Le virus Zika en 10 questions
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Depuis son arrivée en Martinique, Guadeloupe et Guyane, le virus Zika a déclenché la crainte d’une épidémie « explosive » selon l’Organisation Mondiale de la Santé. En France, le ministère de la Santé l’a passé au niveau 3 de surveillance, d’alerte et de gestion des épidémies, sur une échelle de 5.
D’où vient Zika ?
Le virus Zika a été détecté pour la première fois chez un singe en Ouganda en 1947. Puis sur les hommes à partir de 1952. Il provient d’un virus transmis par les insectes (arbovirus), comme les virus de la dengue ou encore de la fièvre jaune. L’insecte vecteur de la maladie est le moustique femelle du genre Aedes identifiable à la présence de rayures noires et blanches sur ses pattes.
L’espèce actuellement capable de transmettre le virus Zika est le moustique Aedes aegypti, originaire d’Afrique. Le moustique tigre (Aedes albopictus), originaire d’Asie, est aussi un vecteur du virus, comme il l’est déjà pour la dengue et le chikungunya.
Dans quelle partie du monde sévit-il ?
Zika est répandu en Asie et en Afrique. Il a récemment émergé en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Depuis la grande vague épidémique de 2013-2016, qui a atteint l’océan Pacifique puis l’Amérique latine, le nombre de cas a considérablement diminué mais des cas restent identifiés dans plusieurs pays. Dans les territoires insulaires comme les Antilles françaises, la transmission s’est arrêtée.
Comment savoir si j’ai le virus ?
Dans 70 à 80 % des cas, les personnes infectées ne développent aucun symptôme. Pour les autres, ils apparaissent généralement entre 3 et 12 jours après la piqûre et sont de type grippal : fatigue, fièvre (pas nécessairement forte), maux de tête, douleurs musculaires et articulaires dans les membres.
À ces symptômes s’ajoutent différents types d’éruptions cutanées. Une conjonctivite, une douleur derrière les yeux, des troubles digestifs ou encore des œdèmes des mains ou des pieds peuvent aussi apparaître. Dans la plupart des cas, les troubles sont modérés et ne nécessitent pas d’hospitalisation. Les symptômes disparaissent généralement en deux à sept jours de repos.
Dois-je me faire examiner ?
Dès l’apparition des symptômes, dans un premier temps, des prélèvements de sang et d’urine peuvent être effectués après une visite chez son médecin traitant. En cas de présence de signes cliniques évocateurs, le diagnostic pourra être confirmé par sérologie.
Ces derniers tests seront alors réalisés par les Centres nationaux de référence des arboviroses (CNR), les seuls capables de détecter la présence d’anticorps spécifiques au virus Zika. Toutefois, les symptômes étant peu spécifiques - le virus Zika se trouvant dans les mêmes régions que ceux de la dengue et du chikungunya - ils rendent le diagnostic compliqué.
Puis-je le transmettre à un autre humain ?
Oui de la mère à l’enfant par le lait maternel. On s’interroge aussi sur un cas de transmission par voie sexuelle. Mais ce mode de transmission même confirmé et largement commenté n’est qu’anecdotique.
Pourquoi la femme enceinte est-elle particulièrement concernée ?
On suspecte une transmission du virus au fœtus, ce qui peut engendrer de graves anomalies du développement cérébral chez l’enfant.
Les femmes enceintes vivant dans les zones à risques doivent se protéger des piqûres de moustiques par tous les moyens, particulièrement pendant les deux premiers trimestres de la grossesse durant lesquels les risques de malformations fœtales sont les plus importants.
Les femmes enceintes désirant se rendre dans une zone touchée par Zika doivent évaluer les risques au préalable avec leur médecin traitant.
Existe-t-il un traitement ?
Non. Si l’institut Pasteur et bien d’autres travaillent sur le sujet, il n’existe aujourd’hui pas de vaccin pour prévenir l'infection, ni de médicament spécifique pour soigner la maladie. Et sans doute pas avant plusieurs années. Le traitement consiste uniquement à atténuer les symptômes douloureux par la prise d’antalgiques.
Attention : évitez l’aspirine tant que le diagnostic n’a pas clairement écarté la possibilité d’une infection par le virus de la dengue, car dans ce cas l’action anticoagulante du médicament pourrait induire des saignements.
Puis-je en mourir ?
Aucun cas mortel n’a été recensé dans le monde. Et si les complications sont peu fréquentes, dans le cas d’une importante épidémie, elles ne doivent pas être négligées. Certains cas de complications neurologiques de type syndrome de Guillain-Barré (SGB), ont été constatés au Brésil et en Polynésie française.
Ce syndrome, rare, se caractérise par une paralysie progressive qui peut atteindre les muscles respiratoires.
Comment se protéger ?
La seule façon est de se protéger des piqûres de moustiques de jour comme de nuit par des moyens physiques et chimiques : porter des vêtements couvrants (manches longues, pantalons), utiliser des produits répulsifs adaptés sur les vêtements et sur les parties découvertes du corps, moustiquaires, diffuseurs électriques d’insecticides en intérieur.
En parallèle, il faut lutter contre la prolifération des moustiques en éliminant tout ce qui est susceptible d’accueillir des eaux stagnantes où se développent les larves : pots de fleurs, gouttières, pneus usagés, etc.
La France métropolitaine est-elle épargnée ?
Non. Le moustique tigre est présent dans 78 départements de l’Hexagone. La période pendant laquelle le risque de transmission du virus est le plus à risque se produit entre mai et novembre. On a détecté des cas autochtones de Zika en octobre 2019 dans le Var.
Pour en savoir plus
• Le virus Zika sur le site de l’Institut Pasteur.
• Le dossier sur le site du ministère de la Santé.
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