Système de santé : une grande consultation nationale pour bâtir des solutions

Publié le

Didier Le Gorrec

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Système de santé : une grande consultation nationale pour bâtir des solutions
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Fin 2025 ont été lancés les États généraux de la santé et de la protection sociale. Dans un contexte où les inquiétudes grandissent quant à l’avenir de notre système solidaire, contribuer à cette grande consultation est une manière directe de peser sur son devenir. Vous aussi, participez à cette démarche collective en ligne, avant le 17 février 2026.

Et si on réfléchissait tous ensemble à la façon d’améliorer le système de santé ? C’est le défi collectif que viennent de lancer sept organismes, dont la Mutualité Française et l’Association des assureurs mutualistes (1). Ce défi prend vie sous la forme des États généraux de la santé et de la protection sociale. Créée le 17 novembre 2025, cette initiative de grande ampleur vise à remettre les Français au cœur de la réflexion. L’objectif n’est pas seulement d’ouvrir un débat, mais de coconstruire des propositions concrètes et capables de nourrir le débat public de manière durable.

Un modèle social apprécié mais dont on perçoit l’affaiblissement

Cette démarche est d’autant plus pertinente que les Français eux-mêmes s’inquiètent pour la pérennité de leur système de santé et de protection sociale. Il n’a échappé à personne que, depuis plusieurs années, les signaux d’alerte se multiplient autour de l’état de ce système. Les résultats du sondage Odoxa commandé en novembre 2025 pour les États généraux sont d’ailleurs sans appel : si les Français restent profondément attachés à leur modèle solidaire, ils sont tout aussi nombreux à craindre son affaiblissement. Neuf Français sur dix déclarent apprécier leur système, qu’ils jugent meilleur que celui de nombreux pays comparables. 

Pourtant, 82 % pensent qu’il deviendra plus inégalitaire à l’avenir, et 88 % redoutent que les orientations budgétaires actuelles en dégradent la qualité. Ce paradoxe dit tout de la situation : un modèle auquel on tient, mais dont on perçoit clairement les fissures.

Cette inquiétude croissante ne se limite pas au diagnostic. Elle se traduit aussi par une attente forte de participation démocratique : 82 % des personnes interrogées estiment que c’est en consultant directement les citoyens que l’on trouvera les meilleures solutions pour rénover notre système de santé. À l’approche des échéances électorales, municipales puis présidentielles, la question devient centrale. Pour 83 % des électeurs, les propositions des candidats en matière de santé pèseront lourd dans leur vote.

Redonner la parole aux citoyens

C’est dans ce contexte inédit qu’ont été lancés les États généraux de la santé et de la protection sociale. Cette mobilisation se fait dans le cadre d’un pilotage collégial et démocratique. Aux côtés des sept partenaires qui portent la démarche, deux garants, les professeurs Agnès Buzyn et Antoine Flahaut, veilleront quant à eux à la transparence et à l’intégrité du processus. Le fonctionnement de ce grand chantier collectif se veut ouvert, transparent et profondément démocratique. 

Tous les sujets peuvent être abordés, sans tabou ni totem : accès aux soins, prévention, handicap, vieillissement, financement, santé environnementale, numérique, santé au travail ou encore gouvernance. L’ambition est claire : redonner un souffle collectif à notre modèle social, en dépassant les visions trop souvent limitées au prisme budgétaire.

La participation est simple et accessible

La première étape consiste en une consultation accessible à tous. Il suffit de se rendre sur placedelasante.fr pour y contribuer, de manière anonyme et sans inscription, jusqu’au 17 février 2026. Quelques minutes suffisent pour faire entendre sa voix, exprimer ses constats, partager son expérience ou formuler des propositions. C’est un geste citoyen à la fois individuel et profondément collectif, qui peut réellement peser dans la construction des politiques publiques de demain. Les réponses recueillies dans cette phase constitueront le socle de la suite de la démarche.

À partir de mars 2026, ces contributions alimenteront une phase de coconstruction répartie entre ateliers territoriaux, groupes de travail nationaux et une convention démocratique réunie en juillet. L’objectif est alors de transformer la matière citoyenne en pistes d’action solides. Enfin, une dernière phase de convergence permettra, à l’automne 2026, de formuler une série de propositions finales présentées lors d’un forum national. Ce calendrier long, inscrit dans les territoires, vise à garantir la qualité des réflexions autant que leur légitimité.

Participer, c’est affirmer que la santé est un bien commun ; que la protection sociale nous concerne toutes et tous ; et que l’avenir de ce modèle dépend aussi de notre capacité collective à en débattre et à le réinventer. L’enjeu dépasse les clivages ou les appartenances : il s’agit de bâtir ensemble un système plus juste, plus résilient et mieux adapté aux défis de demain.

(1)    Les 7 organisations coporteuses de la démarche sont La Mutualité Française, l’Association des Assureurs Mutualistes, la CFDT, la FEHAP (Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne), l’Uniopss (Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux), l’UNPS (Union nationale des professionnels de santé), l’Unsa (Union nationale des syndicats autonomes).

Rédigé par

  • Didier Le Gorrec

    Journaliste spécialisé dans les sujets mutualistes et ESS ainsi que dans les problématiques liées à la prévoyance.

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