Maquillage : quels sont les risques pour la peau ?
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Après avoir été mis de côté pendant la pandémie de Covid, le maquillage reprend des couleurs. Le marché mondial progresse ainsi de 7,1 % en 2022, par rapport à 2021*. 81 % des femmes se maquillent au moins 4 à 5 fois par semaine, dont 45 % tous les jours. Le mascara est le produit de maquillage qu’elles utilisent le plus au quotidien (81 % l’utilisent), devant le rouge à lèvres, le fond de teint et le fard à paupières.
L’attente principale des consommatrices ? La qualité du produit. En effet, 71 % d’entre elles font attention à sa qualité, c’est-à-dire son aptitude à satisfaire les besoins exprimés.
Vérifier les ingrédients sur les étiquettes
« Avant d'acheter des produits de maquillage, il est essentiel de connaître son type de peau (sèche, grasse, mixte, sensible…), rappelle le Docteur Marie Jourdan, dermatologue à Paris et membre de la Société française de dermatologie (SFD). Certains produits sont spécialement formulés pour répondre aux besoins spécifiques de chaque type de peau ».
Il est donc conseillé de lire attentivement les étiquettes des produits pour connaître les ingrédients qu'ils contiennent. « Évitez ceux qui comprennent des substances auxquelles vous pourriez être allergique. Et si vous êtes sensible, avant d'appliquer un nouveau produit de maquillage sur l'ensemble de votre visage, effectuez un test de patch sur une petite zone de peau pour vérifier s'il provoque des réactions allergiques ou des irritations ».
Choisir des produits de qualité
Les risques de réaction sont avant tout liés à la qualité des produits. « Il est important d’acheter son maquillage sur le marché officiel, que ce soit en pharmacie, en supermarché, dans les enseignes de parfumerie ou même au sein des enseignes à petits prix », poursuit le Dr Jourdan. Le marché officiel est soumis à une réglementation européenne et à un cahier des charges très strict. « Cela évite les produits de contrefaçon qui peuvent contenir des substances nocives pour la peau ».
Un maquillage de mauvaise qualité peut ainsi provoquer des comédons (points noirs) ou des grains de milium (microkystes) importants. « En cas d’allergies ou d’intolérances, on pourra prescrire une crème cicatrisante ou corticoïde si besoin. »
Bien conserver son maquillage
Le second risque est lié à la bonne conservation des produits (endroits secs) et à leur date de péremption. « Les produits de maquillage ont une durée de vie limitée, rappelle la dermatologue. Utiliser des produits périmés peut compromettre leur efficacité et être préjudiciable pour la peau. »
Il est important de respecter les dates de péremption indiquées sur les emballages. « En dépassant ces dates, cela augmente le risque de prolifération bactérienne au sein du produit. » Ces bactéries peuvent engendrer des boutons sur le visage ou même une conjonctivite au niveau des yeux. « On arrêtera alors le maquillage et on traitera l’infection à l’aide de crèmes ou de collyres antibiotiques. »
Ne pas négliger le démaquillage
Le démaquillage est une étape importante de la routine. « Il doit être minutieux et doux pour éliminer toutes les traces de maquillage et réalisé chaque jour où l’on est maquillé », insiste le Dr Jourdan. « On ne dort pas avec du maquillage ! » Le démaquillage peut se faire avec de l’eau micellaire, de l’huile démaquillante, du lait démaquillant ou du savon démaquillant.
« Pour des raisons d’hygiène, il faut se laver les mains avec de l’eau et du savon avant de se maquiller. Pensez également à nettoyer régulièrement vos accessoires (pinceaux, éponges…) à l’eau et au savon ».
Tenir compte de la saisonnalité
Les besoins de notre peau peuvent changer en fonction des saisons. « On conseille de choisir des produits adaptés à votre type de peau et aux conditions climatiques, prévient le Dr Jourdan. En hiver, sous son maquillage, on va privilégier un sérum hydratant alors qu’en été on pourra préférer un matifiant ou un produit sebo-régulateur ».
Pour rappel, le maquillage ne constitue pas une protection solaire. « Soit on utilise une crème solaire avec un indice de protection solaire SPF comme base avant de se maquiller et on rajoutera ensuite régulièrement un spray ou une poudre solaire par-dessus le maquillage pour se protéger. Soit on n’utilise que le spray ou la poudre protectrice après son maquillage. » Il existe également des fonds de teint avec SPF à utiliser en base.
Attention aux peaux fragiles
Pour les femmes ayant la peau fragile - c’est-à-dire sèche (atopique) jusqu’à l’eczéma -, le maquillage peut être plus problématique. « Il vaut mieux privilégier des gammes de maquillage hypoallergéniques vendues en pharmacie », conseille le Dr Jourdan.
Quant au fait de vouloir superposer plusieurs typologies de produits (technique du layering, issue des rituels coréens), cela ne pose pas de problème en soi. « Mais si la peau est fragile, elle réagira qu’il y ait une ou plusieurs couches de maquillage. »
Protéger ses yeux
« Le maquillage peut également comporter des risques pour les yeux, complète le Dr Amar Nawal, oculoplasticien, praticien hospitalier à l’Hôpital des 15-20 à Paris. Il peut s’agir d’irritation ou d’allergies dues à certains ingrédients chimiques (paillettes ou composants métalliques) ou d’infections oculaires, particulièrement si le maquillage est partagé ou périmé. Dans certains cas, cela peut aller jusqu’à l’obstruction des glandes meibomiennes, ce qui peut entraîner une blépharite (inflammation des paupières pouvant causer des problèmes de sécheresse oculaire), des orgelets (petit furoncle infectieux sur le bord de la paupière) ou des chalazions (petit furoncle non infectieux sur le bord de la paupière). »
Il est important de choisir des produits hypoallergéniques et testés ophtalmologiquement et de respecter la date de péremption et les règles d'hygiène (ne pas partager le maquillage). « Éviter également l'application de maquillage sur la ligne d'eau intérieure de l’œil (bord libre de la paupière) pour réduire les risques d'irritation (sécheresse, inflammation) ». En cas d’irritations ou d’infections oculaires, on évitera de se maquiller. « De même, il vaut mieux éviter un produit de maquillage qui vous a irrité, car un prochain contact pourra être plus violent. »
Pour le démaquillage des yeux, « utilisez des démaquillants doux adaptés à la zone (produit biphasique). Ils démaquillent mieux le mascara, notamment celui qui est waterproof ». Après avoir utilisé du maquillage waterproof, il est d’ailleurs conseillé de rincer ses yeux au sérum physiologique afin de bien évacuer les composants qui pourraient rester dans l’œil.
* Selon une étude Eurofins Spincontrol réalisée en février 2023 par Eurofins Spincontrol (échantillon de 1 127 femmes, représentatif de la population française âgée de plus de 18 ans).
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