Vidéo : L’Institut Pasteur au cœur de la recherche
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Infections à méningocoques, résistance aux antibiotiques chez les nouveau-nés, diagnostic précoce de l’endométriose, maladies infectieuses amplifiées par le changement climatique… Les chercheurs de l’Institut Pasteur travaillent sur des enjeux de santé majeurs.
Infections à méningocoques
En France, environ 500 à 600 personnes par an sont touchées par une infection grave à méningocoques. Cette bactérie peut provoquer une méningite foudroyante, nécessitant un diagnostic immédiat pour éviter des complications mortelles.
Le laboratoire du Pr Muhamed-Kheir Taha, à l’Institut Pasteur, se consacre à la surveillance de cette maladie au niveau national. Responsable du Centre national de référence (CNR) des méningocoques, en lien avec Santé Publique France, son équipe analyse les souches bactériennes des patients infectés pour identifier les mutations ou les souches résistantes, ainsi que pour suivre l’évolution des épidémies. L’objectif est de détecter toute émergence de nouveaux variants et d’adapter les réponses vaccinales et thérapeutiques.
Entre 2015 et 2022, l’équipe a mis en évidence une recrudescence inquiétante chez les jeunes adultes, ce qui a conduit à une réévaluation des stratégies vaccinales en France. Le laboratoire travaille également à l’élaboration d'outils diagnostiques plus rapides et précis pour permettre une prise en charge précoce et efficace. Ces innovations pourraient grandement améliorer les taux de survie et réduire les séquelles souvent laissées par la maladie.
L’antibiorésistance chez les nouveau-nés
L’un des axes de recherche prioritaires de l’Institut Pasteur concerne l’antibiorésistance, une menace croissante à l’échelle mondiale. Chez les nouveau-nés, la situation est encore plus délicate, car leurs systèmes immunitaires immatures les rendent particulièrement vulnérables aux infections bactériennes.
Bich-Tram Huynh, médecin épidémiologiste à l’Institut Pasteur, et son équipe étudient comment les nouveau-nés acquièrent des bactéries résistantes, notamment lors de l’accouchement par transmission de la mère à l’enfant. Le but de ces recherches est d'identifier les sources exactes d'acquisition de ces bactéries et de mieux comprendre comment ces résistances se développent dans les premières heures de la vie.
Des études sont actuellement menées dans plusieurs pays d'Asie et d'Afrique, notamment à Madagascar, au Sénégal et au Cambodge, pour analyser les conditions locales de transmission bactérienne. Ces régions, où l'accès aux soins et aux antibiotiques est souvent limité, représentent des environnements propices à l'apparition et à la diffusion de bactéries résistantes. À terme, ces recherches permettront de proposer des stratégies de prévention plus efficaces et adaptées aux contextes locaux, mais aussi de définir des recommandations mondiales pour lutter contre la propagation de l’antibiorésistance chez les nourrissons.
Endométriose : vers un diagnostic plus rapide
L'endométriose est une maladie inflammatoire chronique qui touche environ 10 % des femmes dans le monde. Elle se caractérise par la présence de tissus semblables à la muqueuse utérine en dehors de l'utérus, provoquant des douleurs souvent invalidantes, notamment lors des menstruations. L’endométriose reste largement sous-diagnostiquée, avec un délai moyen de plusieurs années avant qu’un diagnostic soit posé.
À l’Institut Pasteur, Camille Berthelot, spécialiste de génomique comparative, et son équipe, travaillent sur une méthode innovante qui pourrait révolutionner la détection de l'endométriose. Leur objectif est d'identifier un marqueur biologique qui permettrait un dépistage précoce et non invasif, évitant ainsi aux patientes les années d'errance médicale. Cette avancée permettrait également d’optimiser la prise en charge des femmes, en réduisant les complications liées aux formes sévères de la maladie.
Si cette méthode aboutit, elle pourrait transformer non seulement le diagnostic, mais aussi la compréhension même des mécanismes de l'endométriose, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux traitements plus efficaces.
Maladies infectieuses et réchauffement climatique
Le réchauffement climatique amplifie la propagation de certaines maladies infectieuses, notamment celles transmises par les moustiques, comme la dengue, le Zika ou le chikungunya. Ces maladies, historiquement limitées à certaines régions tropicales, commencent à toucher des zones jusque-là épargnées, notamment en Europe, où le moustique tigre se propage.
Anna-Bella Failloux, entomologiste à l’Institut Pasteur, mène des recherches pour comprendre les liens entre l’évolution climatique et l’augmentation des risques infectieux. Elle étudie les dynamiques de transmission de ces virus, en particulier en France métropolitaine, où des cas de dengue autochtone ont déjà été signalés. Le réchauffement climatique perturbe les migrations des moustiques qui sont de plus en plus nombreux sur le territoire. Entre le 1er janvier et le 19 avril 2024, 1679 cas importés de dengue ont été recensés en France hexagonale, soit 13 fois plus que l’année 2023 sur la même période selon Santé Publique France.
La 18ème édition du Pasteurdon
Pour aider ces recherches, l’Institut Pasteur organise chaque année le Pasteurdon. « Vos dons soutiennent la recherche dans le but de trouver de nouvelles pistes thérapeutiques et de prévenir les maladies avant qu’elles se révèlent, mais c’est aussi former les générations futures », explique Yasmine Belkaid, directrice générale de l’Institut Pasteur. Pour cette nouvelle édition, le comédien Kad Merad et l’animatrice Julia Vignali seront les parrain et marraine de l'opération, apportant leur soutien à cette cause essentielle. En 2023, le Pasteurdon a permis de récolter plus de 2,6 millions d’euros, et cette année encore, l'objectif est de mobiliser largement afin de financer la recherche. Plus d’informations sur pasteurdon.fr.
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