Quelles solutions pour muscler et détendre le dos ?
Publié le
Temps de lecture estimé 5 minute(s)
Les troubles musculosquelettiques (TMS) concernent de nombreux Français. En effet, 58 % des femmes et 51 % des hommes de 18 à 64 ans déclarent des douleurs liées à ces TMS, selon une récente étude publiée par Santé publique France. Le dos est particulièrement touché : lombalgies, douleurs cervicales, hernies discales…
« Ces troubles ont un impact sur la vie sociale et/ou professionnelle des patients, souligne François Ripoll, kinésithérapeute au Centre Aquitain du Dos à Mérignac (33) et fondateur de l’application e-santé Doado. Cela engendre de la douleur mais aussi des arrêts de travail. Notre but est de les réinscrire dans une reprise d’activité sociale et de loisirs. »
Consulter d’abord son généraliste
Le médecin généraliste est souvent le premier contact médical pour des douleurs au dos. « Il peut prescrire des traitements pour soulager la douleur (anti-inflammatoires, antalgiques, ceinture lombaire) et des examens d’imagerie (radio, IRM, scanner), poursuit le Dr Justine Michon, médecin du sport à la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine (33). Il peut ensuite orienter le patient vers un spécialiste, comme le médecin du sport, si la douleur traîne ou s’il constate une anomalie à l’imagerie. »
La prise en charge par un spécialiste intervient cas de traumatisme aigu (fracture ou entorse grave), le suivi des pathologies de croissance (scoliose) ou de pathologies chroniques (pathologie discale ou arthrose) afin de guider la prise en charge et notamment les possibilités infiltratives.
Travailler le mouvement
Dans la plupart des cas, les troubles musculosquelettiques passent spontanément. « Mais si la douleur persiste, on va proposer au patient de faire en complément des séances avec un kinésithérapeute afin de réévaluer les éventuelles défaillances musculaires ou articulaires et surtout de l’aider à se remettre en mouvement », précise le Dr Michon.
Le kiné va pouvoir mettre en place un programme personnalisé avec des exercices de renforcement ou de mobilité, adaptés à la pathologie. « Le mouvement est bénéfique dans 100 % des cas. »
Un bilan par le kiné
Aujourd’hui, les patients atteints de problèmes de dos se présentent chez le kiné avec une ordonnance mentionnant la pathologie et éventuellement le nombre de séances. « La nouvelle loi (1) permettant l’accès direct aux kinésithérapeutes exerçant dans un certain nombre de structures devrait développer l’accès à ces professionnels de santé », rappelle François Ripoll, kinésithérapeute.
La première séance avec le patient est un bilan. « On va tout d’abord voir s’il n’y a pas de drapeaux rouges : c’est-à-dire des éléments qui ne relèvent pas de notre champ de compétence. Par exemple s’il y a une paralysie d’un muscle, on va orienter vers un chirurgien. Pendant cette séance, on va également faire le point avec le patient : lui parler de sa pathologie, de son évolution à court, moyen et long termes et du traitement. On va également lui expliquer ses examens d’imagerie s’il en a. »
Refaire du muscle
Le traitement sera établi en fonction des capacités du patient : sa douleur, ses capacités sportives… « On propose de « refaire du muscle » de façon efficace avec une notion de progressivité », souligne le kinésithérapeute. Pour muscler, la pesanteur est le premier allier. « Faire des exercices en poids de corps, simples, sont déjà efficaces en utilisant la pesanteur comme levier et en ciblant les exercices par zone du corps », propose le praticien.
Le matériel démultiplie les exercices et l’efficacité. « Le ballon de gym (swiss ball) ajoute des exercices de renforcement et d’étirements. Il va aussi faire travailler la notion d’équilibre (proprioception) ». Les sangles ou élastiques ajoutent une résistance plus ou moins forte. « Ils pourront aussi être utilisés dans le cadre de renforcement musculaire et d’étirements ». Ces deux outils simples ciblent des parties du corps et font autant travailler les sédentaires que les sportifs de haut niveau avec une multitude d’exercices adaptés pour chacun, sans risques.
Autre solution : effectuer des exercices avec une chaise romaine. « Cet appareil permet de renforcer efficacement les muscles fessiers et les spinaux (lombaires). »
Un patient actif
Le fait d’effectuer des exercices de renforcement musculaire ou d’étirement va apporter une action anti-inflammatoire, qui va aider au soulagement. « Le patient doit être actif de sa re-musculation, constate le kinésithérapeute. On sait très bien que le fait de n’utiliser que du manuel (c’est-à-dire avec des soins passifs) ne fonctionne pas. On peut en revanche faire un peu de détente (un massage par exemple) à la fin d’une séance afin de soulager la tension accumulée ».
Les exercices aident à reprendre confiance en soi et à briser le cercle de la pathologie. « Car on craint souvent d’avoir mal et on ne bouge pas. » Le kiné peut aussi orienter vers du renforcement musculaire en salle ou donner des exercices à faire à la maison. « On doit rendre les patients autonomes dans leur processus de guérison. » Il existe aussi des applications que l’on peut utiliser chez soi avec des exercices pour muscler son dos.
Renforcer la prévention
Les patients vont souvent consulter lorsqu’ils sont en crise. « Alors que certaines mesures de prévention notamment sur la posture peuvent éviter certains blocages, assure le Dr Justine Michon. Dans les métiers du BTP, où le dos est souvent sollicité, on devrait par exemple proposer aux travailleurs une routine d’échauffement. » De même pour les personnes qui travaillent assises devant un bureau, il est important de ne pas rester statique, en changeant de posture régulièrement.
« On conseille également de pratiquer une ou plusieurs activités sportives. » Le yoga et le pilates sont bons pour renforcer les muscles du dos et gagner en souplesse. La natation permet de travailler l’ensemble du corps sans impact. La musculation est intéressante, avec modération. « Dans tous les cas, il ne faut jamais aller à la douleur. ».
(1) Publiée le 20 mai 2023, la loi portant amélioration de l’accès aux soins par la confiance aux professionnels de santé permet à présent aux kinésithérapeutes (libéraux ou salariés, exerçant au sein d’un établissement de santé, d’un établissement ou d’un service social et médico-social, d’une maison de santé pluridisciplinaire, d’un centre de santé ou d’une équipe de soins primaires ou spécialisés) de prendre en charge des patients en accès direct, c’est-à-dire sans prescription médicale.
A lire aussi
-
-
Troubles musculosquelettiques : comment les prévenir et les traiter ?
Prévention des risques
Commentaires
Lionèle
06 juillet 2024 à 09h07
Je conseille ces activités douces mais tellement bénéfiques.
Lionèle Lionèle