Test HPV remboursé : ce qui change pour le dépistage du cancer du col de l’utérus

Publié le

Pauline Hervé

Temps de lecture estimé 3 minute(s)

Test HPV remboursé : ce qui change pour le dépistage du cancer du col de l’utérus
© Getty Images

Depuis fin mars, le test qui détecte les papillomavirus humains, responsables de plusieurs cancers dont celui du col de l’utérus, est pris en charge par l’Assurance-maladie. Cela va permettre un dépistage plus efficace de la maladie, responsable de 1 000 décès par an.

Qu’est-ce que le test HPV ?

Le HPV (human papillomavirus) est un virus, ou plutôt des virus car il en existe plusieurs types. Ils sont le plus souvent anodins. Mais certains papillomavirus peuvent être à l’origine de cancers, dont celui du col de l’utérus (3 000 nouveaux cas détectés par an) mais aussi du vagin, de la verge, de l’anus, de la bouche et de la gorge.

Le test HPV est utilisé pour rechercher la présence de ces virus à partir d’un prélèvement de cellules du col de l’utérus. Jusqu’ici, il n’était pas remboursé par l’Assurance maladie.

Quelle différence entre test HPV et frottis ?

Le frottis, ou analyse cytologique, était jusqu’alors recommandé tous les trois ans pour les femmes âgées de 25 à 65 ans. Il consiste à prélever des cellules du col de l’utérus, afin de vérifier l’absence de lésions dues au HPV (lésions bénignes ou lésions précancéreuses). « Le frottis est un examen qui manque de sensibilité et qui peut avoir des faux négatifs », explique le Dr Julia Maruani, gynécologue et secrétaire générale de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV).

Le test HPV sert, lui, à détecter si la patiente est, ou non, porteuse d’un papillomavirus. « Les femmes doivent savoir que ce nouveau test est beaucoup plus fiable et sensible que la cytologie (frottis). Et grâce à lui, le dépistage sera plus performant, précise la gynécologue. En 2019, la Haute Autorité de santé a émis une recommandation pour l’utilisation du test HPV en première intention en dépistage. Or il n’était toujours pas pris en charge par l’Assurance maladie, ce qui empêchait certaines femmes d’y avoir recours (il coûte une trentaine d’euros). »

Qu’est-ce qui change avec le remboursement de ce test ?

Le rythme du dépistage du cancer du col de l’utérus va changer. Ce test sera pratiqué tous les cinq ans pour les femmes entre 30 et 65 ans. « Cet intervalle est largement suffisant pour dépister les personnes qui sont infectées par le HPV, explique le Dr Maruani, car entre une infection au papillomavirus et le développement de lésions précancéreuses, il se passe plusieurs années, entre cinq et dix ans ».

Si le test révèle la présence d’une infection au virus, le médecin demandera un frottis à partir du même prélèvement. Un test positif (présence de HPV) ne signifie pas du tout que l’on a des cellules précancéreuses. « Quasi tout individu sera, à un moment de son existence, en contact avec un papillomavirus. Mais dans la majorité des cas, l’infection est transitoire, l’organisme l’élimine et il n’y aura aucune conséquence sur la santé », explique le Dr Julia Maruani.

Pourquoi ne pas réaliser le test HPV avant 30 ans ?

« Les infections à HPV transitoires (qui sont éliminées naturellement par l’organisme, ndlr) sont très fréquentes chez les femmes jeunes. Leur détection exposerait à des traitements inappropriés, augmentant ainsi les risques de complications lors de grossesses ultérieures. » De plus, à cet âge, les femmes sont moins à risque de développer des lésions cancéreuses du col de l’utérus. Avant 30 ans, il est donc toujours recommandé de pratiquer un frottis tous les trois ans, après deux premiers frottis à un an d’intervalle.

Rédigé par

  • Pauline Hervé

    Journaliste spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (prévention, innovation et recherche, soins...)

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