Cancer : près de 2 500 nouveaux cas chez les moins de 18 ans chaque année

Publié le

Daria Tchemy

Temps de lecture estimé 4 minute(s)

Cancer : près de 2 500 nouveaux cas chez les moins de 18 ans chaque année
© Getty Images

Sommaire

Le cancer pédiatrique est la principale cause de décès par maladie chez les enfants et adolescents. Chaque année, près de 2 500 jeunes de moins de 18 ans sont diagnostiqués en France (dont près de 2 300 en métropole). Quels sont les signes ? Où en est la recherche aujourd’hui ?

Les cancers pédiatriques regroupent les cancers qui apparaissent chez les enfants et les adolescents de moins de 18 ans. Certaines formes, dites pédiatriques, peuvent aussi toucher de jeunes adultes.

« Les cancers diffèrent selon l’âge. Jusqu’à l’âge de 15 ans, les tumeurs les plus fréquentes sont les leucémies, les lymphomes (N.D.L.R. : maladie maligne des ganglions), ou encore les tumeurs du système nerveux. Après 15 ans, les adolescents et jeunes adultes sont principalement concernés par les lymphomes, sarcomes, tumeurs germinales ainsi que certains cancers habituellement observés chez l’adulte », explique le Dr Nathalie Gaspar, pédiatre oncologue à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif.

D’après le Dr Jacqueline Clavel, médecin épidémiologiste, à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), « les cancers des enfants sont très différents de ceux des adultes tant dans leur origine que dans leur évolution ».

Des symptômes à surveiller

Les symptômes d’un cancer pédiatrique peuvent être discrets, rendant le diagnostic parfois tardif.

« Douleurs répétitives, fatigue, fièvre persistante, perte de poids ou augmentation anormale d’une partie du corps et fractures pathologiques doivent alerter », explique le Dr Nathalie Gaspar.

La détection se fait le plus souvent dans le cadre du suivi pédiatrique ou à l’hôpital. « Plus le repérage est précoce, plus le suivi et le traitement peuvent être adaptés aux besoins de chaque enfant », indique Iris Pauporté, directrice de recherche et d’innovation à la Ligue contre le cancer.

Des soins adaptés à chaque enfant

La prise en charge varie selon l’âge et le type de cancer. Elle repose principalement sur trois approches complémentaires. La chimiothérapie reste le traitement de référence pour les leucémies.

Les leucémies, qui représentent 40 % des cancers pédiatriques, bénéficient de traitements qui ont permis de doubler leur taux de guérison depuis 1970.

Dans certains cas, les médecins privilégient la chirurgie, notamment lorsqu’il s’agit de retirer une tumeur localisée. La radiothérapie peut également être proposée. En raison des effets secondaires qu’elle peut entraîner, sur un organisme encore en croissance, elle est à « utiliser avec beaucoup de précaution », précise le Dr Jacqueline Clavel.

Le programme L.E.A (Leucémies de l’Enfant et de l’Adolescent), a été initié en 2004 par les professeurs Gérard Michel, spécialiste en hématologie et oncologie pédiatrique, et Pascal Auquier, spécialiste en santé publique et épidémiologie clinique. Il assure aujourd’hui un suivi structuré de plus de 7 800 patients dans 19 centres hospitalo-universitaires en France, tel que le CHU de Paris – Hôpital Armand Trousseau.

Ce dispositif améliore la qualité de vie des patients et prend en charge les effets secondaires à long terme.

Où en est la recherche ?

La recherche est en constante progression.

Le programme de recherche épidémiologique lancé à l’INSERM par le Dr Jacqueline Clavel, intègre le Registre national des cancers de l’enfant. « Les enfants exposés aux pesticides ou à la pollution de l’air sont plus susceptibles de développer certaines tumeurs », souligne-t-elle. Ce registre aide notamment à mieux identifier ces facteurs de risque. Ces recherches s’appuient aussi sur un suivi à long terme de la santé des patients et s’inscrivent dans des collaborations avec d’autres équipes, en France et à l’international.

La recherche s’intéresse aussi à la détection précoce, y compris pendant la grossesse. L’objectif est d’identifier les cancers du développement qui touchent chaque année 200 à 300 nourrissons de moins d’un an.

Un accompagnement des proches du patient

La Ligue contre le cancer joue un rôle clé dans le soutien aux familles.

Présente sur tout le territoire français, en métropole comme en outre-mer, elle apporte une aide concrète et humaine : 

  • Une aide au logement et à la prise en charge des déplacements (rapatriement des familles, aide aux voyages),
  • Des ateliers pour enfants malades,
  • Des activités festives pour adolescents, comme des « pizzas parties » ou des courses de trottinettes.

Ces moments permettent de rompre l’isolement et d’offrir aux jeunes malades un instant de normalité. « C’est festif, solidaire et ouvert à tous », résume Iris Pauporté.

Aujourd’hui, 83 % des enfants atteints d’un cancer sont en vie cinq ans après le diagnostic. Ce chiffre marque une avancée majeure, mais les séquelles physiques et psychologiques restent lourdes : douleurs chroniques, fatigue, troubles de la concentration, anxiété, ou des séquelles fonctionnelles.

Soigner le cancer pédiatrique ne signifie pas seulement guérir la maladie, mais aussi accompagner les jeunes patients et leurs proches sur le long terme.

Rédigé par

  • Daria Tchemy

    Journaliste spécialisée dans les sujets sport, santé, environnement et évolutions de nos modes de vie.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.
Tous les champs sont obligatoires.

Ce site utilise un système anti- spams pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A lire aussi

  • Quels sont les traitements médicamenteux contre le cancer ?

    Maladies et traitements

    Chimiothérapie, thérapies ciblées, hormonothérapie, immunothérapie : ces traitements font partie de l’arsenal de médicaments contre le cancer, aux côtés de la chirurgie et de la radiothérapie. Quels sont leurs modes d’action, leurs différences...

    Quels sont les traitements médicamenteux contre le cancer ?