Don d’organes : et si on en parlait ?

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Cécile Fratellini

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Don d’organes : et si on en parlait ?
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Sommaire

Le don d’organes permet d’améliorer le quotidien de certains patients et même de sauver des vies. 5634 organes ont été greffés en 2023. Mais 21866 patients étaient inscrits sur la liste nationale d'attente pour une greffe au 1er janvier 2024.

Le don d’organes est gratuit.

VRAI. En France, tout le monde est présumé donneur sauf si la personne a exprimé, de son vivant, le refus d’être prélevé. Pour être sûr que l’on n’était pas opposé au don, les médecins demandent toujours à l’entourage avant d’envisager un prélèvement en vue d’une greffe. Il est donc important de rappeler à ses proches qu’on est donneur d’organes. Le don d’organes est anonyme. Il n’est donc pas possible de choisir à qui on donnera nos organes à notre mort. Et le nom du donneur ne peut pas être communiqué au receveur. La famille du donneur peut cependant, si elle le demande, être informée du résultat de la ou des greffes. Enfin, le don d’organes est gratuit. En France, la commercialisation d’organes est condamnée.

Il faut être majeur pour donner.

FAUX. Le don d’organes se fait à tout âge. Cela dépend des organes et du bilan médical. Ce qui compte ce n’est pas l’âge mais bien le bilan médical. Par exemple, un patient de 80 ans qui n’avait pas d’addiction peut tout à fait donner son foie. En 2023, la moyenne d’âge des donneurs était de 57,8 ans. À noter que si la personne décédée est mineure, les titulaires de l’autorité parentale doivent donner leur accord par écrit.

Le don d’organes et le don du corps à la science, c’est la même chose.

FAUX. Le don d’organes permet de greffer des malades afin d’améliorer leur qualité de vie et peut parfois aussi les sauver (greffe du cœur). Alors que donner son corps à la science permet à des étudiants en médecine d’apprendre l’anatomie. Pour léguer son corps à la recherche, il faut être majeur et l’avoir indiqué par écrit de son vivant en ayant fait parvenir une déclaration à l’une des facultés de médecine habilitées. Ce don peut être payant.

On peut refuser de donner tel ou tel organe.

VRAI. On peut refuser de donner tous ses organes ou uniquement certains. La procédure est la même. Il suffit de s’inscrire sur le registre national des refus, en joignant une copie d’une pièce d’identité sur www.registrenationaldesrefus.fr ou par courrier à : Agence de la biomédecine - Registre national des refus - 1 avenue du Stade de France - 93 212 Saint-Denis-La-Plaine-Cedex. Si on ne souhaite pas être prélevé de tel ou tel organe, il faut le préciser. On peut également le faire savoir à ses proches en leur donnant un document daté et signé. Si c’est par oral, les proches devront, au moment du décès, retranscrire par écrit le témoignage de refus. On peut changer d’avis et revenir sur sa décision en informant le registre national des refus.

On peut donner de son vivant.

VRAI. On peut donner un rein ou éventuellement un lobe de foie. Une condition : avoir un lien stable et durable avec le receveur depuis plus de deux ans. Existent également les dons croisés : un mari veut donner un rein à sa femme mais ils ne sont pas compatibles. Un autre couple se trouve dans la même situation. Les organes sont échangés, les deux couples ne se connaissent pas et l’agence de biomédecine synchronise les deux interventions. Le don croisé est rare mais se développe.

 

Rédigé par

  • Cécile Fratellini

    Rédactrice en chef adjointe d’Harmonie Santé, spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (handicap, prévention, maladies…)

Commentaires

Le don d'organes, c'est important et précieux et on n'en parle pas assez. Donner de son vivant est encore plus méconnue. La possibilité de donner de son vivant à un membre de son entourage est extraordinaire et une chance. J'ai 3 enfants dont deux filles qui sont greffées rénales. Une depuis 5ans déjà et la deuxième depuis 1 an. Elles sont 23 et 21 ans. C'est leur père et moi qui leur avont fait chacun un don de rein . Elles ont une maladie génétique rénale relativement rare. Aujourd'hui, elle vont très bien et n'ont pas eu à passer par la dialyse. Il est donc important d'informer davantage les gens. Le don qu'il soit d'un donneur décédé ou vivant, c'est un geste de vie ! Ludivine

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