Lentilles de contact : 5 conseils pour un usage sans risque
Publié le
Temps de lecture estimé 6 minute(s)
Qu’elles soient souples ou rigides, les lentilles de contact permettent de se passer de lunettes, soit ponctuellement, soit au quotidien. Les lentilles souples sont de loin les plus répandues, notamment chez les jeunes, qui les choisissent souvent pour leur confort ou leur aspect esthétique. Les lentilles rigides, plus techniques, sont généralement réservées à certaines indications médicales comme le kératocône (déformation de la cornée) ou d’autres pathologies cornéennes.
Mais quel que soit le modèle, les lentilles ne sont pas des accessoires anodins. « Ce sont des dispositifs médicaux. Une mauvaise hygiène ou un usage inadapté peut entraîner de véritables urgences ophtalmologiques », rappelle le Dr Benjamin Memmi, ophtalmologue à l’Hôpital national des 15-20. Les consignes sont généralement expliquées oralement au patient au moment de la prescription par l’ophtalmologue.
« L’opticien lui montre ensuite comment les mettre et comment les nettoyer. » L’éducation au bon usage est un élément fondamental du suivi. Des supports écrits peuvent également être remis pour mieux ancrer les recommandations.
Dans le cas de lentilles rigides ou d’adaptations difficiles (fort astigmatisme, presbytie…), une première phase de suivi avec deux ou trois consultations est proposée, afin de s’assurer que les lentilles sont bien adaptées à l’œil du patient et que leur tolérance est bonne. Sinon, classiquement, une seule consultation avec l'ophtalmologue suffit. « En cas de gêne, d’inconfort persistant ou de question sur le matériel, le retour vers le spécialiste est néanmoins fortement conseillé ».
1. Ne pas porter ses lentilles trop longtemps
La première erreur classique est de porter ses lentilles trop longtemps dans la journée. « Elles ne doivent pas être portées plus de huit heures par jour, et il est important de prévoir au moins un jour de pause dans la semaine », insiste le spécialiste.
L’œil a besoin de respirer, et un port prolongé augmente le risque d’irritation ou de sécheresse. Ces signes peuvent être passagers, mais aussi révéler une mauvaise tolérance ou une adaptation à revoir.
2. Ne pas dormir avec
Autre réflexe à bannir : dormir avec ses lentilles. Même une courte sieste est déconseillée. « Cela réduit fortement l’oxygénation de la cornée et favorise les infections. » Le cas est fréquent : malgré les recommandations, certains patients gardent leurs lentilles pour dormir, pensant qu’une nuit de sommeil ne fera pas de mal. C’est une erreur qui peut avoir de lourdes conséquences, notamment sur la cornée, qui devient plus vulnérable à certains germes.
Le fait de ne pas ressentir de gêne immédiate n’est en rien rassurant : les infections peuvent se développer rapidement, parfois silencieusement.
3. Ne pas se baigner avec des lentilles
Encore moins connue du grand public : l’interdiction absolue de tout contact avec l’eau. « Aucune lentille n’est compatible avec l’eau, qu’il s’agisse de la douche, de la piscine ou de la mer. »
Pourtant, beaucoup continuent à les porter pour se baigner, notamment en vacances. Ce geste, souvent perçu comme pratique, expose l’œil à des agents pathogènes dangereux. Parmi eux, l’amibe Acanthamoeba, présente dans certaines eaux, est connue pour provoquer des kératites sévères et très difficiles à traiter. Certaines infections peuvent nécessiter des mois de traitement et laisser des séquelles irréversibles.
4. Les nettoyer chaque jour
L’entretien est un autre point clé. Les lentilles doivent être nettoyées chaque jour avec une solution adaptée, jamais à l’eau du robinet. L’étui, lui aussi, nécessite un entretien quotidien et doit être renouvelé tous les mois.
« Ces consignes sont parfois vues comme contraignantes, mais elles sont essentielles », insiste le Dr Memmi, ophtalmologue à l’Hôpital national des 15-20. L’étui peut en effet devenir un réservoir de germes s’il est mal entretenu, rendant les risques invisibles mais bien réels.
5. Adapter le port de lentilles à son profil
Le port de lentilles n’est pas adapté à toutes les situations, ni à tous les patients. Certaines pathologies comme la sécheresse oculaire peuvent rendre leur utilisation difficile, voire contre-indiquée. L’âge n’est pas le critère principal : c’est la maturité du patient qui est déterminante. « Il faut que la personne soit capable de manipuler correctement ses lentilles, de les entretenir, et de repérer les signes de mauvaise tolérance. C’est pour cela qu’on ne les prescrit pas à de jeunes enfants. »
Par ailleurs, le choix du type de lentilles ne dépend pas seulement du confort ressenti. Il se fait en fonction de la correction nécessaire, de la forme de la cornée, de l’environnement quotidien du patient, et de sa capacité à en prendre soin. Certaines lentilles sont à renouvellement mensuel, d’autres journalier, ce qui réduit les contraintes d’entretien mais implique une rigueur dans le remplacement. C’est un équilibre à trouver, en lien avec le professionnel de santé.
Reconnaître les signaux d’alerte
Certaines idées reçues méritent d’être déconstruites. Non, on ne peut pas improviser leur port en festival ou en voyage sans préparation. Et non, l’absence de gêne ne signifie pas que tout va bien. Le suivi médical est indispensable, au moins une fois par an, même en l’absence de symptômes.
Certains signes doivent alerter : œil rouge, douloureux, sensation de gêne ou de vision floue. Dans ces cas-là, une seule règle : retirer immédiatement la lentille et consulter sans attendre. « Mieux vaut revenir temporairement aux lunettes que risquer une infection sévère », souligne le spécialiste. Même une petite blessure, comme un coup d’ongle lors de la manipulation, doit être surveillée. Retarder la consultation peut aggraver les choses, transformer une irritation banale en pathologie plus sérieuse, voire en perte de vision.
Un geste banal, des conséquences parfois graves
« Les lentilles sont devenues tellement accessibles qu’on en oublie parfois les précautions élémentaires », regrette le Dr Memmi. Leur confort et leur simplicité d’utilisation les rendent populaires, mais cette facilité ne doit pas masquer les risques. « J’ai vu des jeunes patients de 18 ou 20 ans perdre la vision d’un œil à cause d’un mauvais usage. Ce n’est pas fréquent, mais ça peut arriver. »
A lire aussi
-
Tout savoir sur les yeux
Maladies et traitements
-
Lentilles de nuit contre la myopie : à quoi servent-elles ?
Maladies et traitements
-
Commentaires