Maison de répit : offrir du repos aux aidants et aux aidés

Publié le , actualisé le

Paola Da Silva

Temps de lecture estimé 5 minute(s)

Maison de répit : offrir du repos aux aidants et aux aidés
© Thibaut de Rohan

Premier établissement de ce type en France, la Maison de répit du Rhône a ouvert ses portes en octobre 2018. Son rôle est d’accueillir aidants et aidés pour des séjours courts. Pour leur permettre de se reposer et de couper avec un quotidien souvent épuisant. En 2026, la Maison de répit d’Île-de-France ouvrira ses portes à Boulogne-Billancourt, à proximité de Paris.

Casser la routine, accepter de se faire aider, reprendre des forces… Se reposer, tout simplement. Tels sont les objectifs de la première Maison de répit en France. Située à Tassin la Demi-lune, à 10 minutes du centre-ville de Lyon, elle a ouvert ses portes le 1er octobre 2018. « Cette maison propose d’accompagner les familles ou couples composés d’aidants et d’aidés dont le quotidien est très bouleversé », explique Henri de Rohan-Chabot, délégué général de la Fondation France Répit et créateur des Maisons de répit.

« Notre proposition est un peu décentrée du patient. Notre objectif n’est pas directement thérapeutique. Nous sommes là pour offrir un temps de repos et d’accompagnement aux personnes malades ou handicapées et à leurs proches aidants. »

Une équipe mobile et une maison

Le projet de la Fondation France Répit comporte en réalité deux dimensions : une équipe mobile et la Maison de répit elle-même. « Notre équipe mobile est composée de sept salariés dont deux médecins, deux psychologues, une infirmière et une assistante sociale. C’est l’équipe qui prend l’appel initial de la personne sollicitant notre aide, que ce soit un malade, un aidant, un médecin ou encore une structure sociale (1) », détaille Henri de Rohan-Chabot.

Si la personne répond aux critères d’inclusion (résider dans la métropole de Lyon, être âgé de moins de 60 ans notamment), l’équipe se rend ensuite à son domicile gratuitement pour faire une évaluation complète de sa situation. « La discussion se passe sur un mode informel. Nous essayons de sentir si la personne souffre d’inquiétude ou d’épuisement. Nous cherchons aussi à connaître quels sont les impacts familiaux, professionnels, sociaux et financiers de la situation sur la personne ou ses proches. Notre but est d’avoir une vision la plus large possible. Nous proposons ensuite des solutions : orienter la personne vers les professionnels ou les services ressources adaptés à sa situation et, si cela est opportun, un séjour à la Maison de répit. »

Jusqu’à 30 jours par an

Même si le dispositif géré en partenariat avec la Fondation OVE est plutôt centré sur les besoins des aidants, la Maison de répit accueille les patients. « Les personnes peuvent nous confier leur proche ou venir avec lui dans la maison. Nous assurons la surveillance médicale 24 heures sur 24. » Le proche accompagnant n’est pas forcément le conjoint, l’enfant ou le parent. « Un grand-parent peut tout à fait venir avec son petit-enfant par exemple. Nous proposons pour cela plusieurs solutions de logement, dont un petit appartement. »

Le sommeil est particulièrement pris en compte. « Une de nos priorités est de faire en sorte que les personnes puissent dormir sereinement, se reposer, prendre soin d’elles », insiste Henri de Rohan-Chabot. « Nous prenons ensuite le temps d’accompagner les aidants. Ils peuvent discuter avec un psychologue. Et tous bénéficient de l’ensemble des avantages du site : la salle de lecture, l’aire de jeux, le spa, le parc boisé… Tout cela jusqu’à 30 jours par an, continus ou fractionnés. C’est à la carte. » L’association Jeanne Cœur, créée à l’origine de la Maison, porte le service de bénévolat des activités proposées aux aidants chaque jour. 

Une Maison de répit par région

Huit ans après son ouverture, la Maison de répit accompagne près de 450 familles, tous les ans. Des centaines d’aidants et de malades ont pu bénéficier de repos dans ce site pour 20 € par jour. « Nous avons obtenu l’agrément de l’Agence régionale de santé, qui finance le budget de fonctionnement. Les 20 € par jour restant à la charge des familles comprennent la nuit et trois repas. »

Forte du succès de la Maison, la Fondation France Répit ouvrira en 2026 la Maison de Répit d’Île-de-France (2), à Boulogne-Billancourt, à proximité de Paris – la première pierre étant posée le 16 octobre prochain. « Près de huit ans après son ouverture, le retour des familles est extrêmement positif. Il nous conforte dans l’idée que c’était indispensable et que ça marche. Le besoin est là, à nous désormais de déployer ce projet sur une plus grande partie du territoire. » À terme, la fondation espère ouvrir une Maison de répit par région.

La Maison de répit du Rhône en chiffres

  • 21 chambres et 1 appartement
  • 23 personnes présentes (médecins, psychologues, infirmiers…) sur le site
  • 80 bénévoles

(1) L’équipe mobile de répit peut être contactée par téléphone au 04 69 85 99 87 du lundi au vendredi, de 9h à 17h ou par mail à contact@maison-repit.fr

(2) Ouverture en partenariat avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, PALIPED, Équipe Régionale Ressource en Soins Palliatifs Pédiatriques d’Île-de-France, et la Fondation Saint Jean de Dieu. Elle accueillera les enfants, adultes et personnes âgées malades, en situation de handicap ou de perte d’autonomie et leurs proches aidants.

Rédigé par

  • Paola Da Silva

    Journaliste généraliste spécialisée en santé et développement durable.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.
Tous les champs sont obligatoires.

Ce site utilise un système anti- spams pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A lire aussi