Tout savoir sur la maladie d’Osgood-Schlatter

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Solal Duchêne

Temps de lecture estimé 4 minute(s)

Tout savoir sur la maladie d’Osgood-Schlatter
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Cette maladie de croissance touche les enfants et les adolescents, en particulier les plus sportifs. Elle entraîne des douleurs au genou et nécessite souvent l’arrêt de l’activité physique. Quelles sont les causes de la maladie d’Osgood-Schlatter ? Pourquoi touche-t-elle les plus jeunes ? Comment la traiter ?

Son nom lui vient des deux premiers médecins à l’avoir décrite, aux Etats-Unis et en Suisse, au début du 20ème siècle. La maladie d’Osgood-Schlatter est une pathologie souvent bénigne, localisée au niveau de l’articulation du genou. Elle touche principalement les enfants et les adolescents sportifs, en général entre 12 et 15 ans.

Qu’est-ce que la maladie d’Osgood-Schlatter ?

Il s’agit d’une atteinte des zones de croissance de l’os et du cartilage (ostéochondrite),. « On parle plus particulièrement d’une inflammation du cartilage de croissance », précise Laurant Grange, rhumatologue au CHU de Grenoble Alpes. Dans le cas de la maladie d’Osgood-Schlatter, le cartilage concerné est situé dans l’articulation du genou, à l’endroit où le tendon de la rotule s’insère dans le haut du tibia : la tubérosité tibiale antérieure (TTA).

La plupart du temps, cette inflammation ne touche qu’une seule jambe. « Mais dans 30% des cas, les deux genoux peuvent être affectés simultanément », observe Laurent Grange.

Quelles en sont les causes ?

« La maladie d’Osgood-Schlatter est provoquée par une sur-sollicitation de l'appareil extenseur chez l’enfant et l’adolescent », détaille Laurent Grange. Celui-ci comprend notamment les muscles de la cuisse, les tendons du genou et la rotule. Ce surmenage est en général du à une hyperactivité sportive.

D’après le docteur Grange, le risque d’en souffrir est renforcé au-delà de 2 à 3 entraînements par semaine, et en cas de travail musculaire inadapté à l’entrainement. Il peut s’agir d’une mauvaise posture pendant l’effort, d’un geste technique mal réalisé, ou encore d’une raideur trop importante.

Mais pourquoi cette pathologie ne concerne-t-elle que les plus jeunes ? « Au moment de l’adolescence, le cartilage de croissance est en cours d’ossification. Il est donc plus fragile et le risque d’inflammation est élevé en cas de surmenage articulaire », décrypte Laurent Grange. Pour cette raison, dans des cas plus rares, l’affection peut se manifester dans le cas d’une croissance très rapide, sans que l’enfant ne soit sportif.

Diagnostiquer la maladie d’Osgood-Schlatter

Un examen clinique est la première étape du diagnostic, avec interrogatoire du patient. Le médecin va alors chercher un gonflement à l’avant du genou, accompagné de douleurs à la palpation ainsi qu’à l’effort. Celles-ci doivent être calmées au repos.

Ensuite, une radiographie va permettre d’éliminer d’autres causes, comme une tumeur osseuse ou une inflammation de l’articulation. En dernier recours, si des doutes subsistent, une échographie peut-être demandée, « mais l’examen clinique est en général suffisant pour poser le diagnostic », témoigne le docteur Grange.

Comment l’éviter ?

Une pratique sportive raisonnable diminue le risque de développer cette pathologie. « Il faut savoir ne pas dépasser ses limites, ce qui peut être difficile pour les jeunes sportifs de haut niveau », alerte le rhumatologue.

Certains sports vont favoriser les extensions répétées et les sauts, qui occasionnent des microtraumatismes à l’articulation. C’est le cas du football, du basket ou encore du volley-ball. « C’est surtout la pratique intense du sport en période de croissance qui pose problème », tempère Laurent Grange, qui ne déconseille pas la pratique de ces activités.

Quels sont les traitements ?

La prise en charge se fait chez un médecin généraliste ou un pédiatre. Celui-ci peut orienter vers un kinésithérapeute, ou un médecin du sport, pour des soins spécifiques. « Le principal traitement est la mise au repos, explique Laurent Grange. Le patient doit rester mobile, mais totalement arrêter les sauts et les mouvements entraînant une douleur ». Pour celle-ci, on peut se voir prescrire des anti-inflammatoires. Des séances de kinésithérapie sont recommandées, avec des exercices d’étirement qui seront ensuite à réaliser chez soi.

Dans certains cas, des semelles orthopédiques peuvent être prescrites. Elles sont remboursées à 60% par l’Assurance maladie, en cas de prescription médicale, et à 100% dans le cas d’une affection longue durée (ALD). Attention, ce montant ne comprend pas les dépassements d’honoraires.

Les soins sont pris en charge par la sécurité sociale, dans le cadre du parcours de soins coordonné. « Osgood-Schlatter est une maladie bénigne qui guérit dans 98% des cas », rappelle Laurent Grange. Dans les 2% restant, la chirurgie est envisagée.

La période d’arrêt est comprise entre 6 et 18 mois, selon l’évolution. Un délai qui peut être délicat à gérer pour les sportifs de haut niveau, ou les adolescents particulièrement actifs. Car si l’on ne se met pas au repos, la guérison peut être retardée, et les symptômes gagner en intensité. « Il faut respecter la règle de la non-douleur, énonce le rhumatologue. On ne reprend l’activité physique que lorsqu’elle a totalement disparu, sous peine de rechuter. »

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