« Pète ton crâne » : la drogue de synthèse qui inquiète

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Adrien Boidin

Temps de lecture estimé 4 minute(s)

« Pète ton crâne » : la drogue de synthèse qui inquiète

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Le « Pète ton crâne » (PTC), est un cannabinoïde de synthèse extrêmement puissant. Provoquant des effets imprévisibles sur le cerveau, cette drogue inquiète de plus en plus les autorités et les professionnels de santé. Quels sont les dangers ?

En 2024, de nouveaux cas d’intoxications au PTC, abréviation de « Pète ton crâne », appelé également Buddha blue, ont été signalés chez des adolescents qui ont dû être hospitalisés. Mais qu’est-ce que le PTC ?  Il appartient à la famille des cannabinoïdes de synthèse, des substances créées en laboratoire pour imiter les effets du tétrahydrocannabinol (THC), molécule active du cannabis

Ces substances, souvent vendues sous forme de liquides pour cigarettes électroniques, sont fabriquées avec des molécules dont la composition change régulièrement. Ce manque de contrôle renforce le risque de toxicité pour les consommateurs.

A noter que l’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a alerté récemment sur ces pratiques risquées et notamment les mélanges DIY (do-it-yourself). Il s’agit de produits faits « maison ». Les cannabinoïdes sont associés à d’autres substances. « Ces mélanges sont dangereux car ils entraînent un risque plus élevé de surdosage de cannabinoïdes et d’interaction entre les substances », précise l’agence.

Des conséquences sur la santé mentale et physique

L’un des dangers majeurs du PTC réside dans ses effets immédiats et à long terme. Selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), ces substances peuvent provoquer des symptômes sévères comme des hallucinations, de l'agitation, une tachycardie et des troubles psychiques. « Les effets sont très forts, beaucoup plus qu’avec du cannabis classique. Il existe même des risques cardiovasculaires majeurs pour les personnes sensibles. Si le produit est consommé par un jeune entre 15 et 18 ans les risques sont plus élevés car le cerveau est encore en maturation », met en garde le Dr Amine Benyamina, psychiatre addictologue et président d’Addict’aide.

Comment repérer la consommation de « Pète ton crâne » chez un proche ?

Repérer la consommation de PTC, peut être particulièrement difficile en raison de la variété des effets et de la rapidité avec laquelle la drogue agit sur l’organisme. Toutefois, certains signes peuvent alerter les proches sur une possible consommation.

•    Comportements agités et changements de personnalité

L’un des premiers indicateurs de consommation de PTC est un changement brusque de comportement. Les utilisateurs peuvent devenir extrêmement agités, nerveux ou agressifs sans raison apparente. Ils peuvent également présenter des symptômes de paranoïa, de confusion mentale, voire des hallucinations. Ces changements de personnalité peuvent être accompagnés de crises de colère voir de violence incontrôlable.

•    Symptômes physiques visibles

Sur le plan physique, les consommateurs de PTC peuvent présenter des signes, tels qu'une fréquence cardiaque élevée, des tremblements ou une transpiration excessive. Les yeux peuvent être injectés de sang, et des rougeurs ou des démangeaisons peuvent apparaître sur la peau. En cas d’intoxication sévère, des convulsions, des troubles de l’équilibre ou des évanouissements sont possibles.

•    Comportement social et isolement

Les personnes consommant régulièrement des cannabinoïdes de synthèse  s’isolent parfois socialement. Elles perdent leur intérêt pour les activités habituelles, présentent un manque de motivation et interagissent moins avec leurs proches.

Que faire en cas d’intoxication liée au vapotage ?

En cas de suspicion d’intoxication, il faut contacter immédiatement un service d’urgence.

Comment lutter contre la diffusion du PTC ?

La France a déjà interdit plusieurs familles de cannabinoïdes de synthèse, mais la rapidité avec laquelle de nouvelles variantes apparaissent complique l’action réglementaire. Le Dr Benyamina plaide pour une approche plus globale : « Il faut que les autorités aillent dénicher les ventes sur les réseaux sociaux. Il faut informer les jeunes sur les risques, en leur expliquant qu’ils s’exposent à de lourds problèmes de santé ».

L’une des solutions est de mieux former les professionnels de santé à repérer les signes de consommation et à orienter les patients vers des soins adaptés. Pour les personnes déjà consommatrices, il existe des structures d’accompagnement spécialisées. Les Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) offrent un suivi médical et psychologique adapté. 

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