Comment se former aux premiers secours ?
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Selon un sondage réalisé en 2024 (1), moins d’un Français sur deux estime bien connaître les gestes de premiers secours. Si la formation à ces gestes a progressé ces dernières années, l’Hexagone reste à la traîne, notamment par rapport aux pays nordiques où la législation rend obligatoire cette formation, à l’école, sur le lieu de travail ou pour le permis de conduire.
« L’apprentissage aux premiers secours devrait se faire tout au long de la vie, souligne le Dr Pascal Cassan, Médecin Conseiller National à la Croix Rouge française. Statistiquement, le grand public ne rencontrera qu’une fois dans sa vie un arrêt cardiaque. Mais 7 fois sur 10, il s’agira de quelqu’un de sa famille ou d’un collègue. C’est une situation très stressante. Or, si la personne a été formée aux premiers secours plusieurs fois dans sa vie – disons au minimum 4 fois - au collège, au travail, lors du permis de conduire, à son départ en retraite ou à tout autre moment de sa vie, elle se sentira plus en confiance pour commencer les gestes de premiers secours. »
Quelle formation choisir ?
Le site du ministère de l’Intérieur donne la liste des associations agréées pour la formation aux premiers secours. « Je conseille de faire son choix parmi ces associations, souligne Jérémy Lavergne, président de l’Association nationale des premiers secours, qui fait partie de cette liste. Elles suivent un scénario pédagogique et les référentiels reconnus au niveau national, ce qui n’est pas garanti si l’on passe par d’autres types d’organismes ». Parmi ces associations, pour ne citer que les plus connues : la Croix-Rouge française, la Fédération nationale de protection civile, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, l’Ordre de Malte, les secouristes français Croix Blanche, etc.
Ces associations proposent tous types de formations ou d’initiations, qui vont de deux heures à plusieurs jours. « La formation PSC (Premier Secours Citoyen, anciennement PSC1) est la formation socle que l’on recommande au grand public », indique Jérémy Lavergne. Cette formation s’est simplifiée ces dernières années. Elle est accessible à partir de 10 ans, axée sur la pratique et dure 7 heures seulement, pour un coût de 60 euros en moyenne. Ses modalités sont variables selon les organismes, certains proposent un mix présentiel/distanciel. Elle peut être suivie en une seule journée, ou découpée en deux parties, avoir lieu le week-end, etc. Tout est fait pour faciliter l’accès à ces formations et les associations proposent sur leur site une recherche permettant de localiser la session la plus proche de chez soi (voir ci-dessous « Liens utiles »).
Si vous êtes salarié, vous pouvez devenir sauveteur secouriste du travail (SST). Voyez auprès de votre employeur s’il peut vous proposer cette formation de SST.
« Au moment d’agir, tous les gestes reviennent en tête »
Alexandre a 18 ans lorsqu’il décide de suivre une formation aux premiers secours. « Porter assistance, cela m’intéressait déjà en tant que citoyen, raconte le jeune homme, aujourd’hui âgé de 28 ans. Je me suis dit : autant suivre une formation reconnue plutôt que de regarder des vidéos sur Internet ! ».
Aussitôt après sa formation PSC (PSC1 à l’époque) dispensée par l’Association nationale des premiers secours, il s’inscrit sur SAUVLife et Staying Alive. Ces plateformes regroupent des citoyens sauveteurs bénévoles, les géolocalisent et les alertent s’ils sont à proximité d’une victime d’arrêt cardiaque.
« Jusqu’ici, en dix ans, j’ai été alerté une dizaine de fois et suis intervenu, indique Alexandre. La première fois, c’était un an après ma formation initiale. La dose d’adrénaline est montée d’un coup ! Auprès de la victime, tous les gestes me sont revenus. Depuis, j’ai suivi des formations aux premiers secours plus poussées. La dernière fois, deux jours avant Noël, je suis intervenu pour un homme qui venait de faire un arrêt cardiaque devant son épouse. J’ai massé jusqu’à l’arrivée des secours, son cœur est reparti. Dans ces cas-là, on se sent vraiment utile. On ne peut s’empêcher de se dire que si les proches sont formés, c’est vraiment la meilleure solution, puisque chaque minute compte. »
Pourquoi se former aux premiers secours ?
En France, le taux de survie à un arrêt cardiaque est seulement de 7 %, tandis qu’il oscille entre 20 % et 40 % dans les pays qui sensibilisent fortement leur population aux gestes qui sauvent. L’utilité de la formation aux premiers secours peut sembler évidente. Elle ne convainc visiblement pas la majorité des Français à passer à l’acte. « Pourtant, en une seule journée, on apprend le massage cardiaque mais aussi des gestes qui servent au quotidien, comme bien désinfecter une plaie, explique Jérémy Lavergne. Sont également abordés des thèmes comme les bénéfices de la vaccination et de la prévention à son domicile ou dans la vie en général. On forme des citoyens à devenir acteurs de leur sécurité ».
Ces formations sont aussi l’occasion de corriger nombre d’idées fausses, véhiculées notamment sur Youtube, souligne le Dr Pascal Cassan, qui raconte : « Certains participants pensent par exemple qu’il faut mettre des corps gras sur les brûlures – ce qui ne fait qu’aggraver la chose - ou suggèrent de mettre en position latérale de sécurité une personne qui fait un malaise, alors que le premier réflexe est de vérifier qu’elle respire. Se former permet d’acquérir les bons réflexes de base, mais aussi de dépasser sa crainte d’agir, notamment dans les situations d’urgence qui nécessitent un massage cardiaque. Les gens craignent de casser des côtes, de faire des mauvais gestes. Or, mieux vaut toujours agir que de ne rien faire. Une personne qui porte secours à autrui ne peut être tenue responsable des dommages éventuels de son intervention ».
Où se former ?
Voici des liens directs vers la page « formations » de six associations agréées (sur une vingtaine en tout) :
(1) Sondage Opinion Way réalisé pour la Croix Rouge Française et publié en avril 2025.
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