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Travail et fortes chaleurs : quels conseils ?
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Infographie - Travail et fortes chaleurs : quels conseils ?
En France, les périodes de fortes chaleurs ne sont plus des événements isolés. Elles s’avèrent de plus en plus longues, répétées et intenses. L’été le plus chaud depuis 1900 dans l’Hexagone a eu lieu en 2003. Les trois suivants, en ordre décroissant de température, sont intervenus plus récemment, en 2022, 2018 et 2023. (1)
L’activité physique augmente les risques liés à la chaleur
Le monde du travail ne peut plus ignorer les risques sanitaires liés à la chaleur. Selon l’INRS (2), ces derniers interviennent « au-delà de 30°C pour une activité sédentaire, et de 28°C pour un travail nécessitant une activité physique ». Ils vont de la simple déshydratation au « coup de chaleur » (voir ci-dessous), en passant par l’insolation ou par des effets indirects comme la somnolence qui, en situation de travail, peut entraîner de graves conséquences.
En France, entre 14 % et 36 % des travailleurs seraient particulièrement exposés à la chaleur (3). Parmi eux, les professionnels travaillant de façon plus ou moins permanente à la chaleur (dans l’industrie, la boulangerie, les métiers du textile…), mais aussi ceux du bâtiment et des travaux publics, l’agriculture, le transport… Enfin, avec l’augmentation des températures estivales, les personnes travaillant dans les bureaux sont, elles aussi, de plus en plus concernées.
L’employeur doit prendre en compte les risques liés à la chaleur
À l’heure actuelle, notre Code du travail ne fixe pas de température au-delà de laquelle un salarié pourrait s’arrêter de travailler. Cependant, l’employeur est tenu d’assurer la santé et la sécurité de ses salariés. À ce titre, il doit lister les risques liés aux ambiances thermiques dans un « document unique d’évaluation des risques ». Il est également tenu d’adopter les mesures de prévention et protection nécessaires.
Le décret du 27 mai 2025, qui doit entrer en application le 1er juillet 2025, est venu renforcer les obligations des entreprises en cas de fortes chaleurs, en les reliant aux seuils de vigilance jaune, orange et rouge définis par Météo France. Concrètement, dès lors que le dispositif de Météo France passe en « niveau jaune » (soit un pic de chaleur d’un ou deux jours), l’employeur doit prendre des mesures adaptées à la situation et veiller notamment à :
- Renouveler l’air de façon à éviter les élévations exagérées de température dans les locaux de travail fermés.
- Mettre à disposition de l’eau potable et fraîche (3 litres minimum pour le secteur du BTP).
- Adapter les horaires de travail et suspendre les tâches pénibles aux heures les plus chaudes.
- Aménager les postes de travail et mettre en place des dispositifs filtrants, occultants, de ventilation ou de brumisation.
- Fournir aux salariés des moyens de protection contre les fortes chaleurs et/ou de rafraîchissement (par exemple des vêtements de travail de couleur claire, ce qui suppose des commandes en amont).
- Informer les salariés.
- Prendre en compte les situations particulières, celles liés aux postes de travail mais aussi celles des personnes particulièrement vulnérables : les femmes enceintes, les personnes souffrant de pathologies chroniques ou en situation de handicap.
Dans le cas où une telle liste de mesures ou actions de prévention n’est pas définie, l’inspection du travail peut mettre en demeure l’employeur de l’établir.
Chacun doit prendre ses précautions
Face aux risques liés à la chaleur, chacun doit également prendre ses précautions. Il est important d’informer son employeur de son éventuelle vulnérabilité à la chaleur (voir plus haut). Et sur le plan pratique, le guide de préconisation de l’OPPBTP donne les consignes individuelles suivantes, qui valent pour tous les secteurs d’activité :
- Boire régulièrement de l’eau sans attendre d’avoir soif.
- Éviter les boissons alcoolisées, sucrées ou caféinées.
- Se rafraîchir le corps (au moins le visage et les avant-bras) plusieurs fois par jour.
- Éviter de s’exposer en plein soleil aux heures les plus chaudes.
- Limiter les efforts physiques aux heures les plus chaudes.
- Faire des pauses fréquentes à l’ombre ou dans un endroit frais et ventilé.
- Porter des vêtements de travail de couleur claire et qui permettent l’évaporation de la sueur.
- Manger en quantité suffisante des plats légers et riches en eau (fruits et légumes).
Enfin, si l’on peut télétravailler, il faut peser le pour et le contre entre les inconvénients liés aux transports sous la chaleur et la possibilité de profiter de locaux de travail qui sont souvent climatisés.
Pour aller plus loin :
• Les recommandations du ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles.
• Dossier sur le travail à la chaleur sur le site de l’INRS.
(1) Sur l’ensemble de l’été 2023, la température moyenne (jour et nuit confondus) a été de 21,8 °C, et supérieure à la normale 1991-2020 de 1,4 °C. Source : Météo France.
(2) INRS : Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.
(3) Chiffres cités dans la note de France Stratégie « Le travail à l’épreuve du changement climatique », juin 2023.
Comment réagir face au coup de chaleur ?
Rare mais mortel dans 15 % à 25 % des cas, le coup de chaleur intervient en cas d’exposition prolongée à des températures élevées et est souvent associé à un effort physique. Comme il s’agit d’une urgence vitale, il est important, pour soi ou ses collègues, de savoir en reconnaître les signes : maux de tête, pouls et respiration rapide, fatigue inhabituelle, propos incohérents, perte de connaissance.
Il faut alors appeler les secours (en composant le 15), rafraîchir la personne en la transportant à l’ombre ou en l’aspergeant d’eau, et alerter l’employeur.
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