La maladie de Sever, appelée aussi apophysite calcanéenne, est une pathologie liée à la croissance des enfants et des adolescents. Elle fut décrite pour la première fois en 1912 par le docteur James Werren Sever. Il s’agit d’une affection bénigne si elle est prise en charge correctement.
Qu’est-ce que la maladie de Sever ?
La maladie de Sever est une inflammation du cartilage de croissance de l’os du talon, le calcanéum. « Il s’agit de la zone où l’os grandit durant la croissance », indique Benjamin Potencier, médecin généraliste et formateur à la faculté de médecine de Lyon. Ce type d’affection est appelée ostéochondrite. A la fin de l’adolescence, le cartilage de croissance étant soudé, le risque de développer la pathologie disparaît.
« La maladie de Sever touche plutôt les enfants et les préadolescents, entre 8 et 11 ans, mais le risque existe jusqu’à la fin de la croissance », précise Daniel Hardelin, médecin du sport et directeur médical du centre de ressources, d’expertise et de performance sportive (CREPS) de Font-Romeu. Les adolescents, entre 12 et 15 ans, peuvent être touchés par une maladie jumelle, le syndrome d’Osgood-Schlatter. Une autre ostéochondrite qui atteint, elle, le cartilage de croissance du genou.
Quels sont les symptômes ?
« Ce sont principalement des douleurs au niveau du talon, ressenties à la marche ou lors d’une activité physique », observe Daniel Hardelin. La zone du talon peut être enflée, et la douleur irradier sur les côtés. Dans 60% à 80% des cas, les deux talons sont touchés simultanément.
« Ces douleurs sont mécaniques, précise le docteur, elles se manifestent avec le mouvement ». Au repos, la sensation disparaît.
Les causes de la maladie de Sever
L’inflammation du cartilage est liée à un surmenage du tendon d'Achille et du calcanéum, au moment de la croissance. « Cette sur-sollicitation peut être due à un excès d’activité physique ou à un surpoids », explique Benjamin Potencier.
Pendant l’enfance et l’adolescence, le cartilage de croissance est en cours d’ossification. Il est donc plus fragile, et des microtraumatismes peuvent apparaître en cas de pratique sportive excessive. Les activités physiques occasionnant des chocs répétés ou qui sollicitent beaucoup le talon peuvent plus particulièrement provoquer une réaction inflammatoire. Il s’agit nomment de la gymnastique, du tennis, du football ou de l'athlétisme.
Diagnostiquer la maladie de Sever
Le diagnostic est réalisé au cours de l’examen clinique par un médecin généraliste, ou un médecin du sport. « J’interroge le patient sur sa douleur, qui est localisée sur un point bien précis au niveau du talon, explique le docteur Potencier. Elle peut irradier vers le bas, en direction du talon d’Achille, ou vers le haut, et le muscle du mollet ».
Le praticien va ensuite interroger l’enfant sur le moment où se manifeste la douleur. « L’histoire clinique nous montre qu’elle apparaît au moment de l’activité sportive et diminue progressivement lorsque l’on s'arrête. » Si à l’interrogatoire, la douleur est décrite comme arrivant de plus en plus rapidement lorsque l’on débute une séance de sport, la maladie de Sever sera suspectée.
Quels sont les traitements ?
L’activité physique doit être réduite, voire arrêtée complètement si la douleur est trop intense. « La première action est de diminuer les activités entraînant de la douleur, afin de réduire les contraintes », recommande le médecin du sport Daniel Hardelin. Des anti-inflammatoires et des anti-douleurs peuvent aussi être prescrits au début, tout comme l’application de glace sur la zone douloureuse.
Puis, deux fois par semaine, des séances d’étirements de 30 minutes avec un kinésithérapeute sont recommandées. Celles-ci auront pour objectif de retrouver de la souplesse au niveau du tendon d’Achille et du mollet. La réalisation de semelles orthopédiques par un podologue peut être nécessaire, pour surélever le talon et amortir les chocs. Ces orthèses plantaires vont permettre de réduire la traction exercée par le tendon sur l’os du talon. « Mais elles ne la feront pas disparaître pour autant », précise le docteur.
La durée de récupération est très variable. « Cela peut prendre quelques semaines, quelques mois, voire une année ou plus dans des cas plus rares », annonce Daniel Hardelin. La douleur peut aussi disparaître quelques temps, avant de revenir.
La guérison dépend beaucoup « de la capacité de l’enfant à ralentir son activité, par exemple en arrêtant de courir et de sauter dans la cour de récréation, complète Benjamin Potencier. La douleur va traîner plus longtemps si l’enfant n’y parvient pas ». Dans les cas extrêmes, elle peut durer jusqu’à la fin de la croissance.
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