Une brûlure est forcément grave et nécessite toujours un avis médical
Plutôt faux. Une grande majorité des brûlures ne nécessite pas de soins médicaux. On parle là de petites brûlures ponctuelles, comme lorsqu’on touche brièvement une plaque de cuisson chaude par exemple. « Néanmoins, devant toute évolution défavorable dans les 48 heures qui suivent, notamment si des cloques apparaissent, il faut absolument un avis médical. C’est le signe d’une brûlure du deuxième degré », explique le professeur Pierre Perrot, chirurgien plasticien, responsable du centre des brûlés du CHU de Nantes.
Cinq facteurs seront alors pris en compte pour estimer la gravité de la brûlure :
1. sa cause ;
2. la surface atteinte ;
3. sa profondeur ;
4. sa localisation ;
5. si le patient présente d’autres pathologies associées de type diabète ou cardiopathie.
Les premiers gestes sont fondamentaux en cas de brûlure
Vrai. Les premières minutes sont en effet le moment où chaque action peut avoir un réel effet thérapeutique.
« L’objectif des premiers gestes de secours effectués est de limiter la profondeur de la brûlure, détaille le Pr Perrot. Pour cela, il faut refroidir la brûlure pendant quinze minutes sous une eau fraîche mais non glacée, ce qui va permettre de diminuer la température de la peau. »
En cas de brûlure due à un produit chimique, l’application d’eau sous le jet de la douche va permettre de diluer la concentration du produit et ainsi de diminuer sa toxicité
La règle des « 15 », à retenir en cas de brûlure
Lorsqu’on se brûle, la recommandation est de suivre la règle des « quinze » : appliquer de l’eau à 15 degrés, à 15 centimètres du corps pendant 15 minutes. Ce geste est à faire le plus vite possible et seulement sur la zone brûlée.
Il existe trois catégories de brûlures
Vrai. La première catégorie (ou premier degré) correspond à un coup de soleil. On parle de brûlure au second degré quand des cloques apparaissent. Ces brûlures au second degré peuvent être superficielles ou profondes. Cela dépend de l’évolution de la plaie dans les jours qui suivent la brûlure.
Enfin, une brûlure au troisième degré est une lésion profonde qui touche les trois couches de la peau (épiderme, derme et hypoderme). Il s’agit d’une blessure grave qui nécessite une prise en charge hospitalière en urgence.
Les enfants sont les plus touchés par les brûlures
Plutôt faux. En nombre global, ce sont les adultes qui sont les plus touchés, mais un tiers des brûlures touchent les enfants de 1 à 4 ans.
« C’est l’âge de la marche, et l’âge de tous les dangers en matière de brûlures, souligne Pierre Perrot. Elles sont notamment dues aux moyens de chauffage de types poêles à bois ou inserts, dont les vitres sont chaudes. On constate de nombreuses brûlures au niveau des paumes des mains qui peuvent être graves chez les enfants. Il faut être très prudent quand on se chauffe avec ce type d’appareils. »
Il faut percer les cloques lorsqu’elles apparaissent
Vrai, bien qu’il n’y ait pas de réel consensus sur le sujet. « Je suis pour, de mon côté, explique le professeur Perrot. Je pense qu’il faut que les cloques soient retirées, mais cela doit être fait par un professionnel de santé, un infirmier ou un médecin, et pas par le patient. Si on ne les enlève pas, le pansement appliqué ne sera pas efficace car il sera posé sur une peau morte. »
Certains remèdes de grands-mères peuvent être utiles à connaître en cas de brûlure
Globalement faux. Attention aux idées reçues sur le sujet. « On pouvait entendre autrefois qu’il fallait appliquer une pomme de terre sur une brûlure par exemple. C’est une croyance due à l’amidon présent dans la pomme de terre, qui peut apaiser la douleur. Mais cela n’a rien de thérapeutique. Il est très probable qu’il y ait des bactéries sur cette pomme de terre, il faut donc éviter de le faire ! », rappelle Pierre Perrot.
Certains patients peuvent également être tentés de consulter un « coupeur de feu », ou un « guérisseur de brûlure ». « Sur ce sujet, je dis à mes patients que c’est ok seulement s’ils continuent leurs soins et que la personne n’applique rien sur la brûlure. Bien que je sois ouvert avec mes patients, je ne vois cependant pas comment cela peut fonctionner sur le plan purement scientifique. »
On peut faire une greffe de peau pour soigner une brûlure grave
Vrai. Dès qu’une brûlure profonde n’est pas cicatrisée au bout de deux ou trois semaines, le médecin doit discuter avec son patient de la possibilité d’envisager une greffe de peau. « Nous en faisons tous les jours, raconte le Pr Pierre Perrot. Une greffe de peau se fait au bloc sous anesthésie générale. La première étape consiste à retirer la brûlure via une excision. »
Le chirurgien effectue ensuite une autogreffe de peau. « On prélève la peau de façon assez fine ailleurs sur le corps du patient. C’est souvent au niveau du cuir chevelu chez les enfants. Sur les adultes, plutôt à l’intérieur d’une cuisse. On vient ensuite poser ce prélèvement sur la zone excisée. »
La greffe va se revasculariser en quelques jours. Et la prise de greffe va normalement cicatriser en moins de 15 jours.
On peut « brûler » ses yeux
Vrai, même si c’est rare. « On a en général le réflexe de fermer les yeux en cas de flammes ou de projection, ce qui nous protège, expose Pierre Perrot. Mais on constate parfois des brûlures de la cornée chez les très grands brûlés. »
Lorsqu’on se brûle, plus on a mal, plus c’est grave
Faux. C’est même un point sur lequel le professeur Perrot souhaite alerter. « Il faut que les gens sachent qu’en matière de brûlure, c’est tout le contraire. Moins on a mal, plus c’est grave ! Car si la brûlure est profonde, elle détruit les terminaisons nerveuses et on ne sent plus la douleur. C’est pourtant un critère de gravité. »
La prévention est la meilleure arme contre les brûlures
Vrai. De nombreuses brûlures pourraient être évitées avec un peu de prudence. « La prévention est fondamentale, c’est sûr et certain, appuie le Pr Perrot. Il existe deux types de prévention selon moi. La première est individuelle et familiale. Tout le monde doit faire attention : quand on allume un barbecue, quand on règle la température du bain d’un l’enfant, quand on fait à manger en tournant la poignée de la casserole du bon côté… C’est surtout du bon sens ! »
Mais les médecins ont aussi un rôle à jouer. « C’est à nous de prévenir lorsque nous constatons de nombreuses brûlures dues aux mêmes causes. Actuellement, nous alertons sur le risque de certaines batteries, par exemple des cigarettes électroniques, qui peuvent entraîner des brûlures ou encore l’usage répandu de bouillottes parfois défectueuses. Il faut être vigilant lorsqu’on utilise ces produits. »
A lire aussi
-
Comment soigner les petites plaies ?
Maladies et traitements
-
Glossodynie : quand la bouche est en feu
Maladies et traitements
-
Piqûre de guêpe ou d’abeille : comment réagir ?
Maladies et traitements
Commentaires