Mpox ou variole du singe : quels sont les symptômes et les traitements ?

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Patricia Guipponi

Temps de lecture estimé 8 minute(s)

Variole du singe : quels sont les symptômes et les traitements ?
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Le Mpox, appelé communément variole du singe, est un virus contagieux. Il se caractérise par des éruptions cutanées. Apparu en Europe en mai 2022, il connaît une nouvelle flambée épidémique depuis l’été 2024. Le variant qui circule est jugé dangereux si bien que l’OMS considère la maladie comme une urgence de santé publique de portée internationale.

Le 14 août 2024, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché son plus haut niveau d'alerte sanitaire sur le plan international face à la résurgence en Afrique du virus Mpox, communément appelé variole du singe ou Monkeypox. Selon l’institution, l’Europe pourrait connaître une augmentation des contaminations après la découverte d’un cas en Suède.

La récente flambée épidémique est caractérisée par une souche du virus, nommée Clade Ib, plus dangereuse et plus contagieuse que celle qui a sévi en 2022. Il y a deux ans, en effet, l’épidémie de Mpox s'était propagée dans une centaine de pays où la maladie n'était pas endémique, dont l’Europe, touchant surtout des hommes homosexuels et bisexuels. L'OMS avait décrété l'alerte maximale en juillet 2022, puis l'avait levée en mai 2023. L’épidémie s’est toutefois poursuivie en Afrique où l’on dénombre 38 465 cas et 1 456 décès depuis 2022.

En France, 4 272 cas ont été enregistrés depuis 2022, rapporte le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. Le niveau d’alerte reste modéré sur le territoire tricolore. Cependant, la surveillance des voyageurs de retour des pays et régions infectés est renforcée. Santé Publique France a recensé 107 cas entre janvier et juin dernier. Ils sont majoritairement bénins.

Pourquoi le nom de « variole du singe » ?

Il existe deux souches distinctes du Mpox, appelées Clade. Le Clade I se trouve surtout en Afrique centrale. Le Clade II est présent principalement en Afrique de l’Ouest. Le Clade I est plus meurtrier que le Clade II, et son variant (le Clade Ib) est estimé dangereux. Le Mpox est une zoonose. Cela signifie qu’il est d’origine animale.

Sa transmission à l’humain se produit par le contact direct avec des fluides biologiques provenant d’animaux morts ou vivants, infectés. Et il ne s’agit pas de primates, comme l’indique son nom d’origine « variole du singe ». « On penche plutôt pour des déjections de rongeurs. C’est en tout cas l’origine probable des cas humains de variole du singe en Afrique dans les années 70 », explique le docteur Hélène Coignard, urgentiste-infectiologue aux Hospices civils de Lyon.

Le singe est le premier animal chez qui le virus a été identifié, en 1958. Ce qui a donné le dénominatif de la maladie. Toutefois depuis novembre 2022, les instances sanitaires internationales ont choisi d’utiliser le terme « Mpox » (abréviation de l’anglais Monkeypox) afin de minimiser tout impact négatif lié à l’emploi de « variole du singe », et ce en raison de propos racistes et stigmatisants observés en ligne.

Par contact avec les lésions cutanées, les muqueuses, les gouttelettes respiratoires 

Le virus est une variole. Il vient de la même famille que la variole classique, celle des orthopoxvirus. Les lésions cutanées qui les caractérisent sont assez similaires et se transmettent de la même façon. La variole, fléau qui a sévi jusqu’au XXe siècle, a été éradiquée en 1980 après une longue campagne mondiale de vaccination. « Elle présentait une mortalité conséquente et des formes malignes ou hémorragiques importantes », souligne le médecin.

Le Mpox se transmet par contact direct avec les lésions cutanées ou avec les muqueuses (génitales, buccales), les gouttelettes respiratoires d’une personne contaminée, lors d’un contact prolongé, de rapports sexuels non protégés ou du partage par exemple de vaisselle, de linge…

L’infection se présente sous forme d’éruptions sur la peau. « Ce sont initialement de petites papules qui évoluent en vésicules. La lésion prend alors plus de relief avec du liquide à l’intérieur, comme ce peut être le cas avec la varicelle. »

Les pustules formées vont se percer et donner des croûtes avant de cicatriser « lorsqu’il n’y a pas de surinfection et que l’on ne se gratte pas trop ». Les signes généraux d’accompagnement de ces éruptions cutanées peuvent être la fièvre, des courbatures, des ganglions.

Quand il ne s’agit que de boutons sur la peau, comme dans la plupart des cas, ce n’est pas trop grave. « Si ça touche les muqueuses et gêne la prise alimentaire ou provoque des douleurs intenses au moment d’aller à la selle, c’est plus compliqué et peut nécessiter d’être hospitalisé », indique le docteur Hélène Coignard.

Par ailleurs, il arrive que certains patients infectés par le Mpox développent des rectites (inflammation du rectum) ou encore des pharyngites. D’autres peuvent être atteints de surinfections bactériennes nécessitant une prise en charge spécialisée.

Qui sont les populations touchées ?

La plupart des cas de Mpox identifiés touchent majoritairement, mais pas exclusivement, les hommes homosexuels multipartenaires non protégés. « Les lésions se développent beaucoup dans les régions ano-génitales, la bouche, puis le torse, le visage… Les rapports non protégés sont à l’origine de multiples contaminations », observe le médecin urgentiste.

En Afrique, où la maladie sévit régulièrement depuis les années 70, les populations les plus impactées sont les enfants, les femmes enceintes, probablement en raison d’une absence de protection vaccinale par le vaccin historique anti-variole. Aux États-Unis, en 2003, le virus n’a fait aucune distinction. « Il y est apparu après l’introduction d’animaux contaminés auprès des humains. »

Les patients infectés par le Mpox doivent s’isoler

Les personnes infectées sont contagieuses dès l’apparition des symptômes et ce jusqu’à la cicatrisation complète des lésions cutanées et la chute des croûtes. L’incubation de la maladie dure de 5 à 21 jours, avec une moyenne de 7 jours.

La guérison se constate au bout de deux à quatre semaines. « On ne sait toutefois pas combien de temps le virus reste dans les sécrétions sexuelles. De ce fait, il est recommandé le port du préservatif encore 8 semaines après la guérison… comme pour tout rapport sexuel à risque », insiste le médecin.

Contrairement aux souches précédentes, la souche Ib provoque une forme plus grave et contagieuse de la maladie. Les éruptions cutanées sont généralisées sur tout le corps. Son taux de mortalité est estimé à 3,6 %, a indiqué l’OMS. Le nombre d'enfants en bas âge contaminés laisse penser que la transmission se fait plus facilement via les fluides corporels (salive, sueur…) que par les rapports sexuels.

Les patients qui ont contracté le Mpox doivent s’isoler pour éviter toute contamination d’autrui. « La transmission cutanée est assez importante. Il faut désinfecter les surfaces utilisées, ramasser les croûtes qui tombent et les mettre dans des sacs dédiés, couvrir ses lésions avec des compresses, des gants… », reprend le docteur Coignard. Masques et gestes barrières sont de rigueur.

Un vaccin contre le Mpox

L’infection peut se traiter avec un médicament antiviral, le Técovirimat, autorisé en France depuis le 28 juin 2022. « On soigne les douleurs avec des antalgiques, les surinfections antibactériennes avec des antibiotiques. Des antihistaminiques peuvent être administrés pour éviter le grattage de la peau », commente le médecin urgentiste.

Un vaccin existe également, commercialisé sous le nom de « Imvanex » en Europe. Il a été massivement utilisé lors de la crise de 2022 en vaccination des populations à risque. C’est celui qui a permis d’éradiquer la variole. « Il s’agit plus précisément de la 3e génération de ce vaccin, mieux toléré, avec moins d’effets secondaires. » Dans l’idéal, le vaccin doit être administré dans les 4 jours après le contact à risque et au maximum 14 jours après.

La Haute autorité de santé rappelle que quelle que soit l’efficacité du vaccin après une ou deux doses, celle-ci ne sera jamais de 100 %. La prévention doit être combinée avec la vaccination. Les symptômes du Mpox se manifestent en principe rapidement, ce qui permet une prise en charge et une mise à l’isolement dans de brefs délais. Les hôpitaux, qui ont eu à gérer la vague de 2022, sont formés aux bons diagnostics et aux soins adaptés.

Pour aller plus loin
Virus Mpox : questions-réponses sur le site du ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités.

L’institut Pasteur mobilisé face au virus Mpox

L’institut Pasteur a indiqué, le 19 août 2024, intensifier ses recherches pour contribuer à combattre et à endiguer les épidémies liées au virus Mpox afin, notamment, d’aider à identifier les réservoirs d’animaux où l’infection circule. Son centre médical, spécialisé en médecine de voyage, avait déjà pris en charge des personnes contaminées lors de la précédente épidémie de 2022. 

L’institut de santé se tient prêt pour engager, sur demande des autorités sanitaires, les mesures nécessaires pour analyser les prélèvements suspects réalisés dans son centre médical et dans les établissements hospitaliers parisiens. Il propose de tester les patients présentant des symptômes propres au Mpox et de vacciner dans ses murs toutes les personnes issues des populations ciblées par les recommandations sanitaires. 

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Commentaires

merci, tres bon article geoffrey

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