Tout savoir sur le rééquilibrage alimentaire

Publié le

Paola Da Silva

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rééquilibrage alimentaire
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Parfois confondu avec le terme de régime, le rééquilibrage alimentaire a en premier lieu un objectif de santé. S’il sert la plupart du temps à perdre du poids, son but est de corriger les mauvaises habitudes alimentaires des patients dans la durée, tout en gardant la notion de plaisir.

Le terme de rééquilibrage alimentaire, parfois assimilé à tort à celui de régime, définit pourtant un concept assez différent. Le rééquilibrage alimentaire consiste en effet à améliorer son alimentation afin qu’elle couvre les besoins du corps de façon optimale et qu’elle lui fournisse tout ce dont il a besoin : protéines, lipides et glucides dans les bonnes quantités. « Le terme en lui-même est assez explicite, on parle vraiment d’atteindre un équilibre », explique le docteur Perle Sayedoff, médecin nutritionniste responsable d’un hôpital de Jour spécialisé en nutrition en Île-de-France.

Les médecins ou diététiciens qui le mettent en place chez un patient ont pour objectif de corriger leurs mauvaises habitudes, qu’ils peuvent pourtant parfois penser bonnes. « On effectue donc au départ un bilan avec le patient pour savoir si son alimentation correspond à son profil, en fonction de son sexe, son âge, son métier, s’il pratique ou non une activité physique… » L’objectif est d’abord de le maintenir en bonne santé, en fonction de son mode de vie et de ses besoins.

Le souhait de perdre du poids

Le rééquilibrage alimentaire peut donc en théorie être appliqué à tout le monde. Reste que, dans la réalité, la très grande majorité des consultations pour rééquilibrage alimentaire est motivée par un objectif de perte de poids. Or, le rééquilibrage alimentaire a un fonctionnement très différent de celui d’un régime.

« Les régimes sont par définition ponctuels, alors qu’un rééquilibrage alimentaire, c’est à vie ! C’est une modification durable des habitudes alimentaires. C’est un point que j’explique systématiquement à mes patients », raconte Carine Rolland, diététicienne-nutritionniste à Nantes, et formatrice en nutrition auprès des établissements scolaires.

Les régimes sont par ailleurs déconseillés car frustrants et restrictifs. « Souvent les régimes réduisent beaucoup le gras, le sucre et/ou les féculents. Or, si on n’a pas de glucides, le corps n’a plus de carburant pour bien fonctionner. Quant au régime hyperprotéiné, très à la mode actuellement, il est déséquilibré. On a trop de protéines et pas assez de glucides… ce qui peut entraîner des envies de sucre ! »

Ne se priver de rien

Le risque des régimes à moyen et long terme, est de reprendre plus de poids qu’on en a perdu. C’est le fameux « effet yoyo ». « La frustration entraîne la compensation. C’est l’un des gros problèmes des régimes, et il y a des risques de carences, voire de dénutrition, détaille le docteur Sayedoff. Lors d’un rééquilibrage alimentaire, on interdit aucun aliment. On explique au contraire aux gens qu’ils ont le droit de se faire plaisir, qu’il faut arrêter de se priver et, tout simplement, manger mieux. » Les résultats sur le poids sont en général moins rapides mais plus durables, les patients ayant réappris à manger correctement.

« Pour perdre du poids, les médecins ou diététiciens jouent sur les quantités et expliquent la règle du 1/3, 1/3, 1/3. » Une théorie simple à retenir qui donne la répartition des proportions à respecter au déjeuner et au dîner, soit un tiers de féculents, un tiers de protéines et un tiers de légumes, en évitant au maximum les produits transformés.

« On n’empêche pas non plus le patient de sortir, mais il faut qu’il soit raisonnable, et se pose des questions : des frites au restaurant, pourquoi pas. Mais ai-je un légume en accompagnement ? Combien de fois dans la semaine y suis-je allé ? La notion de fréquence est importante ! »

Diabète, allergies, fatigue… les autres motifs de consultation

En dehors du surpoids et de l’obésité, qui ont par ailleurs un réel impact sur la santé, d’autres motivations peuvent pousser les patients à demander un rééquilibrage alimentaire, en général liées à une pathologie. « Les patients qui souffrent de diabète et de cholestérol consultent bien sûr beaucoup », détaille le docteur Perle Sayedoff. Mais elle reçoit aussi des patients atteints de la maladie de Crohn ou ayant des addictions, des allergies alimentaires… Toutes ont besoin de savoir comment équilibrer leur alimentation en fonction de leur pathologie.

Le rééquilibrage alimentaire fait alors partie intégrante du traitement, bien qu’il ne remplace pas pour autant la prise de médicaments. « Dans le cas de ces pathologies, nous prescrivons en général des prises de sang en complément ou encore des échographies pour vérifier l’état du foie des patients ».

Enfin, l’un des autres motifs de consultation est la fatigue, les gens ayant une alimentation déséquilibrée souffrant en général de carences. « On constate en outre au fil du temps, en suivant les patients sur plusieurs mois, qu’ils sont moins fatigués une fois le rééquilibrage mis en place, précise Carine Rolland. Ceci, grâce aux apports adaptés en nutriments. »

Modifier complètement son mode de vie

En dehors de la modification de l’alimentation qui est le point clé du rééquilibrage alimentaire, diététiciens comme médecins nutritionnistes évoquent toujours l’activité physique avec leurs patients. « Je leur demande systématiquement quel est leur niveau de sport ou d’activité physique. Et s’il est faible, j’établis un objectif avec eux par le biais de séances de kinésithérapie ou d’Activité Physique Adaptée (APA)  », explique le docteur Sayedoff. Une activité qui peut au départ juste se résumer à de la marche douce régulière, puis s’intensifier au fil du temps.

L’autre axe de changement évoqué par les professionnels de santé est le stress et le sommeil. « L’anxiété et le manque de sommeil favorisent la prise de poids », indique Carine Rolland. « Le rééquilibrage alimentaire améliore en général aussi le sommeil et peut même avoir un effet bénéfique sur le moral. Tout est lié. »

Un rééquilibrage alimentaire correctement suivi est donc en général le point de départ vers une meilleure hygiène de vie, adoptée de manière durable. « Alimentation, activité physique, psychologie… nous allons toujours travailler sur ces trois axes en même temps, assure le docteur Perle Sayedoff. Quand on fait un rééquilibrage alimentaire, on fait un rééquilibrage un peu plus large. On se remet au sport, on prend ses médicaments, on fait attention à son sommeil afin de rentrer dans un cercle vertueux. On prend soin de soi. Ce ne peut être que positif. »

Rédigé par

  • Paola Da Silva

    Journaliste généraliste spécialisée en santé et développement durable.

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