cuit-vapeur…), qui préserve bien les vitamines et oligoéléments, et la cuisson à basse température (100 °C) sont à privilégier.

L’Anses renseigne qu’une [consommation hebdomadaire de deux portions de poisson](https://www.anses.fr/fr/content/manger-du-poisson-pourquoi-comment) est idéale. « On recommande **deux repas à base de poisson** et de quatre à cinq de viande par semaine. Le type de poisson doit varier c’est-à-dire que c’est bien de manger du poisson blanc (comme le tacaud, le cabillaud…) et bleu (tels que le maquereau, la sardine…) », précise Béatrice de Reynal.

Le reste du temps, on peut composer ses menus différemment. « Il existe d’autres aliments protéinés comme les haricots, les fèves, les lentilles… » Cet avis est partagé par Frédéric Le Manach, directeur scientifique de [Bloom](https://bloomassociation.org/), association qui œuvre à sensibiliser à la protection des écosystèmes marins : « Les poissons sont des animaux sauvages et fragiles. Nous avons la chance de vivre dans un pays où nous ne dépendons pas de leur consommation pour notre survie. Nous pouvons très bien manger plus de protéines végétales à la place ».

 

 

## Pourquoi le poisson est cher ? 

Le poisson coûte cher parce qu’il n’y a pas suffisamment de ressources locales pour satisfaire sa surconsommation peu variée. Quand la demande est élevée et les approvisionnements réduits, les prix montent. Importer du poisson a aussi un coût, financier, environnemental et social.

La pollution est un autre facteur qui contribue à la hausse du prix du poisson car elle détruit la vie marine. « Toutefois, on peut régulièrement trouver du poisson moins cher ou en promotion chez son poissonnier, notamment des lisettes (jeunes maquereaux), des sardines, du carrelet, du grondin... Et la truite en portion n’est pas onéreuse », relativise le docteur en nutrition Béatrice de Reynal.

Les consommateurs peuvent se tourner vers des espèces moins connues et souvent plus abordables, pêchées le long des côtes françaises par les petits artisans. « Il existe **des solutions en circuit court** pour respecter la profession, l’environnement et les espèces », ajoute Frédéric Le Manach de l’association Bloom. Des entreprises comme [Poiscaille](https://poiscaille.fr/?utm_source=ONG&&utm_medium=siteweb&&utm_campaign=bloom), par exemple, propose la version marine du panier de légumes, flexible et sans engagement via 1 500 points relais partout en France. « Elle sillonne toutes les côtes de France pour rencontrer les artisans pêcheurs qui sont sur le pont chaque jour. »

 

 

 

## Favoriser la pêche artisanale et la diversité des espèces dans l’assiette

Les Français consomment beaucoup de poisson. Soit en moyenne **plus de 32 kg de produits de la mer par habitant et par an**. « Une consommation juste impliquerait de passer à 8 kg de poissons », remarque Frédéric Le Manach. Avoir toujours dans son assiette les mêmes poissons met la pression sur ces espèces, favorise la pêche industrielle et l’élevage intensif, ainsi que l’importation coûteuse.

Déguster des poissons moins connus que le thon ou le saumon, est donc salutaire pour les espèces, les petits pêcheurs et la santé. « On va ainsi permettre aux artisans français, qui pêchent des dizaines de poissons différents, de mieux vivre », poursuit le directeur scientifique de Bloom. Ces derniers ont accès à des espèces peu valorisées par les industriels. « Comme ce sont des poissons fins et fragiles, ça n’intéresse pas. L’industrie et la plupart des consommateurs veulent des poissons comme le cabillaud, solides, qui se gardent plusieurs jours, sans arêtes et faciles à cuisiner ». Tout est une question de sensibilisation, de pédagogie et d’éducation.

Des poissons moins connus tels que **le merlan ou encore le maquereau sont très bons gustativement**. « De plus, ils sont riches en oméga 3 et accumulent beaucoup moins de métaux lourds et autres contaminants, comparé aux grands prédateurs, comme le thon, car ils ne sont pas au bout de la chaîne alimentaire », insiste Frédétic Le Manach. En résumé, il est préférable de privilégier les poissons les plus bas dans ce réseau à chaînons, moins contaminés et plus gras.

## Moins consommer certains poissons en raison de la pollution

Il n’y a pas de contre-indications à consommer du poisson, excepté si l’on est allergique à cet aliment. Toutefois, en raison des contaminants chimiques qu’elles peuvent contenir, l’Anses conseille d’éviter ou de limiter les espèces les plus exposées (thon, bonite, requin, anguille…) au cours de [la grossesse](https://www.harmonie-sante.fr/sante-soins/maladies-traitements/vraifaux-grossesse) et de l’allaitement des mamans et jusqu’à l’âge de trois ans de l’enfant.

Béatrice de Reynal indique qu’il est toujours plus sûr de faire cuire le poisson. « La cuisson élimine une bonne partie de la charge bactérienne ». Mais **on peut aussi le manger cru si on est sûr de sa provenance et de sa fraîcheur**. Elle recommande de ne pas donner de poisson cru à un petit enfant ni à une personne âgée, plus sensibles. « L’enfant n’a pas l’acidité de l’estomac installée donc pas la défense de l’adulte face à un poisson qui n’est pas parfaitement propre. » En principe, l’odeur alerte quand un poisson est impropre à la consommation. « Lorsque l’on sent à l’aspect ou à la bouchée ingurgitée que l’aliment n’est pas bon, il faut arrêter de le manger. » Attention aussi aux arêtes.

Le poisson se conserve peu de temps. « Lorsqu’on l’achète sur l’étal de glaces d’un poissonnier, il n’est pas forcément sorti de l’eau la veille. Il a déjà un certain âge. Il faut donc **le consommer dans les 24 heures**. » Le docteur en nutrition suggère d’emballer le poisson frais à congeler dans un film alimentaire, de le positionner bien à plat, de le manger sous 4 à 6 mois. « Pour le décongeler, on le met directement à la poêle ou au four si c’est un poisson en portion. S’il est de grande taille, on le laisse décongeler dans le réfrigérateur la veille ». Attention de **ne pas congeler un poisson qui a été décongelé**.

 

 

## Pourquoi les poissons sont contaminés ? 

[Les eaux douces et salées sont polluées](https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/pollution-de-leau), plus ou moins selon les zones, ce qui va, par ricochet, entraîner une contamination des éléments qui y évoluent. Les origines de cette pollution peuvent être naturelles (contact avec les gisements minéraux par exemple), provenir des rejets ménagers, des activités industrielles et agricoles, des conséquences du transport maritime.

La contamination peut aussi se produire par l’alimentation ou l’injection de produits tels que les antibiotiques dans l’élevage intensif des poissons. « C’est également une **conséquence des pesticides** que l’on utilise pour contrôler les poux de mer (1) qui se développent dans l’élevage massif des saumons par exemple », remarque Frédéric Le Manach de l’association Bloom.

Ces polluants s’accumulent dans les graisses du poisson. Leur concentration importante peut être à l’origine de problèmes de santé chez l’humain une fois l’aliment consommé. Comme le rappelle l’Anses, [l’excès de méthylmercure](https://www.anses.fr/fr/content/methylmercure-un-risque-pour-la-sante-en-cas-de-consommation-importante-de-poissons) est toxique pour le foie, le cerveau, les reins… notamment des fœtus et des bébés. D’où la recommandation d’éviter ou de peu consommer les poissons les plus pollués, c’est-à-dire les prédateurs qui se trouvent en bout de la chaîne alimentaire.

(1) Parasites qui se nourrissent de la peau et du sang du poisson.

 

 

 

 Rédigé par

 ![Patricia Guipponi](/sites/default/files/styles/xsmall/public/images/Patricia.jpg.webp?h=96c594b6&itok=edKIvdF9) 

 

 

- [  **Patricia Guipponi** ](https://www.harmonie-sante.fr/qui-sommes-nous/auteurs/patricia-guipponi)
    
    Journaliste santé
 
 

 

 

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Commentaires

 

  1 commentaire   Contribuez  

   Delphine

04 janvier 2025 à 13h01

 

 Merci pour vos conseils. Delphine 

  [Répondre](/comment/reply/node/4607/field_comments/5655)   Signaler comme inapproprié  

 

 

 

 

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