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#  Polyarthrite rhumatoïde : reconnaître les premiers signes 

 

 Publié le  **04.09.2026**

 [Nathania Cahen](/qui-sommes-nous/auteurs/nathania-cahen)

 Temps de lecture estimé  **6 minute(s)**

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       ![Polyarthrite rhumatoïde : reconnaître les premiers signes](/sites/default/files/styles/big_picture_fallback/public/images/polyarthrite_rhumatoide_signes_harmonie_sante.jpg.webp?h=119335f7&itok=Qz9S5ar9)   © Getty Images 

  

  

 

 

 

  Sommaire Sommaire

 

 

 



 

 C’est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques. Il touche en effet environ 400 000 personnes en France. Particularité de ce mal douloureux, il s’attaque à plusieurs articulations, surtout celles des mains, et souvent de façon symétrique. Edith Piaf et Jean Renoir, entre autres, en ont été atteints.

Au départ, la polyarthrite rhumatoïde se manifeste souvent de façon insidieuse, une douleur et/ou le gonflement d’une articulation. « Surtout les petites articulations de la main », indique le Dr Laurent Messer, chef du service de rhumatologie des Hospices civils de Colmar. Mais aussi les poignets, épaules, hanches, genoux et pieds. Le rhumatologue précise : « C’est souvent cela le motif de consultation. Cette douleur assortie de réveils durant la nuit ».

 

 

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## Une pathologie qui touche surtout les femmes

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie chronique, dont **on ne guérit pas**. Auto-immune, elle « résulte d’un dérèglement des défenses immunitaires qui se retournent contre soi ».

Le diagnostic est débord établi à partir d’un faisceau d’arguments – « l’histoire du patient, ses symptômes, ce que montre l’examen clinique ». Puis consolidé par des examens complémentaires : radiologie et échographie des articulations (qui permettent notamment de détecter une synovite, autrement dit un épaississement et une inflammation de la capsule de l’articulation), tests sanguins (pour confirmer un état inflammatoire, rechercher des signes d’auto-immunité ou la présence d’anticorps caractéristiques).

« Mais il n’est pas rare de constater une errance dans le diagnostic, un retard d’un à deux ans », pointe le spécialiste. Or le potentiel destructeur du [rhumatisme](/sante-soins/maladies-traitements/vraifaux-rhumatismes "Vrai/faux sur les rhumatismes") inflammatoire chronique n’est pas anodin : « S’il n’est pas traité, il va envahir l’articulation et la détruire. D’où **l’importance d’un dépistage précoce** ».

Le patient type ? « C’est tout le monde, de l’enfant - même si c’est rare - à la personne âgée » renseigne le Dr Messer. « J’avais 22 ans quand c’est arrivé brutalement. Du jour au lendemain, je ne parvenais plus à attacher ma ceinture de sécurité dans la voiture, j’avais du mal à marcher », témoigne Valérie Laurent, une Bretonne âgée de 47 ans aujourd’hui. Plusieurs de ses membres la font alors progressivement souffrir : mains, pieds, genoux, épaules, et même la mâchoire. **La maladie procède par poussées** : « Parfois je me lève le matin et ne peux pas poser mes pieds par terre. Ou bien je ressens une douleur peu intense et quelques heures plus tard, mon articulation est paralysée ».

Cependant, c’est surtout la femme d’âge mûr vers la cinquantaine qui en est atteinte, précise le rhumathologue.

## Différentes causes possibles

Comme c’est une maladie multifactorielle, **son déclenchement varie d’une personne à l’autre.** Il peut s’agir de facteurs génétiques (si un parent en est porteur, le risque de l’avoir à son tour est plus important), environnementaux (tabac, hormones…), psychologiques voire psycho-traumatiques. La liste des causes n’est pas figée, Le Dr Messer indique ainsi que « récemment, le rôle du microbiote dans son déclenchement a également été prouvé. On observe que les personnes souffrant de rhumatismes inflammatoires chroniques n’ont pas tout à fait les mêmes bactéries intestinales que la population générale ».

Pour soulager les patients et contenir la maladie, un traitement des symptômes et un traitement de fond sont nécessaires. Antalgiques, anti-inflammatoires et cortisone pour le premier. Pour le second, des médicaments immunomodulateurs (qui régulent l’activité du système immunitaire pour limiter l’inflammation) ou immunosuppresseurs (qui limitent l’action du système immunitaire) à prendre à vie vont permettre, dans la majorité des cas, **une rémission et la disparition des symptômes.** « Cela induit une certaine fragilité et suppose un suivi chronique par un rhumatologue, avec [des vaccinations à jour,](/sante-soins/maladies-traitements/calendrier-vaccinal-quand-faire-ses-vaccins-ses-rappels "Calendrier vaccinal : quand faire ses vaccins et ses rappels ?") des prises de sang régulières. De quoi ajuster le traitement au fil du temps ».

Le chef de service évoque aussi une médecine de plus en plus personnalisée, grâce à l’évolution des différentes stratégies thérapeutiques : « L'objectif idéal serait de pouvoir identifier dès le diagnostic le traitement le plus adapté à chaque patient et de prédire sa réponse thérapeutique. Bien que cet objectif ne soit pas encore atteint, **de nombreuses recherches sont actuellement menées** afin d'identifier des biomarqueurs permettant d'orienter le choix du traitement le plus efficace pour chaque individu ».

## Accompagner au mieux le bouleversement

Ces prescriptions s’accompagnent de recommandations, concernant l’hygiène de vie notamment : zéro tabac, [activité physique adaptée](/prevention-sante-bien-etre/activite-physique/video/quest-ce-que-lactivite-physique-adaptee "Vidéo : Qu’est-ce que l’activité physique adaptée ?") (APA) pour combattre la kinésiophobie (peur d’effectuer certains mouvements ou de pratiquer certaines activités).

L’éducation thérapeutique (1) est également encouragée afin de mieux comprendre la maladie, ses manifestations, les traitements.

Il n’est pas rare que l’apparition de la maladie aille de pair avec un changement de vie professionnel. « La maladie a amené de gros bouleversements. À l’époque, je venais d’acheter un salon de coiffure. Je l’ai quand même gardé douze ans. Mais quand des tendons de mes mains ont cassé, j’ai dû tirer un trait sur mon métier-passion. J’ai repris des études, passé une licence en sciences humaines et sociales, de façon à trouver un poste qui me pénalise moins », explique Valérie qui est ainsi devenue conseillère emploi.

## Quelles ressources pour être accompagné ? 

Cette maladie ébranle souvent les patients, un support psychologique s’avère donc très précieux. « Pendant longtemps, j’ai été dans le déni, confirme Valérie L., et même très en colère au début. **J’avais le sentiment d’être atteinte d’une maladie de personne âgée !** Je me suis mise à la natation, pas régulièrement, mais c’est un sport doux qui m’apaise. J’ai aussi la chance d’être bien entourée dans le cadre familial comme professionnel. Et je consigne mon expérience en vue, éventuellement, d’en faire un livre de témoignage ». De son côté, le Dr Messer recommande « la sophrologie, un psychologue, ou même l’art-thérapie pour accompagner efficacement ces personnes ».

Des personnes qui parfois préfèrent éviter le mot « malade ». « Je n’ai jamais vraiment accepté. **J’ai juste envie de vivre le plus normalement possible**, d’avoir le moins mal possible, même si je suis plus fatiguée que les autres, confie Valérie. Avec mes trois enfants, ce n’est pas un sujet, ils m’ont toujours connue comme ça. Ils prennent juste garde à ne pas refermer à fond les bouteilles ».

(1) Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 1996 : « L’éducation thérapeutique vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique. Elle fait partie intégrante et de façon permanente de la prise en charge du patient. Elle comprend des activités organisées, y compris un soutien psychosocial, conçues pour rendre les patients conscients et informés de leur maladie, des soins, de l’organisation des procédures hospitalières, et des comportements liés à la santé et à la maladie. »

 

 

 Rédigé par

- [ **Nathania Cahen** ](https://www.harmonie-sante.fr/qui-sommes-nous/auteurs/nathania-cahen)
    
    Journaliste
 
 

 

 

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