Covid-19 : vigilance face à la reprise des contaminations
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Depuis le mois d’août 2025, les contaminations au Covid-19 sont reparties à la hausse en France. La mi-octobre a enregistré une stagnation du nombre des cas, mais cela ne donne toutefois pas le ton des semaines qui se préparent.
Le docteur Benjamin Davido, infectiologue, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, référent Covid à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, appelle à la prudence. « Il faut se méfier. On a vu par le passé qu’après une stagnation, les contaminations pouvaient très bien reprendre. »
Une circulation très faible du Covid durant l’hiver dernier
L’hiver 2024/2025, le Covid a fait peu parler de lui. Si bien que certains pensaient même qu’il avait disparu. « C’était la première fois depuis le début de la pandémie qu’il n’y avait quasiment pas de circulation hivernale du Covid. Quand on regarde les chiffres, on voit que la reprise date en fait du printemps 2025. Elle a traversé lentement l’été et se poursuit en cette période plus froide », souligne le docteur Benjamin Davido.
Pour le médecin, ce phénomène pourrait s’expliquer par un effet de « compétition virale » avec la grippe. « Le Covid s’est peut-être effacé devant la grippe très virulente qui a sévi l’hiver dernier. Elle a fait 17 000 morts, soit le double de ce qui est recensé en moyenne les années précédentes, tandis que le Covid a eu peu d’impact sur la mortalité. »
La grippe et le Covid ont les mêmes cibles. « Les deux virus sont plus dangereux et mortels pour les personnes âgées, les personnes fragiles et les immunodéprimés », complète l’infectiologue. Autrement dit, les patients qui ont été atteints très fortement, et/ou sont morts de la grippe, sont ceux qui auraient pu faire des formes de Covid graves et décéder en période d’intense circulation de ce virus. « Il serait intéressant d’étudier la trajectoire hivernale des deux épidémies cette année pour observer quelle est leur interaction. »
Un variant du Covid moins mortel mais plus contagieux
Le variant du Covid-19 actuellement dominant se nomme XFG. Il appartient à la même famille qu’Omicron, tout comme les variants Nimbus et Stratus, qui circulent aussi mais sont minoritaires. S’ils sont moins mortels que les premières souches, leur forte contagiosité reste problématique : « Même si XFG est censé faire moins de morts, il touche plus de personnes. De ce fait, le nombre de formes graves et de décès risque d’augmenter mécaniquement », analyse le médecin.
Le référent Covid de l’hôpital de Garches rappelle qu’il ne faut pas exclure que le virus puisse encore désorganiser le système de soins. « Pas comme en 2020, mais il peut être très vorace en termes de consommation de soins et entraîner une tension sur les services d’urgence et en ambulatoire. » Le variant XFG, surnommé « Frankenstein » par certains médias, provoque notamment des angines douloureuses et longues ainsi qu’une voix enrouée. « Ce qui peut expliquer le pseudonyme dont il est affublé et que ne lui donnent pas les scientifiques », confie le docteur Davido.
Ses autres symptômes ressemblent à ceux d’un état grippal (douleurs musculaires, fatigue, maux de tête…). « Dans les formes les plus sévères, il peut provoquer des essoufflements et une atteinte pulmonaire, augmenter les risques de complications vasculaires. Il peut altérer les capacités de la mémoire et conduire à une perte d’autonomie chez les personnes âgées », prévient l’infectiologue.
Le masque et les gestes barrières pour se protéger et protéger les autres
Le bon réflexe est de mettre un masque quand on tousse, qu’on a le nez qui coule, mal à la gorge… Les gestes barrières (lavage des mains, tousser dans son coude…) sont à respecter. Il est aussi recommandé de se tester quand on suspecte un Covid, notamment chez les personnes à risque de forme grave. « Cela va permettre de confirmer le diagnostic et de proposer rapidement un traitement sur mesure », observe le docteur Benjamin Davido.
Quand on a été en contact avec une personne malade, il est recommandé de surveiller si les symptômes du Covid apparaissent jusqu’au cinquième jour qui suit (durée moyenne de l’incubation du virus). Il est aussi bon d’aérer les espaces clos. « Le renouvellement de l’air évite que les microparticules restent en suspension. N’oublions pas que le Covid est un virus de transmission aérienne », poursuit l’infectiologue.
La vaccination est toujours le meilleur bouclier contre le Covid-19
Face à un virus aussi contagieux, la vaccination est préconisée. « Le vaccin mis à jour est efficace sur le variant circulant », assure le docteur Benjamin Davido. Le Covid-19, contrairement à la grippe, est présent toute l’année. C’est pour cela qu’une double vaccination anti-Covid, au printemps et à l’automne, est recommandée. Mais l’infectiologue regrette une baisse de vigilance : « Il n’y a plus d’incitation à la vaccination. Beaucoup ont oublié le risque de l’attraper. »
Le vaccin est pris en charge par la Sécurité sociale à 100 % et sans ordonnance. Aucun frais n’est à avancer. Il peut être administré par les médecins, les pharmaciens, les infirmiers et les sages-femmes. La campagne automnale a débuté le 14 octobre 2025, en parallèle de celle contre la grippe. Et il est possible de faire les deux vaccins le même jour (un sur chaque bras).
Contrairement à une idée reçue, l’immunité naturelle n’est pas durable. Le référent Covid de l’hôpital de Garches informe qu’elle n’est pas forcément efficace jusqu’à six mois. « On observe une chute de la protection à partir de trois mois. Et elle devient quasiment inexistante au bout de cinq. Chez les personnes fragiles, on recommande même de se faire vacciner dès le troisième mois après une infection ».
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