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#  Cancer du sein chez les femmes jeunes : chercheurs, médecins et ingénieurs s’associent pour faire avancer la recherche 

 

 Publié le  **28.10.2026**

 [Paola Da Silva](/qui-sommes-nous/auteurs/paola-da-silva)

 Temps de lecture estimé  **5 minute(s)**

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  Sommaire Sommaire

 

 

 



 

 Le projet Artémis au sein d’un laboratoire Inserm de Nantes rassemble chercheurs, oncologues, bio-informaticiens. Leur objectif ? Comprendre pourquoi le nombre de cas de cancer du sein augmente chez les femmes de moins de 40 ans. Avec l’espoir de trouver de nouvelles pistes de traitement.

Plus de 3 000 femmes de moins de 40 ans découvrent, chaque année en France, qu'elles sont atteintes d’un [cancer du sein](/sante-soins/maladies-traitements/cancer-du-sein-espoirs-du-depistage-nouveaux-traitements "Cancer du sein : les espoirs du dépistage et des nouveaux traitements"). Soit huit jeunes femmes par jour. Des chiffres en constante évolution révélés par une [étude de Santé publique France](https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960977625005727?via%3Dihub) en 2025. C’est de ce constat qu’est né le projet Artémis, avec, à sa tête, Vincent Guen, biologiste à l’Inserm au sein du CRCI2NA (1), accompagné du docteur Marie Robert, oncologue à l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO).

 

 

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## 80 patientes participent à ce projet de recherche

Artémis regroupe une dizaine de personnes : des chercheurs, mais aussi des ingénieurs spécialisés de la plateforme MicroPICell, des informaticiens, des médecins et doctorants. **Leurs premiers travaux portent sur les cancers du sein dits « hormonodépendants »**, les plus fréquents. Un terme qui désigne les tumeurs mammaires dont la croissance dépend des hormones sexuelles, principalement les œstrogènes et la progestérone.

Pour effectuer ses recherches, le laboratoire va analyser des échantillons de tumeurs de 80 patientes jeunes ayant donné leur consentement. Toutes sont soignées au sein de l’ICO. « Ce nombre d’échantillons est très conséquent, indique Vincent Guen. C’est fondamental, car il devrait nous permettre d’aboutir à des conclusions robustes. »

## Des cancers plus agressifs chez les jeunes femmes

L’équipe pluridisciplinaire a mis au point des techniques très spécifiques pour mener son travail. Sa volonté est notamment de comprendre **pourquoi les tumeurs sont souvent plus agressives chez les femmes jeunes**, allant jusqu’à former des métastases et résister aux traitements. Pour cela, Chloé Grivaud, doctorante en bio-informatique, travaille sur la création d’un « atlas cellulaire ». « Un cancer n’est pas un ensemble homogène de cellules cancéreuses, explique-t-elle. Certaines sont plus agressives. Pour créer un atlas, on extrait l’ARN des cellules des patientes. Ensuite, on utilise des méthodes statistiques pour identifier quels types de cellules on retrouve, ce qui les distingue et ce qu’elles ont en commun. Nous voulons comprendre quelles sont les cellules les plus agressives, comment elles vont croître et échapper au système immunitaire. »

## Cultiver des « mini-tumeurs »

Parallèlement, des chercheurs impliqués dans le projet travaillent à partir d’organoïdes tumoraux. Ce sont des « mini tumeurs », cultivées dans un gel au sein du laboratoire à partir des 80 échantillons de cellules cancéreuses dont ils disposent.

« Certaines cellules "changent d’identité" au cours du cancer, et s’adaptent. C’est ce qu’on appelle la plasticité, détaille Vincent Guen. Or, nous présupposons qu’il y a plus de plasticité chez la femme jeune. » Travailler à partir de ces « mini-tumeurs » aide à mieux comprendre ces phénomènes de plasticité. « C’est **un enjeu clé pour contrecarrer les résistances aux traitements**, et réussir à terme à bloquer la progression ou la récidive du cancer. »

## Trouver de nouvelles stratégies thérapeutiques

Camille Tessier, doctorante à l’Inserm, étudie les effets de diverses molécules sur les organoïdes, à savoir si elles font ou non mourir les cellules résistantes. L’objectif est de tester de larges gammes de « candidats médicaments » afin de **trouver de nouvelles stratégies thérapeutiques**. « Nous vérifions chaque molécule versus un placebo, précise Vincent Guen. Nous pourrons tester jusqu’à 3 500 molécules, ce qui fait un énorme volume de données. » Les 80 échantillons prélevés devraient être analysés d’ici la fin de l’année. Les premiers résultats seront alors publiés. L’équipe travaillera dans un second temps sur les cancers dits « triple négatif ».

## Des projets de vie bouleversés

En attendant, le groupe de chercheurs continue de soutenir de jeunes femmes impactées par la maladie. C’est le cas de Carine, jeune patiente. A 32 ans, elle a appris qu’elle était malade, alors qu’elle était enceinte. Son parcours est douloureux. La jeune femme a en effet dû interrompre sa grossesse, trop risquée. Elle subira un traitement à la fois par chirurgie, radiothérapie et hormonothérapie. Elle est aujourd’hui en rémission. « J’ai été très bien prise en charge, raconte-t-elle. Je me rends compte chaque jour de l’importance de l’avancée de la recherche. Il y a un réel intérêt à faire ce travail entre le corps médical et les chercheurs.»

Marie-Laure, qui a découvert sa maladie à 32 ans alors qu’elle allaitait son premier enfant, communique régulièrement avec l’équipe. Elle est désormais, comme Carine, ambassadrice de l’association [Jeune et Rose](https://www.jeuneetrose.fr/) à Nantes (3). « **Ce travail est important pour faire avancer la recherche.** Le nombre de cas augmente régulièrement. Or, déclencher un cancer à cet âge-là bouleverse les projets de vie, personnels comme professionnels. On ne s’attend pas à être concernée à cet âge et on peut conserver des séquelles à vie ». Marie-Laure fait désormais énormément de prévention, notamment sur les modes de vie et l’autopalpation, et ce y compris dans les lycées. En rémission, elle a réussi à tomber enceinte naturellement de son deuxième enfant à 36 ans.

(1) Le Centre de Recherche en Cancérologie et Immunologie Intégrée Nantes Angers (CRCI²NA) a été créé en 2022 par l'Inserm, le CNRS, l'Université de Nantes et l'Université d'Angers. Réparti sur cinq sites, c’est le plus grand centre de recherche sur le cancer de la région Grand Ouest.

(2) Le programme, financé à hauteur de 250 000 euros [grâce au prix Ruban Rose avenir 2025](https://www.cancerdusein.org/ruban-rose-et-la-recherche/les-laureats/les-laureats-2025), doit se poursuivre pendant au moins cinq ans.

(3) [Jeune et Rose](https://www.jeuneetrose.fr/) est un collectif de patientes touchées par un cancer du sein. Son objectif est de briser la solitude des jeunes patientes, faire de la prévention et changer le regard sur la maladie.

 

 

 Rédigé par

- [ **Paola Da Silva** ](https://www.harmonie-sante.fr/qui-sommes-nous/auteurs/paola-da-silva)
    
    Journaliste
 
 

 

 

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