Maladie de Parkinson : démêlez le vrai du faux
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Avec environ 270 000 personnes concernées en France et 27 000 nouveaux cas chaque année, la maladie de Parkinson est la seconde maladie neurodégénérative la plus fréquente après Alzheimer, selon l’association France Parkinson. Elle touche majoritairement les plus de 60 ans, mais peut apparaître plus tôt.
Cette pathologie du système nerveux central provoque des troubles moteurs (raideur, lenteur, tremblements), mais aussi des symptômes « non moteurs » comme la fatigue, l’anxiété ou les troubles du sommeil.
Le nombre de cas progresse rapidement, notamment à cause du vieillissement de la population et de l’exposition à certains facteurs environnementaux, comme les pesticides. D’ici 2050, plus de 25 millions de personnes pourraient être concernées dans le monde.
La maladie de Parkinson touche de plus en plus de personnes en France
VRAI. La fréquence de la maladie de Parkinson augmente de façon exponentielle en France et dans le monde, conduisant même certains à parler de « pandémie ».
« Cette augmentation de fréquence, qui dépasse celle de toutes les autres maladies neurologiques, ne s’explique pas seulement par le vieillissement de la population ou l’amélioration du diagnostic, constate Ana Marques, neurologue au Centre Expert Parkinson du CHU de Clermont-Ferrand. Des facteurs environnementaux, comme l’exposition aux pesticides, à la pollution de l’air ou à certains solvants industriels, sont probablement à l’origine de l’augmentation du nombre de cas. »
La maladie de Parkinson peut aussi entraîner de la fatigue, de la dépression ou des troubles du sommeil
VRAI. La maladie de Parkinson n’est pas seulement une maladie motrice, c’est-à-dire qu’elle ne se limite pas à des troubles du mouvement comme les tremblements ou la raideur musculaire. Les symptômes non moteurs sont très fréquents et peuvent contribuer à altérer la qualité de vie des patients, parfois davantage que les signes moteurs.
« Ces symptômes (troubles de l’humeur ou de la motivation) réagissent de manière inégale aux traitements à base de dopamine, ce qui rend leur prise en charge plus difficile, poursuit la neurologue. De nombreuses études s’intéressent à mieux traiter ces signes non moteurs, d’autant qu’ils peuvent parfois précéder de plusieurs années l’apparition des signes moteurs. »
La cause de la maladie de Parkinson est aujourd’hui bien connue
FAUX. Si les mécanismes de la maladie de Parkinson sont de mieux en mieux compris, la cause exacte reste encore floue.
« Nous savons que la maladie de Parkinson est liée à la perte progressive de certaines terminaisons nerveuses dans le cerveau, notamment celles qui permettent de contrôler les mouvements et la motivation », explique la Pr Ana Marques. « Mais on ne sait pas encore exactement ce qui provoque cette perte. Plusieurs pistes sont à l’étude, comme l’accumulation anormale de certaines protéines dans le cerveau, la présence excessive de fer, ou encore le rôle du microbiote intestinal (la flore digestive). »
Une prédisposition génétique et des facteurs environnementaux (pesticides, polluants…) semblent aussi jouer un rôle crucial, mais à l’échelle individuelle, il est difficile de déterminer une cause précise.
Être vegan ralentit l’évolution de la maladie de Parkinson
FAUX. À ce jour, il n’existe pas suffisamment de données scientifiques pour conclure à l’effet d’un régime, vegan ou autre, sur l’évolution de la maladie de Parkinson. Certaines études auraient observé une incidence réduite de la maladie dans certaines cultures végétariennes ou véganes.
« Une récente analyse britannique publiée en 2023 suggérait qu’un régime végétal équilibré pourrait réduire le risque de développer une maladie de Parkinson, mais qu’un régime végétal pauvre en nutriments pourrait, au contraire, l’augmenter, précise la neurologue Ana Marques. Ces résultats sont donc difficiles à interpréter et sont à prendre avec précaution. Ils ne concernent pas les patients ayant déjà un diagnostic de maladie de Parkinson. »
Un régime vegan mal équilibré pourrait aussi entraîner des carences en protéines essentielles, aggravant la perte de masse musculaire — fréquente dans la maladie — et certains symptômes moteurs. « Des études sont nécessaires pour évaluer l’effet de l’alimentation en général sur les symptômes et l’évolution de la maladie ».
La maladie de Parkinson réduit l’espérance de vie de moitié
FAUX. La maladie de Parkinson n’entraîne pas une réduction drastique de l’espérance de vie.
« Selon une étude française (1), l’espérance de vie après diagnostic à 65 ans était en 2010 seulement quelques années inférieure à celle de la population générale du même âge, indique la Pr Marques. Des données récentes montrent que cette espérance de vie devrait encore augmenter d’ici à 2030, grâce aux progrès médicaux, à une meilleure prise en charge globale et à l’amélioration générale de l’espérance de vie. »
Même si la maladie impacte la durée de vie, celle-ci reste relativement proche de la normale.
Il n’existe aucun traitement pour soulager les symptômes de la maladie de Parkinson
FAUX. Les traitements symptomatiques de la maladie de Parkinson sont aujourd’hui très efficaces. « Un médicament appelé Levodopa, traitement le plus ancien, reste le plus efficace pour les symptômes moteurs, explique la neurologue. Sa limite vient de sa courte durée d’action : les symptômes réapparaissent en fin de dose (fluctuations) ou des mouvements involontaires anormaux appelés dyskinésies en pic de dose ».
Dans ces cas, un traitement dopaminergique continu (c’est-à-dire destiné à maintenir un taux stable de dopamine dans le cerveau) est recommandé pour stabiliser les symptômes tout au long de la journée. Ce traitement peut être chirurgical (stimulation cérébrale profonde, voir item suivant) ou médicamenteux (pompes à apomorphine, Foslevodopa ou Levodopa).
Il est réservé aux patients répondant bien à la Levodopa mais subissant des variations d’effet. « En revanche, pour les symptômes peu sensibles au médicament (comme certains troubles de la marche ou des difficultés pour avaler ou articuler), les approches non médicamenteuses comme la kinésithérapie, l’activité physique adaptée ou l’orthophonie sont essentielles. »
Les syndromes parkinsoniens atypiques, proches de la maladie de Parkinson mais dont les mécanismes sont différents, ne répondent généralement pas au traitement dopaminergique.
La stimulation cérébrale profonde peut améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de la maladie de Parkinson
VRAI. La stimulation cérébrale profonde (SCP) améliore significativement la qualité de vie des personnes atteintes. Il s’agit d’une intervention chirurgicale qui consiste à implanter des électrodes dans une zone précise du cerveau, afin de corriger les anomalies de signal qui provoquent les troubles moteurs (tremblements, lenteur, raideur…).
« Elle est indiquée pour les patients ayant une bonne réponse aux traitements à base de dopamine, mais souffrant de complications motrices malgré les ajustements », conclut la Pr Marques. « Cet effet bénéfique est particulièrement notable lorsque la chirurgie est proposée relativement tôt. »
Des recherches, comme l’étude multicentrique française PREDISTIM, visent à mieux comprendre les facteurs permettant de prédire une bonne réponse à la SCP, afin de mieux adapter cette approche à chaque patient.
(1) Étude française coordonnée par l’Inserm et publiée en 2018 dans la revue Movement Disorders par Wanneveich et al.
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Commentaires
Philippe
11 avril 2025 à 10h04
La première partie, appelée lune de miel , assure une
autonomie avec la substance Levodopa. La suite une aggravation des facultés motrices, des douleurs neuro musculaires insupportables , avant l'issue fatale, arrêt cardiaque. Philippe