Qu'est-ce qu'un rhume ?
« Le rhume, appelé aussi rhinopharyngite, est une infection respiratoire dite haute puisqu'elle se développe au niveau du nez (ou plus précisément des fosses nasales) et de la gorge, explique Cyril Bègue, médecin généraliste et secrétaire général adjoint du Collège de médecine générale (CMG). Il est provoqué par des virus, le plus souvent des rhinovirus et des coronavirus. »
La fréquence des rhumes varie beaucoup en fonction de l'âge. « Les enfants peuvent faire une dizaine de rhumes par an, c'est-à-dire presque trois fois plus que les adultes, précise le Dr Cyril Bègue. Mais avec le temps, le corps acquiert une immunité contre les virus impliqués dans l'apparition des rhumes. »
Quels sont les symptômes ?
Les symptômes du rhume les plus fréquents sont les éternuements, une sensation de nez bouché (parfois une seule narine), un écoulement nasal, mais aussi une irritation de la gorge avec de la toux. D'autres signes peuvent s'associer à ces symptômes comme une légère fièvre (surtout chez les enfants), des maux de tête modérés, des courbatures et de la fatigue.
« La rhinite allergique et le rhume peuvent se ressembler dans leurs symptômes, mais c'est parfois le temps qui permet de faire la distinction, pointe le Dr Bègue, médecin généraliste. De plus, des yeux larmoyants, des éternuements incessants ou un nez qui gratte, par exemple, sont des symptômes typiques d'une rhinite allergique, tandis que la toux, la fatigue, les douleurs musculaires et la fièvre sont les signes évocateurs d'un rhume. »
Faut-il consulter un médecin pour un rhume ?
« Certes, ces symptômes sont gênants, mais il n'est pas nécessaire de consulter un médecin en cas de simple rhume, rassure le Dr Cyril Bègue, généraliste. Dans la majorité des cas, et surtout chez l'adulte en bonne santé, le rhume guérit en 7 à 10 jours avec ou sans traitement. Cependant, chez l'enfant, cette infection peut parfois évoluer vers une sinusite ou une otite en raison de la communication naturelle entre la région nasale postérieure et l'oreille interne. »
Certains symptômes, comme une fièvre qui dure plus de 48 heures, des douleurs d'oreilles, des sécrétions nasales qui deviennent purulentes et s'installent dans le temps, des difficultés à respirer ou une altération de l'état général sont souvent les signes d'une complication ou d'un problème de santé plus grave que le rhume. Il est alors recommandé de consulter un médecin.
Il peut s'agir aussi de rhumes plus sévères dus à un virus très contagieux, le VRS (virus respiratoire syncytial). Ce VRS, qui circule beaucoup en hiver et infecte les voies respiratoires supérieures (nez et gorge) peut aussi toucher les poumons. Il peut être responsable de complications essentiellement chez les plus fragiles : les nourrissons, les personnes les plus âgées et celles présentant des pathologies chroniques. Ces personnes peuvent donc être amenées à consulter plus précocement.
Quels médicaments peut-on prendre ?
« Le rhume est avant tout une affaire de patience, souligne le Dr Bègue, médecin généraliste. Il n'y a vraiment que deux choses qui aident à soulager les symptômes : le paracétamol et les nettoyages des fosses nasales réguliers. Les sérums physiologiques et les sprays nasaux à l'eau de mer sont de bons produits pour fluidifier les sécrétions et éviter les écoulements désagréables au fond de la gorge. »
De fait, l'Agence nationale du médicament (ANSM) alerte régulièrement sur les médicaments dits vasoconstricteurs à base de pseudoéphédrine (1). Ils ont pour effet de rétrécir le calibre des vaisseaux sanguins et ainsi de décongestionner le nez en diminuant le gonflement. Mais qu'ils soient administrés sous forme nasale ou sous forme orale, ils sont à proscrire en raison de leur danger potentiel pour la santé (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral…).
« Les sirops antitussifs n'offrent qu'un intérêt limité et les effets indésirables font parfois pencher la balance bénéfices-risques du mauvais côté, ajoute le Dr Bègue. Et ne jamais utiliser les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l'ibuprofène et l'aspirine, sans avis médical. »
Quid des remèdes naturels contre le rhume ?
Les adeptes des remèdes naturels peuvent privilégier les boissons chaudes à base de miel et de citron, par exemple, mais doivent être prudents avec l'utilisation des huiles essentielles.
Ainsi, l'huile essentielle de ratvinsara a une action efficace sur les virus de l'hiver et peut s'adapter à toute la famille (2). Mais des huiles essentielles contenant de l'eucalyptus ou du menthol, par exemple, peuvent présenter des contre-indications, notamment chez les femmes enceintes, les enfants ou encore les personnes asthmatiques et épileptiques.
« Très prisées de certaines personnes, ces concentrations à base de plantes sont loin d'être anodines, insiste le Dr Bègue, médecin généraliste et secrétaire général adjoint du Collège de médecine générale (CMG). Aussi est-il essentiel de demander conseil au pharmacien avant de recourir à leur utilisation. »
Des précautions à prendre pour soi… et pour les autres
Pas toujours facile de s'abstenir de vaquer à ses occupations quotidiennes même lorsqu'on est victime d'un rhume ou d'échapper à sa survenue en hiver. Néanmoins, redoubler de prudence dans nos activités diminue les risques de tomber sous le « feu de l'ennemi ». Par exemple, on ne sortira pas en sueur après 3 heures de ménage sans prendre soin de bien se couvrir, on restera au chaud si l'on ressent les prémices d'un rhume naissant…
« Comme toutes les infections virales de la sphère oto-rhino-laryngologique (ORL), le rhume est contagieux, indique le Dr Bègue, médecin généraliste. Il faut penser aussi à bien appliquer les gestes barrières pour protéger son entourage. » Il est conseillé donc de bien se laver les mains avec du savon liquide ou des gels hydroalcooliques avant de préparer les repas ou de manger, ne pas laisser traîner ses mouchoirs en papier usagés, éviter les accolades et les embrassades.
« En cas de contact avec des personnes fragiles comme les nourrissons, les personnes âgées ou immunodéprimées, le port du masque redevient un impératif », martèle le Dr Bègue. Enfin, il ne faut pas hésiter à bien aérer les pièces pour diminuer la concentration en microbes.
(1) Depuis le 11 décembre 2024, les médicaments vasoconstricteurs à base de pseudoéphédrine sont délivrés uniquement sur ordonnance.
(2) Actualités Pharmaceutiques, volume 58, numéro 585 (avril 2019), pages 57-59.
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