Rétine artificielle : où en est la recherche ?

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Par Violaine Chatal (ANPM-FRANCE MUTUALITÉ)

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Rétine artificielle : où en est la recherche ? © Shutterstock

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La rétine artificielle permet à des personnes souffrant d’une rétinopathie pigmentaire ou d’une DMLA de retrouver partiellement la vue, un dispositif innovant avec un bel avenir devant lui.

Tapissant le fond de l’œil, la rétine est composée de neurones et de cellules sensibles à la lumière appelés des photorécepteurs. Ces photorécepteurs convertissent les signaux lumineux en signaux électriques que les autres neurones communiquent ensuite aux zones du cerveau où les informations visuelles sont interprétées. Une défaillance de ces cellules altère donc la vue et peut provoquer une cécité.

Mais des équipes de recherche ont travaillé sur le remplacement d’une partie de ces photorécepteurs afin que les signaux électriques parviennent de nouveau au cerveau et ont mis au point la rétine artificielle. « Dans le cadre de la restauration visuelle, la rétine artificielle, ou prothèse rétinienne, est un dispositif médical visant à redonner une perception utile aux patients devenus aveugles à la suite de la perte de leurs photorécepteurs. Ces dispositifs se distinguent de certaines caméras intelligentes aussi appelées rétines artificielles », explique Serge Picaud, directeur de l’Institut de la vision et directeur de recherche à l’Inserm. « Les indications des prothèses rétiniennes ou rétines artificielles concernent des patients devenus aveugles à la suite d’une dégénérescence de leurs photorécepteurs dans le cas de dystrophies rétiniennes héréditaires ou de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) », précise-t-il.

Implants de deux millimètres

Concrètement, la rétine artificielle Prima de Pixium Vision est composée d’implants de 2 millimètres de côté et de 30 microns d’épaisseur, soit un tiers de la taille d’un cheveu. Ils sont implantés sous la rétine d’un des deux yeux. Pour que cette rétine artificielle puisse jouer son rôle, la personne malvoyante doit porter une paire de lunettes spécifiques qui projettent une image infrarouge sur les implants. Cette lumière est transformée en signaux électriques qui activent les neurones résiduels afin de transmettre l’information au cerveau par le nerf optique déclenchant ainsi une perception visuelle.

La pose de l’implant rétinien nécessite une opération chirurgicale sous anesthésie locale. D’autre part, ce dispositif demande un apprentissage, une appropriation psycho-cognitive et une rééducation parfois plus ou moins longue. À l’heure actuelle, 42 personnes dans le monde (les quatre premiers implantés sont Français) vivent avec cette rétine artificielle qui leur permet de recouvrer partiellement la vue.

« Avec cette rétine artificielle, les patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge peuvent à nouveau lire des lettres de la taille d’une carte de jeu (bridge, belote…) tenue à la main même si le temps de lecture est plus lent. Ils retrouvent une acuité visuelle proche de 1/20 qui correspond au seuil de cécité légal. De nouvelles rétines artificielles ont récemment été validées sur le rongeur avec une estimation de l’acuité visuelle qui pourrait atteindre plus de 1/10 pour les patients », explique Serge Picaud.

À l’avenir, de nouvelles rétines artificielles devraient permettre aux personnes souffrant d’une rétinopathie pigmentaire ou d’une DMLA de voir encore mieux. « Les perspectives des rétines artificielles sont, dans un avenir relativement proche, de redonner une vision utile pour que le patient retrouve son autonomie dans la société avec une vision bien meilleure que 1/10 même s’il ne s’agira que d’une vision en noir et blanc », souligne Serge Picaud qui se montre optimiste.

Par Violaine Chatal (ANPM-FRANCE MUTUALITÉ)

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