Insolations, coups de chaleur : 5 conseils pour les éviter

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Émilie Gilmer

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Insolations, coups de chaleur : 5 conseils pour les éviter
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Lorsque le corps n’arrive plus à réguler sa température et que celle-ci augmente au-delà de 40°, les conséquences pour l’organisme peuvent être graves, voire fatales. Certains gestes simples permettent pourtant de prévenir les risques d’insolations et de coups de chaleur.

Limiter son exposition au soleil

Si le coup de chaleur est la conséquence d’une exposition trop longue à la chaleur, l’insolation est liée aux effets du soleil sur notre corps et peut être, elle aussi, à l’origine d’un coup de chaleur. Dans les deux cas, le risque principal est que notre organisme ne parvienne plus à réguler sa température. C’est pourquoi il est recommandé, notamment aux heures les plus chaudes de la journée (entre 11 h et 15 h), de rester à l’intérieur ou de préférer des expositions de courte durée.

« Si vous êtes contraints de sortir, le premier conseil est d’étudier le trajet qui vous permettra de rester un maximum à l’ombre, indique Jean-Marc Castadère, médecin généraliste à L’Isle-Jourdain dans le Gers, membre de l’Union régional des professionnels de santé (URPS) d’Occitanie. Mais également de protéger sa tête avec un chapeau à larges bords. »

S’hydrater et manger en quantité suffisante

En cas de forte chaleur, le bon réflexe est de boire de l’eau régulièrement, sans attendre d’avoir soif ! « Il est difficile de donner une quantité standard car cela dépend de la constitution de chacun et de la manière dont on se dépense ou non, précise le Dr Jean-Marc Castadère. Il existe néanmoins un indicateur fiable : nos urines. Si elles sont moins fréquentes et plus concentrées que d’habitude – c’est-à-dire plus sombres et malodorantes – cela signifie que nous ne buvons pas assez. »

Petit conseil, pour les personnes qui prennent un médicament « diurétique », c’est-à-dire qui accélère l’élimination des liquides : il est nécessaire d’en (re)parler avec son médecin en cas de canicule pour évaluer l’opportunité de poursuivre (ou non) le traitement.

Attention, enfin, de bien conserver une alimentation équilibrée, riche en aliments contenant de l’eau (fruits et légumes de saison) et des sels minéraux (fruits et légumes secs, laitages, poissons…). Et d’échanger avec son médecin sur la pertinence de maintenir, si tel est le cas, un régime sans sel pendant la canicule.

Tenir son logement au frais

Il est également souhaitable de mouiller son corps (au moins le visage et les avant-bras) plusieurs fois par jour, par exemple à l’aide d’un brumisateur, et/ou de prendre des douches fraîches.

Par ailleurs, l’agence sanitaire Santé publique France recommande de tenir son logement au frais, notamment en fermant les volets durant la journée. « Il faut essayer de ventiler au maximum son intérieur, soit en faisant des courants d’air soit en utilisant un ventilateur, équipé idéalement d’un vaporisateur d’humidité », précise Jean-Marc Castadère.

Une autre solution, surtout si la canicule dure (ce qui fatigue notre organisme) est de se rendre plusieurs heures par jour dans un endroit frais ou climatisé.

Éviter les efforts physiques en cas de chaleur

Lors d’une période de forte chaleur, pratiquer un jogging en milieu de journée est une très mauvaise idée. De même, travailler en plein soleil ou à proximité d’une source de chaleur intense comporte un risque qu’il ne faut pas négliger.

« Si l’on n’a pas le choix, notamment pour des raisons professionnelles, mon conseil est de boire pendant l’effort au moins trois à quatre verres d’eau un peu salée par heure ou de la solution de réhydratation. Ce qui permet de compenser l’eau et les sels évacués par la transpiration », suggère Jean-Marc Castadère.

Gare à la consommation d’alcool

Si l’absorption d’une boisson fraîche alcoolisée peut donner, sur l’instant, le sentiment de se désaltérer, elle risque en réalité de provoquer une déshydratation. En effet, l’alcool a un effet diurétique. Dans une moindre mesure, le café et les boissons sucrées (comme les sodas) sont également de faux amis durant les fortes chaleurs, car ils désaltèrent nettement moins qu’un simple verre d’eau.

Pour aller plus loin :

  • La plateforme téléphonique « canicule info service » (0 800 06 66 66) est ouverte durant les épisodes de forte chaleur, tous les jours de 9 heures à 19 heures.
  • Consultez régulièrement le site du ministère des Solidarités et de la Santé.

Comment réagir en cas de coup de chaleur ?

Un coup de chaleur est une urgence vitale, qui peut être mortelle si elle n’est pas prise en charge. « Lorsque notre corps n’est plus en capacité d’absorber un trop-plein de chaleur, on assiste à un emballement du métabolisme qui peut aboutir au décès, explique Jean-Christophe Calmes, médecin généraliste à Frontignan (dans l’Hérault) et président de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) d’Occitanie.

Les signes d’alerte sont très clairs : une peau très rouge, la langue sèche, une température corporelle supérieure à 40°, l’apparition de troubles neurologiques (des maux de tête, des nausées, la tenue de propos incohérents), une respiration qui s’accélère et un pouls très rapide. Dans ce cas, le réflexe à avoir est d’appeler immédiatement le 15 (le Samu). » Il est à noter que, paradoxalement, un individu victime d’un coup de chaleur ne transpire plus, car le corps a dépassé sa capacité à se rafraîchir.

En attendant que les secours arrivent, et pour éviter que la personne ne tombe dans le coma, il est alors impératif d’adopter quelques gestes simples : 

• mettre la personne à l’ombre et au frais, 
• la déshabiller, 
• la refroidir en l’aspergeant d’eau fraîche et en la plaçant près d’un ventilateur. 

« Si l’individu est coopérant et n’a pas perdu connaissance, on peut éventuellement aussi le placer dans un bain d'eau fraîche (autour de 28°), ajoute le médecin. L’idée est ensuite de surveiller sa température jusqu'à ce que les secours arrivent. »

À noter que tout le monde peut être victime d’un coup de chaleur, même si certaines personnes sont plus à risque que d’autres. Il s’agit des personnes âgées, qui ont tendance à se déshydrater très vite, des jeunes enfants et des personnes souffrant de certaines pathologies (maladie cardiaque, hypertension, diabète, maladie mentale) dont le traitement diminue la capacité du corps à réguler sa température.

Rédigé par

  • Émilie Gilmer

    Journaliste spécialisée sur les questions de santé, éducation et société.

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