Premiers secours : les gestes à connaître
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À la maison, au travail ou sur la route, chacun peut être confronté à une situation d’urgence, mais peu nombreux sont ceux qui savent pratiquer les gestes de premiers secours. La personne présente sur les lieux d’un accident doit correctement apprécier la situation et préparer l’arrivée des secours.
Ce rôle, qui peut être difficile à tenir, nécessite quelques connaissances de base. L’idéal reste néanmoins de les mettre en pratique en suivant une formation aux premiers secours.
Se protéger du sur-accident
Le premier réflexe à avoir lorsque l’on arrive sur le lieu d’un accident est d’évaluer les conditions de sécurité. Avant de s’approcher, il est important de vérifier qu’il n’existe pas de danger supplémentaire ou de risque pour soi-même.
Par exemple, lors d’un accident de la circulation, allumez vos feux de détresse, garez votre véhicule après le lieu de l’accident et mettez vos passagers à l’abri sur le bas-côté ou derrière les barrières de sécurité, puis balisez la zone de l’accident avec des triangles de signalisation et, si cela est possible, coupez le contact du véhicule accidenté et serrez le frein à main.
Une fois toutes ces précautions prises, vous pourrez évaluer l’état de la ou des victime(s) : pour chaque victime, présentez-vous et vérifiez, en tout premier lieu, qu’elle est consciente et qu’elle respire.
Alerter les secours
Si vous avez besoin d’aide, vous devez alerter les services de secours et fournir des indications précises. Préparez-vous à donner votre numéro de téléphone, à expliquer la nature du problème et les risques éventuels et à indiquer votre localisation précise (ville, rue, numéro, bâtiment, étage), ainsi que le nombre de victimes et leur état.
Appelez ou faites appeler l’un des numéros d’urgence :
• le 18 (les sapeurs-pompiers, pour tout problème de secours),
• le 15 (le Samu, pour tout problème urgent de santé),
• le 112 (numéro d'appel unique des urgences en Europe, recommandé aux Français circulant à l'étranger),
• le 114 (pour les personnes ayant des difficultés à parler ou à entendre. A ces personnes, il est conseillé avant toute urgence de télécharger l’appli gratuite Urgence 114).
Une fois que vous aurez répondu aux questions de votre interlocuteur, ne raccrochez pas, attendez qu’il vous y invite.
Secourir : quels sont les bons gestes
• Une plaie simple : avant toute chose, lavez-vous les mains. Puis, lavez la plaie à l’eau et au savon, éventuellement utilisez ensuite un antiseptique, et appliquez un pansement adhésif pour protéger. Si la plaie est située à proximité de l’œil, de la bouche, des oreilles, du nez, du sexe ou de l’anus, demandez conseil à votre médecin. Faites de même si la blessure gonfle, devient chaude, rouge ou douloureuse dans les jours qui suivent ou encore si la victime n’est pas protégée contre le tétanos.
• Un saignement abondant : allongez la victime et évitez, si possible, tout contact direct avec le sang. Demandez-lui de comprimer elle-même sa blessure. Sinon, comprimez la plaie avec vos mains protégées par des gants jetables, un sac plastique ou un linge jusqu’à l’arrivée des secours.
• Une morsure, une piqûre : en cas de morsure, nettoyez la plaie à l’eau et au savon et mettez un pansement adhésif. Demandez un avis médical et si c’est une morsure, faites examiner l’animal par un vétérinaire pour détecter une éventuelle présence du virus de la rage. En cas de piqûre, appelez les secours si la victime est allergique, si elle a été piquée plusieurs fois (en particulier pour les enfants), notamment dans la bouche, ou si elle ne se sent pas bien. Surveillez-la en attendant l’arrivée des secours.
• Une brûlure simple : refroidissez le plus tôt possible la brûlure sous l’eau du robinet, au moins 10 minutes et idéalement 20 minutes. Ne percez pas la ou les cloques, n’appliquez ni pommade, ni antiseptique, ni corps gras, ni tout autre produit. Protégez simplement la zone avec un pansement stérile. Appelez les secours si la brûlure a une superficie supérieure à la demi-paume de la main de la victime, si elle est profonde, d’aspect noirâtre ou si elle présente des cloques, si elle est localisée près du visage, des mains ou des articulations ou encore si la victime est un nourrisson ou un enfant.
• Un étouffement : si la victime ne peut plus parler, ni respirer, ni tousser, penchez-la vers l'avant en soutenant sa poitrine d'une main et donnez-lui, au maximum, cinq claques dans le dos, entre les omoplates. Après chaque claque, observez si le corps étranger a été rejeté ou non. Si ce geste reste sans effet, réalisez des compressions abdominales.
Pour cela, penchez la victime vers l'avant. Tenez-vous derrière elle et placez l’un de vos poings fermé entre le nombril et l'extrémité inférieure du sternum. Maintenez votre poing en place à l'aide de votre autre main. Enfoncez fortement votre poing vers vous et vers le haut. Recommencez ce geste cinq fois au maximum et, si le problème persiste, renouveler les mêmes manœuvres et contactez le plus vite possible les secours.
• Un malaise : si la victime se sent mal et est consciente, proposez-lui de s’allonger, rassurez-la, puis demandez-lui depuis combien de temps dure ce malaise et si elle prend des médicaments, avant de prendre l’avis de son médecin traitant, ou du 15 si ce dernier ne peut être joint. Si la personne a perdu connaissance, vérifiez qu’elle respire. Si c’est le cas, vous pouvez l’allonger sur le côté, appeler les secours et rester avec elle jusqu’à leur arrivée en surveillant sa respiration. Si la personne ne respire pas, voir ci-dessous « Comment réagir en cas d’arrêt cardiaque ».
• Un malaise cardiaque : La victime se plaint d'une douleur qui serre au niveau de la poitrine et qui irradie éventuellement dans le bras, l'épaule, le cou, la mâchoire inférieure ou l'estomac ? Il s’agit peut-être d’un malaise cardiaque. Mettez-la au repos dans une position confortable ou elle se sent le mieux : allongée, semi-assise ou assise. Même si la personne prétend que ce n'est pas grave, posez-lui des questions sur son état (est-ce la première fois, prend-elle des médicaments ?) et alertez le SAMU.
Vérifiez régulièrement qu’elle est consciente et respire normalement. « Une douleur, un sentiment d’oppression dans la poitrine doivent toujours être pris au sérieux, souligne le Dr Pascal Cassan, Médecin Conseiller National de la Croix Rouge française. Si le médecin traitant n’est pas disponible, il faut appeler le 15 pour un avis médical ».
Comment réagir en cas d’arrêt cardiaque
On reconnaît un arrêt cardiaque aux signes suivants : la victime perd connaissance, tombe et ne réagit pas quand on lui parle ou qu'on la stimule ; sa respiration est inexistante (sa poitrine ne se soulève pas) ou est très lente et irrégulière.
Dans ce cas, vous devez effectuer les trois gestes qui sauvent : alerter, masser et défi briller. Vous devez alerter les secours (voir plus haut).
Pour faire un massage cardiaque, voici les gestes à pratiquer immédiatement :
• Allonger la victime sur une surface dure.
• Se mettre à genoux contre la victime, sur le côté.
• Positionner les mains l’une sur l’autre, au milieu du thorax, entre les deux seins, les bras bien tendus.
• Appuyer de tout son poids, bien au-dessus : ce ne sont pas les bras ni les mains qui appuient mais tout le corps.
• Effectuer des pressions fortes : enfoncer les mains de 5 à 6 cm sur la poitrine, et remontez bien les mains entre chaque pression pour faire circuler le sang.
• Effectuer les pressions sur un rythme régulier, environ 2 par seconde (100 à 120 par minute).
Comment utiliser un défibrillateur ?
Dès que le massage cardiaque a débuté, il faut demander si un défibrillateur automatisé externe (DAE) est disponible. De tels appareils le sont dans un grand nombre de lieux publics : centres commerciaux, mairies, places centrales, halles de marché, pharmacies… Les défibrillateurs sont très simples d’utilisation et vous guident vocalement, étape par étape. Voici les gestes à effectuer :
• mettre en fonction le défibrillateur et suivre les indications de l'appareil
• pour mettre en place les électrodes, enlever ou couper les vêtements recouvrant la poitrine de la victime, si nécessaire ; sécher le thorax de la victime s'il est humide ; déballer et appliquer les électrodes, sur la poitrine nue de la victime, dans la position indiquée sur le schéma figurant sur l'emballage ou sur les électrodes ; connecter les électrodes au défibrillateur, si nécessaire.
• Lorsque le DAE l'indique, arrêter les compressions thoraciques, ne plus toucher la victime et s'assurer que les personnes aux alentours fassent de même.
• Si le défibrillateur annonce que le choc est nécessaire : demander aux personnes aux alentours de s'écarter ; laisser le DAE délivrer le choc électrique (défibrillateur entièrement automatique) ou appuyer sur le bouton « choc » lorsque l'appareil le demande (défibrillateur semi-automatique); reprendre immédiatement les compressions thoraciques après la délivrance du choc.
• Si le défibrillateur annonce que le choc n'est pas nécessaire, reprendre immédiatement le massage cardiaque.
• En l’absence de signes de vie, poursuivre le massage cardiaque jusqu’à l’arrivée des secours.
Quels gestes de premiers secours pour un enfant ou un nourrisson ?
Les gestes de premiers secours pour un enfant ou un nourrisson sont les mêmes que pour un adulte, sauf en ce qui concerne le massage cardiaque, qui doit être adapté à leur anatomie.
« Pour un enfant, il faut masser avec une main seulement, au même rythme que pour un adulte, au milieu de sa poitrine, explique le Dr Cassan. Pour un nourrisson, il faut encercler le thorax avec ses mains et appuyer avec les pouces ».
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Commentaires
Véronique
24 mai 2025 à 08h05