Comment les maladies du nerf optique affectent la vision

Publié le

Violaine Chatal (ANPM-FRANCE MUTUALITÉ)

Temps de lecture estimé 4 minute(s)

Illustration maladie affectant les nerfs optiques et son impact sur la vision.
© Shutterstock/Ciem

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Les neuropathies optiques désignent les affections du nerf optique. Elles se manifestent par une baisse d’acuité visuelle et une altération de la vision des couleurs. Quels sont les symptômes et leurs traitements ?

Semblables à des câbles électriques entourés d’une gaine protectrice, les deux nerfs optiques jouent un rôle essentiel dans la vision. Ils contiennent environ un million de fibres issues des neurones de la rétine qui transmettent les signaux lumineux collectés par cette dernière, comme les couleurs, l’intensité ou les contrastes, jusqu’au cerveau.

« Il s’agit d’une zone stratégique où une atteinte relativement limitée peut avoir un effet très important en termes d’impact sur la vision », explique le Pr Carl Arndt, président de la Société française d’ophtalmologie et chef du service d’ophtalmologie du CHU de Reims.

Une perte de vision notable

Les neuropathies optiques désignent la dégénérescence et les lésions du nerf optique et leurs causes sont multiples. « Appelées aussi névrites optiques, les neuropathies optiques inflammatoires sont provoquées par une atteinte de la myéline qui est l’isolant du nerf. Les neuropathies optiques peuvent aussi être vasculaires, métaboliques, traumatiques, infectieuses et héréditaires », souligne le Pr Arndt.

Il existe aussi des neuropathies optiques carentielles en raison d’une mauvaise absorption des vitamines après une chirurgie bariatrique, d’une maladie digestive chronique ou d’une alimentation très déséquilibrée.

Les neuropathies alcoolo-tabagiques sont, comme leur nom l’indique, liées au tabagisme chronique et à une consommation d’alcool en excès qui ont des effets toxiques sur les cellules nerveuses. Enfin, les neuropathies optiques médicamenteuses sont liées à la prise de certains traitements comme le Cordarone, de la famille des antiarythmiques.

La première manifestation est la perte de vision, soudaine ou progressive. « Le deuxième symptôme le plus fréquent est la dyschromatopsie (altération de la vision des couleurs). Les personnes concernées ont du mal à distinguer le jaune et le bleu puis le rouge et le vert. Il faut différencier cette forme de dyschromatopsie de la dyschromatopsie congénitale qui est liée à un défaut au niveau des photorécepteurs. On peut également citer comme symptômes des neuropathies optiques des anomalies du champ visuel : la zone de vision centrale devient déficiente, note le Pr Arndt. Les formes aiguës de neuropathies optiques touchent généralement un seul œil tandis que les formes chroniques, souvent liées à un glaucome, évoluent de façon plus lente et progressive et touchent les deux yeux. »

Des traitements à base de corticoïdes et immunomodulateurs

Le diagnostic de neuropathie optique est réalisé après un interrogatoire et des examens ophtalmologiques comme une mesure de l’acuité visuelle, un examen des pupilles, un champ visuel, un fond d’œil avec éventuellement la réalisation de photographies et un examen OCT (tomographie par cohérence optique) de la pupille et de la macula. D’autres examens peuvent être réalisés comme une IRM orbitaire et cérébrale afin de confirmer le caractère inflammatoire ou compressif de la neuropathique optique.

Les traitements dépendent de leurs causes. Ainsi concernant les neuropathies inflammatoires et vasculaires, des corticoïdes sont prescrits par voie orale ou par intraveineuse. Le traitement de fond repose, quant à lui, sur des immunomodulateurs. Les neuropathies optiques héréditaires ne bénéficient, quant à elles, pas de traitements dont l’efficacité aurait été prouvée.

Certaines neuropathies infectieuses peuvent nécessiter la prise d’antibiotiques. Une supplémentation en vitamines est conseillée pour traiter les neuropathies optiques carentielles. « Les vitamines D sont en effet intéressantes car elles possèdent de plus un effet anti-inflammatoire, intéressant en particulier pour les névrites optiques », explique le Pr Arndt.

Enfin, des traitements chirurgicaux peuvent aussi être nécessaires dans le cadre des neuropathies optiques compressives liées à la présence d’une tumeur. « Des chirurgies endoscopiques permettent d’enlever la tumeur en passant par le nez et pas par le crâne, ce qui facilite les suites opératoires. Les tumeurs peuvent aussi être réduites en taille grâce à l’utilisation de la radiothérapie très focalisée ce qui permet de sauver le nerf optique », conclut le professeur.

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