Sept conseils pour bien préparer sa consultation médicale
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1/Préparez les questions à poser à votre médecin
Avant un rendez-vous médical, il est crucial de se demander ce que l’on en attend. « Bien sûr, le contexte est déterminant et la préparation ne sera pas la même selon que vous consultez votre médecin de famille pour un mal de gorge ou un spécialiste, à l’hôpital, pour un motif inquiétant, remarque le Dr Bruno Fron (1), médecin généraliste. Mais dans tous les cas, il est nécessaire de faire le point : Qu’est-ce qui me préoccupe ? Qu’est-ce que je ressens ? Qu’ai-je compris de ce qui m’arrive ? »
Selon la situation de chacun, cette réflexion fera émerger des questions plus précises, à coucher sur le papier. « L’avantage de l’écrit est qu’il permet de garder le cap malgré l’émotion, remarque le médecin. Car si le motif de consultation est empreint de gravité, il peut arriver que le patient perde pied. Dans un moment comme celui-ci, pouvoir s’appuyer sur un écrit est une aide précieuse. »
Attention, toutefois, à ne pas inonder le praticien de questions. « Il est utile d’en préparer quelques-unes, mais il ne faut pas arriver en ayant déjà construit le rendez-vous dans sa tête, prévient le Dr Laurence Netter, dermatologue esthétique et médicale. Une consultation est avant tout un dialogue et il faut faire confiance au médecin pour donner à son patient les renseignements essentiels concernant le diagnostic, le traitement et les éventuels effets secondaires. »
Pensez-y : « Quelle que soit la spécialité consultée, n’hésitez pas à demander le délai dans lequel le traitement doit agir et/ou dans quel délai il est nécessaire de reconsulter, indique le Dr Laurence Netter. Les symptômes liés à une infection traitée par antibiothérapie sont, par exemple, censés disparaître dans un délai donné. Si ce n’est pas le cas, une nouvelle visite s’impose. »
2/Listez vos antécédents
Lors d’une première consultation médicale, que ce soit chez un médecin généraliste ou chez un autre spécialiste, vous devrez indiquer vos antécédents médicaux (maladies, interventions chirurgicales), familiaux (cancer, diabète, maladie cardiovasculaire) et allergiques (à certains médicaments comme la pénicilline par exemple). Mieux vaut alors préparer en amont ce qui doit être dit, et le cas échéant, les antécédents dans la spécialité que l’on consulte.
« Lorsqu’un patient vient me voir parce qu’il souffre d’eczéma, j’ai besoin de savoir s’il a déjà connu de tels épisodes durant l’enfance ou si c’est complètement nouveau, car cela orientera le diagnostic, remarque le Dr Laurence Netter, dermatologue. C’est d’ailleurs vrai pour toutes les spécialités. Si vous consultez pour des maux de ventre et que vous avez déjà eu des ulcères, il est important d’en informer le praticien. »
Pensez-y : Si vous prenez un traitement médicamenteux, informez-en le praticien que vous consultez. Il existe de nombreuses contre-indications entre médicaments, ce qui nécessite de prendre certaines précautions. De même, n’oubliez pas d’informer votre praticien d’une éventuelle grossesse.
3/Faites le point sur vos symptômes
La capacité du patient à décrire ce qu’il ressent est un autre élément crucial. D’où l’importance de réfléchir en amont au vocabulaire à employer pour expliquer à son médecin ce que l’on ressent. La douleur est-elle diffuse ou localisée ? Est-elle constante ou intermittente ? Quelle est son intensité ? S’accompagne-t-elle d’autres symptômes ? etc. « Plus les mots seront précis, plus "l’alliance" avec le médecin sera efficace », souligne le Dr Bruno Fron.
Réfléchissez aussi à « l’historique » de votre symptôme. « Lorsqu’un patient évoque une douleur apparue trois semaines auparavant, il est important pour moi de revenir sur ces trois semaines pour comprendre le contexte dans lequel elle est apparue et la manière dont elle a évolué », indique le Dr Marc Rozenblat, médecin du sport et membre du Bureau du Syndicat des médecins libéraux (SML). Est-ce consécutif à une chute ? Un choc ? N’y a-t-il aucune cause apparente ? Ces précisions peuvent alors être cruciales pour orienter le médecin vers le bon diagnostic et le bon traitement.
Si vous avez déjà consulté un autre praticien pour le même symptôme, pensez aussi à l’évoquer lors de votre rendez-vous. Savoir qu’un traitement a déjà été prescrit mais n’a pas fonctionné est bien sûr une information capitale.
Pensez-y : Allez à l’essentiel lorsque vous expliquez ce qui vous arrive. « Le pays est en manque de médecins et la plupart d’entre eux sont débordés, note le Dr Laurence Netter, dermatologue. Il s’agit donc d’optimiser les rendez-vous (une consultation médicale dure en moyenne quinze minutes) et d’être efficace. De toute façon, si un médecin a besoin d’informations complémentaires, il saura vous les demander. »
4/Apportez vos documents médicaux
Votre médecin traitant vous a prescrit une radiographie il y a plusieurs semaines et vous lui rendez visite pour un suivi. Pensez à l’emporter avec vous, elle vous sera probablement réclamée. De même, si vous consultez un spécialiste pour une pathologie spécifique, il est nécessaire de lui présenter tous les examens qui ont été réalisés en lien avec cette pathologie : radio, scanner, IRM (Imagerie par résonance magnétique )… et pas seulement les comptes-rendus. Car, là encore, ces éléments permettront à la relation médecin-patient de démarrer sur des bases solides.
« Attention néanmoins, s’il est utile d’apporter un maximum de documents en lien avec le motif de consultation, l’examen clinique reste absolument nécessaire, remarque le Dr Marc Rozenblat, médecin du sport. Autrement dit : l’ensemble de ces documents, quand bien même ils s’accompagnent du compte-rendu détaillé d’un radiologue, ne font pas le diagnostic. »
Pensez-y : N’hésitez pas à consulter votre dossier médical partagé (DMP), accessible sur le portail Mon espace santé. Ce carnet de santé numérique centralise toutes vos données de santé (antécédents, traitements, date et compte rendu des derniers examens, derniers vaccins réalisés…) et peut être consulté et alimenté par tous les professionnels de santé. Il vise à faciliter la coordination et le suivi des soins.
5/Jetez un œil dans votre pharmacie
Vous prenez un traitement au long cours délivré sur ordonnance ? C’est peut-être le moment de solliciter votre médecin pour un renouvellement.
De même, avant une consultation médicale, il est recommandé de faire l’inventaire de sa « pharmacie maison » pour savoir de quel médicament d’usage courant vous pouvez éventuellement manquer. Pour rappel, les antalgiques comme le Paracétamol ou un anti-inflammatoire comme l’Ibuprofène ne sont pris en charge par la Sécurité Sociale (à hauteur de 65 %) que s’ils sont prescrits par un médecin.
Pensez-y : Évitez de faire votre propre diagnostic en vous rendant sur Internet ! « Aujourd’hui, on perd de plus en plus de temps à « corriger » des diagnostics, dont les patients se sont convaincus tout seul, remarque le Dr Laurence Netter, dermatologue. De même, il y a beaucoup d’a priori qui circulent sur les traitements, nous obligeant à argumenter auprès des patients pour les convaincre de se soigner. »
6/Munissez-vous d’un carnet et d’un stylo
Quel que soit le motif de votre consultation médicale, votre médecin vous donnera nécessairement des conseils et des recommandations. Il serait dommage que vous n’en reteniez que la moitié. Il est donc souhaitable de prendre des notes afin de quitter la visite avec des éléments solides et précis.
Prévenez votre médecin par correction. « Je recommande toutefois de prévenir le médecin en disant, par exemple, « Permettez-moi de noter ce que vous me dites car je crains, sinon, de ne pas le retenir correctement », suggère le Dr Bruno Fron, médecin généraliste. Car une prise de notes peut paraître incongrue ou déplacée, si elle n’est pas expliquée. »
Pensez-y : Votre médecin traitant est le meilleur interlocuteur pour votre suivi médical. S’il le juge nécessaire, il vous orientera vers un autre spécialiste : cardiologue, rhumatologue, dermatologue… Vous respecterez ainsi le parcours de soins et serez correctement pris en charge. Certains spécialistes peuvent néanmoins être consultés directement : le pédiatre, le psychiatre, le gynécologue (pour certains actes comme la contraception ou le suivi de grossesse) et l’ophtalmologue (pour l’acuité visuelle).
7/N’oubliez pas votre carte Vitale
Afin d’éviter la feuille de soins à remplir et à renvoyer à l’Assurance maladie, pensez à présenter votre carte Vitale afin de bénéficier éventuellement du tiers payant, si le médecin le décide. Pour une visite à l’hôpital, votre carte de mutuelle en cours de validité vous sera également demandée afin de n’avoir aucun frais à avancer. Le tiers payant « intégral » se pratique également dans un certain nombre de centres de radiologie et de centres de santé. Il peut être utile de se renseigner sur ce point au préalable.
De même, emportez votre chéquier car certains médecins ne sont pas équipés de terminal de paiement.
Si vous bénéficiez d’une prise en charge en Affection longue durée (ALD), n’oubliez pas de mettre à jour votre carte Vitale en pharmacie ou dans un centre d’assurance maladie, car cela n’est pas possible chez le médecin. C’est la condition nécessaire pour bénéficier d’une prise en charge à 100 % de vos soins et traitements en lien avec votre maladie.
Pensez-y : Veillez à annuler votre rendez-vous suffisamment à l’avance en cas d’empêchement. Il sera ainsi attribué à un autre patient. Sachez par ailleurs qu’un médecin peut vous refuser un nouveau rendez-vous (sauf urgence) si vous n’avez pas honoré (et pas annulé) le précédent.
(1) auteur de Toute une vie pour eux (L'Iconoclaste, 2023)
« Si la consultation concerne un enfant, il faut lui expliquer ce qu’il va se passer »
Catherine Devoldère est pédiatre et chef de service au CHU d’Amiens. Elle est aussi membre du conseil d’administration de l’association SPARADRAP, qui a pour but de guider les enfants dans le contexte des soins médicaux et hospitaliers.
« Il est crucial d’expliquer à son enfant en quoi va consister une consultation, de manière très factuelle, afin qu’il ne soit pas « pris par surprise » et qu’il comprenne les raisons de cette visite. Car plus un enfant est informé, plus il sera serein et coopérant. Bien sûr, si l’enfant tousse, a de la fièvre, il sera facile de lui décrire le motif du rendez-vous. Mais il faut s’y tenir également, sans doute même davantage, s’il s’agit d’un geste médical invasif, comme un vaccin par exemple.
Accompagner son enfant chez le pédiatre sans lui parler du vaccin qui va lui être fait, c’est courir le risque de trahir sa confiance et donc de créer un précédent. Il aura toutes les raisons, lors d’une prochaine consultation, de se montrer méfiant et apeuré.
Outre les vaccins, une autre question sensible mérite nécessairement une discussion préalable, c’est celle de l’intimité. Certaines consultations pour des signes évoquant un retard de puberté ou une puberté précoce, par exemple, supposent que l’on fasse un examen complet. Or, si l’enfant n’y est pas préparé, le risque est qu’il s’en trouve embarrassé voire choqué et que, là encore, la confiance dans le médecin s’en trouve altérée pour longtemps.
L’association Sparadrap propose des guides et fiches, adaptés à différents âges, accessibles sur sparadrap.org. Ils peuvent être lus avant certaines consultations (chez le médecin, le dentiste, etc.) ou certains soins (un vaccin, une prise de sang, une radio, un scanner, une IRM, l’opération du prépuce, la ponction lombaire). Pour les plus jeunes enfants, qui ne savent pas encore lire, une collection de
vidéos animées "Dis-moi SPARADRAP" est également disponible. »
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Commentaires
JEAN PIERRE
19 septembre 2024 à 14h09