Dépistage du cancer du poumon : pourquoi et comment participer au programme IMPULSION ?
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A l’origine de plus de 30 000 décès par an, les cancers du poumon1 sont la première cause de mortalité par cancer en France. Chaque année, ils touchent 53 000 personnes, parmi lesquelles de plus en plus de femmes en raison de l’essor du tabagisme chez celles-ci dans les années 1970. Dans près de 80 % des cas, le tabac est responsable de cette maladie.
Pour lutter contre ce fléau, le programme pilote de dépistage IMPULSION2, qui vient d’être lancé, se déploie d’abord en Île-de-France, Pays de Loire, PACA, Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes. Il vise un objectif de 20 000 participants, afin de préparer le dépistage généralisé du cancer du poumon qui doit se mettre en place « d’ici à 2030 », selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist. Pour l’heure, les programmes de dépistage organisés en France concernent les cancers du sein, du colon et du col de l’utérus.
Dépistage du cancer du poumon : des bénéfices médicaux déjà avérés
Le but du programme IMPULSION n’est pas de prouver les bénéfices médicaux d’une telle opération, ceux-ci étant vérifiés depuis longtemps. Plusieurs études internationales ont en effet montré que le dépistage réduisait de 20 à 25 % la mortalité spécifique par cancer du poumon.
« Le niveau de preuve est même plus élevé que dans les autres dépistages de cancer, souligne le professeur Sébastien Couraud, pneumologue aux Hospices Civils de Lyon, et l’un des coordinateurs du programme. Le cancer du poumon est très fréquent, mais aussi très sévère quand il est décelé tardivement. L’intérêt du dépistage est de le diagnostiquer à un stade précoce, où le patient va pouvoir être guéri avec une quasi-certitude. »
Dépistage du cancer du poumon : quels examens ?
Le dépistage consiste en un scanner thoracique à faible dose, sans injection de produit de contraste et donc sans piqûre. Le temps d’acquisition des images est très bref, il nécessite une apnée de 3 à 5 secondes seulement.
Si aucune anomalie n’a été détectée, ce scanner sera répété un an après, puis tous les deux ans. En cas d’anomalie, vous serez invité à une consultation médicale. Toutes ces consultations et examens sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie.
Participer au programme IMPULSION : les informations pratiques
Le programme pilote de dépistage du cancer du poumon s’adresse aux fumeurs ou anciens fumeurs (qui ont arrêté depuis moins de 15 ans), âgés de 50 à 74 ans et qui ont fumé au moins 20 ans. La consommation de tabac requise s’élève à « 20 paquets année » au moins. Utilisé par les professionnels de santé, ce terme de « paquet année » peut être trompeur : il correspond à la consommation d’un paquet de 20 cigarettes par jour pendant un an. Par conséquent, « 20 paquets années » correspondent à la consommation d’un paquet par jour pendant 20 ans.
Pour le dire plus simplement (et pour reprendre les termes du programme), les personnes visées par ce dépistage sont « celles pour lesquelles il est le plus bénéfique, en raison de leur forte exposition aux facteurs de risque. »
Concrètement, comment s’inscrire ? Les médecins généralistes et autres professionnels de santé vont encourager les personnes concernées à participer à ce programme. Mais si vous estimez répondre à ces critères, vous pouvez vous renseigner directement sur « mon espace santé » et également via les canaux suivants :
- Le numéro d’appel national 34 33
- Le site www.depistage-cancer-poumon.fr
- Le site Jefaismondepistage.cancer.fr/cancers-du-poumon
Vous devrez répondre à un questionnaire en ligne, puis prendre rendez-vous auprès d’un professionnel de santé pour une visite, durant laquelle votre éligibilité au programme sera vérifiée. Vous prendrez ensuite rendez-vous pour le dépistage en lui-même auprès d’un centre radiologique labellisé, proche de votre domicile.
Fumeurs ou ex-fumeurs : trois idées reçues à combattre
Pour la Professeure Marie-Pierre Revel (AP-HP), coordinatrice du programme IMPULSION avec le Pr Sébastien Couraud, ce dépistage pilote est l’occasion de rectifier des idées fausses. « La première porte sur le sentiment de culpabilité des fumeurs, souligne-t-elle. Or, ils ne sont pas coupables. Ils sont victimes de leur addiction au tabac. Deuxième idée reçue : un diagnostic de cancer du poumon serait associé à un diagnostic d’arrêt de mort. C’est faux. Si on dépiste ce cancer à temps, on peut en guérir. »
Troisième idée fausse largement répandue chez les fumeurs de longue date : il serait impossible d’arrêter de fumer. Or, il est possible de se débarrasser de cette addiction, à condition d’être accompagné par un soignant formé en tabacologie, martèle la Pr Marie-Pierre Revel, elle-même ancienne fumeuse3. Le sevrage proposé dans le cadre du dépistage aidera les personnes dans cette démarche. Toutefois, elles sont libres d’accepter ou non cette aide au sevrage.
(1) S’il est courant de parler au singulier de cette maladie, il existe en fait deux principaux types de cancers du poumon : les cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC), qui représentent près de 85 % des cancers du poumon, et les cancers bronchiques à petites cellules (CBPC). Source : Jefaismondepistage.cancer.fr/cancers-du-poumon
(2) Le programme IMPULSION est soutenu par l’Institut national du cancer, l’Assurance maladie et les Agences régionales de santé (ARS).
(3) La Pr Marie-Pierre Revel a écrit un livre dans lequel elle raconte son combat scientifique et personnel contre la maladie et pour le dépistage précoce. Les droits de l’ouvrage sont intégralement reversés à la Ligue contre le cancer. « En finir avec le cancer du poumon, c’est possible », Editions Leduc, 2025.
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