Calendrier vaccinal : quand faire ses vaccins et ses rappels ?

Publié le , actualisé le

Patricia Guipponi

Temps de lecture estimé 7 minute(s)

Calendrier vaccinal : quand faire ses vaccins et ses rappels ?
© Brand X Pictures

Les recommandations vaccinales sont adaptées à chaque étape de la vie. Si les parents sont bien informés pour les nourrissons, les rappels à l’adolescence et à l’âge adulte sont parfois oubliés alors qu’ils jouent un rôle clé dans la prévention des maladies infectieuses. Être à jour protège durablement la personne vaccinée et son entourage.

L'essentiel

  • Un rattrapage est possible à tout âge. Un retard n’oblige pas forcément à recommencer tout le schéma vaccinal.
  • Se vacciner protège aussi les plus fragiles en limitant la transmission de certaines maladies.
  • Les effets indésirables graves sont très rares. La plupart du temps, ils sont bénins (fièvre légère, rougeur ou gonflement au point de la piqûre, douleurs musculaires, etc.) et disparaissent au bout de quelques jours.
  • Médecins, infirmiers, pharmaciens et sages-femmes peuvent prescrire et administrer la majorité des vaccins.
  • Avant un voyage, il est recommandé d’anticiper la consultation médicale au moins deux mois avant le départ. Certaines vaccinations nécessitent plusieurs doses.

De la naissance à 18 mois : bâtir une protection solide 

En France, plusieurs vaccins sont obligatoires chez les nourrissons. Ils protègent contre les maladies potentiellement très graves que sont la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, certaines méningites bactériennes, l’hépatite B, ou encore la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR). La vaccination contre les méningocoques ACWY et le méningocoque B vise à renforcer la prévention des infections invasives, responsables de formes parfois soudaines de méningite ou de septicémie.

Ces différentes vaccinations débutent dès l’âge de deux mois. Elles s’échelonnent jusqu’à 18 mois selon un calendrier précis. Grâce aux vaccins combinés, un enfant reçoit plusieurs protections en une seule injection. Cela limite le nombre de piqûres tout en assurant une immunité optimale. 
Certains vaccins sont recommandés dès la petite enfance en complément des obligatoires. C’est le cas du vaccin contre le rotavirus, responsable de gastro-entérites sévères chez le nourrisson. Le BCG est, par ailleurs, indiqué pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose. La vaccination contre la grippe peut aussi être proposée dès l’âge de six mois aux enfants fragiles et dès deux ans pour tous les autres.

Vigilance pour les femmes enceintes et l’entourage du nourrisson

Seules certaines vaccinations sont contre-indiquées pendant la grossesse, en particulier le vaccin contre le ROR ou la varicelle ou encore le BCG. Les vaccinations doivent être mises à jour avant le début de la grossesse dans la mesure du possible. Des vaccinations sont recommandées pendant la grossesse avec pour objectif de protéger la femme enceinte mais aussi le nouveau-né

Les anticorps produits par la future maman grâce au vaccin passent à travers le placenta et protègent le nouveau-né dès sa naissance. Le vaccin contre la coqueluche, par exemple, est indiqué à chaque grossesse, dès le deuxième trimestre, quel que soit le statut vaccinal antérieur de la maman. La vaccination contre la grippe est également conseillée pendant la grossesse, tout comme celle contre le virus respiratoire syncytial1, responsable de la bronchiolite, afin de transmettre des anticorps protecteurs au bébé.

Les femmes enceintes ont davantage de risque de développer une forme grave de Covid-19 si elles attrapent le virus. De plus, l’infection augmente le risque d’accouchement prématuré. Aussi, la vaccination contre le coronavirus est recommandée pendant la grossesse. Elle protégera le bébé pendant ses six premiers mois par le transfert des anticorps maternels. En plus de la vaccination de la future maman, il est important que l’entourage proche du bébé soit à jour pour réduire le risque de transmission des maladies.

Jusqu’à 11 ans : consolider l’immunité par les rappels

Pour la plupart des vaccinations, les anticorps produits diminuent au cours du temps et deviennent moins efficaces pour se protéger des maladies. C’est pourquoi, des rappels doivent être effectués lorsque l’enfant grandit, à l’adolescence, voire à l’âge adulte, pour assurer une protection efficace dans le temps. C’est le cas, par exemple, de la vaccination contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, qui nécessite des rappels à l’âge de 6 ans, puis à l’adolescence et régulièrement à l’âge adulte, et même chez les personnes âgées.

Adolescence et jeunes adultes : une étape clé souvent négligée

Entre 11 et 13 ans, un rappel contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche est prévu. C’est aussi à cet âge qu’intervient la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), responsables de plusieurs cancers, dont ceux du col de l’utérus, de l’anus ou de la gorge. Cette vaccination est donc recommandée chez les filles comme chez les garçons de 11 à 14 ans. En cas de vaccination incomplète ou absente à ces âges, un rattrapage est possible jusqu’à 26 ans révolus, aussi bien chez les femmes que chez les hommes.

Les adolescents sont également concernés par la vaccination contre les méningocoques ACWY, recommandée entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 24 ans. La vaccination contre le méningocoque B peut être proposée aux jeunes adultes de 15 à 24 ans. 
Un rattrapage contre la rougeole pour toutes les personnes nées depuis 1980, n’ayant pas reçu au moins deux doses de vaccin ROR, est nécessaire.

À l’âge adulte : ne pas négliger les rappels

Chez l’adulte, certains rappels sont indispensables pour conserver une protection efficace, notamment contre le tétanos, la diphtérie et la poliomyélite. Ils sont à faire à des âges fixes : 25 ans, 45 ans et 65 ans, puis tous les dix ans après 65 ans. Ces rappels incluent systématiquement la coqueluche. 

Un rattrapage contre la rougeole pour les adultes nés depuis 19802 est également nécessaire. D’autres vaccins peuvent être indiqués en fonction de l’état de santé, du mode de vie ou du contexte professionnel, comme celui contre l’hépatite A ou l’hépatite B pour les professionnels de santé.

Après 65 ans : renforcer la protection face aux infections 

Avec l’avancée en âge, l’efficacité du système immunitaire diminue et le risque de complications liées aux infections augmente. De ce fait, différentes vaccinations sont recommandées aux seniors, en particulier contre les infections respiratoires. 

La vaccination contre la grippe reste un pilier de la prévention. Chez les personnes de 65 ans et plus, les autorités sanitaires privilégient désormais des vaccins plus performants, dits à haute dose ou avec adjuvant3. La vaccination contre la grippe peut être réalisée en même temps que celle contre le Covid-19. 

Pour les personnes âgées de 80 ans et plus, et les résidents en Ehpad, une seconde dose de vaccin contre le Covid-19 est également recommandée au printemps, ainsi que le vaccin contre les infections à pneumocoque (responsables de pneumonies). Cette vaccination est fortement conseillée chez toutes les personnes de 65 ans et plus et celle contre le Virus respiratoire syncitial (VRS) à partir de 75 ans ou dès 65 ans en cas de maladies respiratoires ou cardiaques chroniques. Enfin, dès 65 ans, il est recommandé de se faire vacciner contre le zona.

Quelle est la prise en charge des vaccins ? 

Dans le cadre du calendrier vaccinal français, l’Assurance maladie rembourse 65 % du coût des vaccins. Le reste peut être couvert par la complémentaire santé, selon le contrat. Dans certaines situations, la totalité des frais est remboursée (ROR pour les enfants et jeunes jusqu’à 17 ans, Covid-19 dès 5 ans, grippe saisonnière pour les personnes ciblées par les recommandations, etc.). 

Les vaccins liés aux voyages, comme ceux contre la fièvre jaune, la typhoïde, l’hépatite A ou la rage, ne bénéficient pas de remboursement. Dans certains cas, la complémentaire santé peut participer au financement, selon le contrat souscrit. En cas de doute sur l’utilité ou le remboursement d’un vaccin, il est conseillé de demander l’avis d’un professionnel de santé ou de consulter le site Vaccination Info Service.

 

(1) C’est un virus très courant qui provoque des infections des voies respiratoires.
(2) Les personnes nées depuis 1980 doivent avoir reçu au total deux doses de vaccin trivalent (voire 3 doses pour les personnes qui ont reçu une dose de vaccin avant l’âge de 12 mois) quels que soient les antécédents vis-à-vis des trois maladies. 
(3) Le vaccin à haute dose contient une quantité plus importante d’antigènes pour stimuler une réponse immunitaire plus forte. Celui avec adjuvant comporte une substance qui augmente la réaction du système immunitaire.

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