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#   Cadmium et alimentation : faut-il s’inquiéter ? 

 

 Publié le  **19.11.2025** , actualisé le  **10.06.2026**

 [Nathania Cahen](/qui-sommes-nous/auteurs/nathania-cahen)

 Temps de lecture estimé  **10 minute(s)**

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       ![Cadmium et alimentation : faut-il s’inquiéter ?](/sites/default/files/styles/big_picture_fallback/public/images/cadmium_alimentation_harmonie_sante_0.jpg.webp?h=9e40b610&itok=YLPmRvJR)   © ©Getty Image 

  

  

 

 

 

  Sommaire Sommaire

 

 

 



 

 Métal toxique très présent dans notre environnement, le cadmium nous expose notamment au travers de nombreux aliments que nous consommons. Une récente proposition de loi vise d’ailleurs à réduire le taux de cadmium dans les engrais phosphatés. Mais quels sont les réels risques pour la santé ?

En janvier 2025, un reportage de Zone Interdite puis, quelques mois plus tard, un article de l’UFC Que Choisir défraient la chronique et mettent le risque cadmium sur le devant de la scène. Au grand soulagement de groupements et syndicats de médecins, mais aussi de [l’Anses](https://www.anses.fr/fr/content/cadmium-reduire-exposition) (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) qui, depuis une vingtaine d’années, ne cessent de mettre en garde contre **les effets toxiques de cette « bombe sanitaire »**.

« Ce métal est un produit CMR, à savoir **cancérigène, mutagène (susceptible de provoquer des mutations génétiques) et reprotoxique (c’est-à-dire qui altère la fertilité)** », énumère le cardiologue Pierre Souvet (1), président de l’ASEF (Association santé environnement France). Le médecin confirme que la toxicité du cadmium préoccupe les autorités sanitaires depuis de nombreuses années. Il est classé depuis 1993 dans le groupe 1 des agents cancérogènes par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) en raison, déjà, d’un lien avéré avec le [cancer du poumon](https://www.harmonie-sante.fr/sante-soins/maladies-traitements/depistage-du-cancer-du-poumon-pourquoi-comment-participer-au-programme-impulsion).

Une [proposition de loi](https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/actualites-accueil-hub/adoption-de-la-proposition-de-loi-visant-a-reduire-les-risques-sanitaires-lies-aux-contaminations-au-cadmium-dans-l-alimentation) vise à réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au cadmium dans l’alimentation. Elle prévoit **une réduction de la quantité maximale autorisée de cadmium dans les engrais phosphatés** en deux étapes :

- à partir du 1er janvier 2027 : 40 mg par kilogramme maximum ;
- à partir du 1er janvier 2030 : ce seuil serait abaissé à 20 mg par kilogramme.

Cette proposition de loi a été **adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale le 3 juin 2026**. Mais elle doit encore passer au Sénat.

 

 

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## Un métal absorbé par les plantes

Contrairement au calcium, au fer, au cuivre ou au zinc que l’on peut également trouver dans les sols, le **cadmium lui n’a aucune vertu**, au contraire. De surcroît, certaines activités agricoles (au travers des engrais phosphatés) ou industrielles en augmentent le taux. Ce métal est ainsi présent dans les plantes via les engrais et l’épandage (55 %), les déjections animales (25 %), la pollution atmosphérique (15 %) et les boues des stations d’épuration (5 %) (2).

Vu qu’il s’accumule dans les sols, **le cadmium imprègne les plantes**. « Nous en absorbons environ 5 % dans l’intestin quand nous consommons des aliments qui en contiennent, indique le médecin. Et jusqu’à quatre fois plus en cas de carences de métaux utiles à l’organisme (fer, zinc, cuivre, calcium…) car cela facilite l’absorption de cadmium ».

Également présent dans le tabac, **le cadmium expose davantage encore les fumeurs**.

## Dans les céréales, certains légumes… et même le chocolat

Plus précisément, quels sont aliments les plus susceptibles de receler ce métal ? **Les céréales du petit-déjeuner sont en première ligne.** « Il faut vraiment en limiter la consommation quotidienne par les enfants. Ceux qui en mangent 20 g par jour ont un taux de cadmium supérieur de 8,5 % à ceux qui se contentent de 4 g », illustre le Dr Souvet, président de l'Association santé environnement France. Suivent le pain et les biscuits salés comme sucrés.

**Du côté des légumes, ce sont les variétés à feuilles les plus touchées, notamment les épinards.** Mais aussi les champignons et les pommes de terre – et par extension les chips. À cette liste, l’Anses ajoute encore **les algues** qui « ont aussi particulièrement tendance à accumuler cet élément présent dans le milieu marin : [près d’un quart des algues destinées à l’alimentation dépassent la valeur de concentration maximale recommandée](https://www.anses.fr/fr/content/lanses-fait-des-recommandations-pour-limiter-lexposition-au-cadmium-la-consommation-des) ».

Les autres aliments concernés sont souvent consommés plus épisodiquement : **abats, mollusques et** [**chocolat**](https://www.harmonie-sante.fr/prevention-sante-bien-etre/alimentation/chocolat-est-il-bon-sante) (en particulier en provenance d’Amérique du Sud).

Toutefois, [une méta-analyse de 343 études, réalisée en Grande-Bretagne](https://www.fibl.org/fileadmin/documents/fr/actualites/2014/mm-140714-etude-alimentBio-non-bio.pdf), indique qu’il y a en moyenne **48 % de cadmium en moins dans le bio**.

## Une exposition multirisque

Les pathologies induites par une exposition au cadmium sont nombreuses. Cela pourrait occasionner une fragilité osseuse, ou [ostéoporose](https://www.harmonie-sante.fr/sante-soins/maladies-traitements/quest-ce-que-losteoporose-comment-traiter), avec fractures du col du fémur et du rachis. Il y a aussi **des liens avec certains cancers**, à commencer par le cancer du pancréas. « Le cadmium est suspecté de jouer un rôle dans l'accroissement majeur et extrêmement préoccupant de \[son\] incidence », alerte Santé publique France qui pointe l’apparition de 16 000 nouveaux cas en 2023, contre 6 000 en 2006.

« Mais le cadmium favorise aussi d’autres cancers : rein, prostate, sein, vessie, ovaires… Et celui des poumons pour les fumeurs », complète le Dr Souvet. Il souligne que le sujet préoccupe les autorités sanitaires depuis de nombreuses années puisque « le cadmium est classé depuis 1993 dans le groupe 1 des agents cancérogènes par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) en raison, déjà, d’un lien avéré avec le cancer du poumon. **C’est aussi un facteur de** [**risque cardiovasculaire**](https://www.harmonie-sante.fr/dossier/prevenir-maladies-cardiovasculaires-5013). Il provoque également des troubles de la fertilité masculine et féminine. Il est à l’origine de problèmes rénaux… »

Le surrisque de mortalité lié au cadmium se monterait ainsi à 44 % [selon une étude](https://pubs.acs.org/doi/10.1021/acs.est.2c07611).

## Quand et comment mesurer la présence de cadmium ?

« **Le problème est l’absence de symptôme** évoquant une forte contamination, pointe le Dr Souvet. Le cadmium peut s’accumuler pendant des années dans le corps, d’abord dans le foie, les reins, sans prévenir. Puis y rester logé durant des années. »

Il est possible d’en mesurer la présence dans l’organisme par [une prise de sang](https://www.harmonie-sante.fr/sante-soins/acces-aux-soins/analyses-sang-comment-bien-lire-ses-resultats) (qui va révéler toute exposition récente) ou une analyse d’urine, la cadmiurie, qui permet d’évaluer une contamination sur le long terme, chronique. Ces investigations sont généralement demandées lorsqu’il y a une suspicion de contamination importante, souvent liée au tabagisme ou à l’alimentation.

En juin 2025, Yannick Neuder alors ministre de la Santé avait promis que le dépistage de l’exposition au cadmium serait remboursé en médecine de ville pour les personnes à risque. Ce sera chose faite d’ici l’été 2026, grâce à un accord entre les syndicats de biologistes et l’Assurance maladie.

Le test (sanguin + urinaire) coûtera 27,50 euros, remboursé à 60 % par la Sécurité sociale et à 40 % par les complémentaires santé.

## Les personnes plus fragiles en première ligne

Le risque concerne toute la population, mais **les plus vulnérables sont les enfants, les femmes, les fumeurs**. Les enfants français seraient très contaminés, près de quatre fois plus que les enfants américains montre [le programme national de biosurveillance Esteban](https://www.santepubliquefrance.fr/docs/impregnation-de-la-population-francaise-par-le-cadmium.-programme-national-de-biosurveillance-esteban-2014-2016) (3). C’est en lien notamment avec **une consommation excessive de céréales au petit-déjeune**r.

De leur côté, les femmes sont nettement plus contaminées que les hommes, notamment à cause **des carences en fer (très souvent liées aux règles)** qui concernant un quart d’entre elles. Cela augmente l’absorption du cadmium dans le tube digestif, donc la prise en charge de ces carences est importante pour limiter la contamination.

**Comment s’en débarrasser ?** « C’est compliqué, admet le Dr Souvet. Quand il y a du [cholestérol](https://www.harmonie-sante.fr/sante-soins/maladies-traitements/vraifaux-cholesterol), il existe des traitements pour le faire baisser. Là, il s’agit de freiner la contamination en **diversifiant l’alimentation** **et en diminuant les aliments les plus concentrateurs**. En évitant notamment les céréales ou les pommes de terre tous les jours. Pour le goûter des enfants, penser par exemple fruit, yaourt et fromage ».

## Le rôle du médecin généraliste

Pour aider les médecins à s’informer sur le cadmium, l’Association santé environnement France (ASEF) fournit aux praticiens qui le souhaitent des kits comprenant deux fiches, l’une professionnelle, l’autre [à distribuer aux patients](https://www.asef-asso.fr/wp-content/uploads/2026/01/02-Cadmium-Depliant-patient-URPSMLGE-ASEF151225-1.pdf).

Mais en dépit du bruit qui a récemment entouré le sujet, « ce n’est ni un motif d’inquiétude, ni une question qui revient fréquemment chez les patients. C’est davantage le médecin qui l’aborde », observe le Dr Florence Zemour, généraliste à Vitrolles (13) et présidente de la section PACA de la Fédération des Médecins de France.

Quand elle l’évoque, c’est pour **mettre en garde les publics plus vulnérables, « ceux qui ont des pathologies chroniques, les fumeurs et les enfants »**. Elle recommande de diversifier les aliments, d’éviter les plats transformés et les produits trop sucrés. Pour les enfants tout particulièrement, il s’agit de « limiter les céréales et les frites. Il leur faut cependant des sucres lents le matin, donc du pain complet ou de la brioche, en évitant ce qui est industriel, à compléter avec des fruits et laitages ».

## Légiférer et informer

En France, dès 2019, l’Anses recommandait dans une publication de [limiter l’exposition au cadmium](https://www.anses.fr/fr/system/files/VSR2015SA0140.pdf) en fixant un seuil à ne pas dépasser dans les urines des adultes français.

En 2021, [l’étude Esteban](https://www.harmonie-sante.fr/prevention-sante-bien-etre/environnement/etude-esteban-100-population-exposee-aux-metaux) a mis au jour des chiffres inquiétants. Chez les adultes, **l’exposition moyenne à ce métal lourd avait presque doublé en dix ans** (entre 2006 et 2016), passant de 0,29 à 0,57 µg/g (microgramme par gramme) de concentration dans les urines. Cette étude soulignait également que près de 48 % de la population française, dont 18 % des enfants, dépassaient le seuil d’alerte fixé à 0,5 µg/g par l’Anses. Ce seuil se base sur le surrisque osseux – un taux deux à trois fois plus important qu’en Italie ou aux États-Unis.

« À ce jour, nous, médecins généralistes ne disposons **pas encore de recommandations du ministère de la Santé** sur les normes en matière de dosage et la conduite à tenir quand elles sont dépassées », précise le Dr Zemour, médecin généraliste. Elle estime que la santé environnementale étant un sujet anxiogène et peu facile à aborder. « Il est important de doser l’information, de la glisser dans les recommandations plus vastes en faveur d’une alimentation saine et équilibrée », estime-t-elle.

[Selon l’Anses](https://www.anses.fr/fr/content/cadmium-reduire-exposition), « la réduction de l’exposition au cadmium repose donc avant tout par des actions collectives pour **diminuer durablement les teneurs en cadmium** dans les principaux aliments contributeurs. Pour cela, il faut agir sur les sources de contamination, en limitant la contamination des sols agricoles. Cela implique notamment d’appliquer des valeurs limites pour le cadmium dans les matières fertilisantes utilisées en agriculture ».

« Le message semble enfin avoir été entendu », se réjouit le Dr Souvet, avec cette proposition de loi visant à réduire la teneur maximale en cadmium dans les engrais phosphatés. Mais pour lui ce n’est qu’une étape : « Le travail doit toutefois continuer, car il faut aussi développer des mesures agroécologiques pour limiter le transfert de cadmium vers les plantes ».

Le médecin insiste aussi sur **le travail de sensibilisation des populations**, à intensifier. « Un exemple simple : [une étude parue cette année](https://www.anses.fr/fr/content/eat3-acrylamide-elements-traces-metalliques-lalimentation-exposition-preoccupante) met en évidence la présence de 29 µg de cadmium en moyenne par kilo de pommes de terre contre 2,2 µg par kilo dans les légumineuses. Une diversification assez simple à opérer pour réduire sa contamination. »

(1) Auteur de « Anti-toxique – Le guide des polluants cachés », publié en janvier 2026 aux éditions Albin Michel Pratique.

(2) Source des chiffres : <https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7147761/>

(3) L’étude a été réalisée avec la participation des ministères des Solidarités et de la Santé et de la Transition écologique et solidaire, des centres d’examens de santé de l’Assurance maladie et du Cetaf (Centre technique d’appui et de formation des centres d’examen de santé).

 

 

 Rédigé par

- [ **Nathania Cahen** ](https://www.harmonie-sante.fr/qui-sommes-nous/auteurs/nathania-cahen)
    
    Journaliste
 
 

 

 

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