La constipation se caractérise par une difficulté à évacuer les selles et/ou par la diminution de leur fréquence. La fréquence normale des selles varie d’une personne à l’autre : une à trois fois par jour pour certaines, deux à trois fois par semaine pour d’autres.
La constipation peut être occasionnelle. Elle dure alors peu de temps. « Elle va être liée à des changements d’habitudes, des circonstances particulières, comme la difficulté à aller aux toilettes lorsque l’on voyage », explique le Professeur Véronique Vitton, gastro-entérologue et hépatologue à l’hôpital Nord de Marseille.
Puis, il y a la constipation chronique, dont les symptômes durent au moins six mois. Elle traduit un dysfonctionnement du côlon (constipation de transit) ou du périnée (constipation distale).
La constipation est une maladie qui peut devenir grave.
Vrai et faux. « Oui, c’est une maladie », commente le médecin. Toutefois, elle n’est pas grave. « Elle peut devenir embêtante car elle va s’accompagner de gênes plus ou moins prononcées (ballonnements, douleurs intestinales…), mais elle n’a pas de gravité. » Cependant, la constipation peut entraîner à terme l’incontinence anale.
« Les femmes qui ont un périnée très tonique peuvent se constiper. Elles poussent trop pour aller aux toilettes et ainsi créent des lésions neurologiques du périnée et des risques d’incontinence. » La constipation peut être secondaire lorsqu’elle est liée à une maladie (comme l’hypothyroïdie), quand elle survient après une chirurgie, la prise de médicaments…
La constipation touche plus les femmes.
Vrai. Deux raisons principales expliquent pourquoi les femmes sont plus sensibles. La première est hormonale. Cycles menstruels, grossesse et ménopause exercent une influence directe sur le bon fonctionnement du transit intestinal qui est composé de beaucoup de récepteurs hormonaux. « Par ailleurs, les accouchements peuvent entraîner des lésions du périnée qui, trop contracté, va provoquer des troubles de l’évacuation », complète le Professeur Vitton, gastro-entérologue et hépatologue.
La constipation s’accompagne de diarrhée.
Vrai et faux. « Tout dépend de ce que l’on entend par diarrhée. S’il s’agit de la fausse diarrhée du constipé, alors c’est vrai », observe la gastro-entérologue. Dans ce cas, les selles non évacuées s’accumulent dans le rectum. « Cela va former un petit bouchon, le fécalome. Ce dernier, une fois expulsé, va engendrer de la diarrhée en raison de selles qui ont fermenté au-dessus. »
Ce phénomène se constate aussi en cas d’encoprésie, une forme d'incontinence fécale pédiatrique. « On le voit avec les enfants qui retiennent leurs selles car ils ne veulent pas aller aux toilettes à l’école parce que les portes ne ferment pas ou qu’il n’y a pas de papier. À force de trop stocker, il y a des fuites. »
On peut facilement se soigner de la constipation sans avoir recours à un médecin.
Vrai et faux. Le professeur Véronique Vitton admet que s’il n’y a pas de signes d’alarme particuliers, si cela reste passager, rien n’oblige à consulter un médecin. « Mais il faut faire très attention à l’automédication. Dans les parapharmacies ou les pharmacies ou en ligne, on peut trouver des remèdes qui sont des compléments alimentaires dont la composition peut s’avérer toxique. »
En revanche, en cas de chronicité de la constipation, mieux vaut aller voir son médecin généraliste, son gynécologue ou un gastro-entérologue.
Il n’existe pas de traitement efficace pour soigner la constipation.
Faux. Différents types de laxatifs adaptés à la qualité des selles et au type de constipation peuvent être prescrits par un médecin. « Certains patients croient à tort que les prendre au long cours est mauvais pour la santé. Il n’en est rien. C’est un préjugé. On conseille d’adopter des règles hygiéno-diététiques, un régime alimentaire adapté pour certains patients, de marcher aussi, car si on reste au fond du lit, on ne va pas arranger son cas », confie le Professeur Vitton. La marche favorise en effet un bon transit intestinal.
« Toutefois, une activité trop brutale ne sera pas bonne pour le périnée », avertit le médecin. Les suppositoires ou les lavements peuvent aussi être recommandés par le médecin pour favoriser l’évacuation des selles.
L’alimentation est importante en cas de constipation.
Vrai et faux. C’est important si la qualité des selles est insatisfaisante. Sur l’échelle de Bristol (infographie ci-dessous), des selles de bonne qualité correspondent aux figures 3 et 4.
« Les aliments vont avoir un effet, les fibres notamment, pour optimiser la qualité des selles. On les trouve dans les fruits comme les pommes, les pruneaux, les oranges ou encore les légumes tels que les haricots verts ou secs, les lentilles, les pois, les pommes de terre sans la peau », reconnaît le Pr Véronique Vitton. Les fibres vont augmenter le volume des matières fécales, faire en sorte que ces dernières soient assez formées pour être plus faciles à évacuer.
Les kiwis sont conseillés. Ils contiennent une protéine aux effets laxatifs. « Des essais scientifiques l’ont prouvé. Pourtant, ce sont des fruits qui ne sont pas très riches en fibres », poursuit la gastro-entérologue. « En revanche, il n’existe aucune étude qui démontre que la banane ou le chocolat ont des effets constipants ou l’inverse. Ce sont des idées reçues. »
Vrai/faux sur la constipation
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Infographie - Vrai-faux constipation.pdf
Une bonne hydratation permet d’éviter la constipation.
Vrai. Il est conseillé de boire suffisamment. « Les eaux riches en magnésium ont prouvé leur bienfait sur le transit et le traitement de la constipation », précise le Professeur Véronique Vitton. Toutefois, consommer plus d’un litre et demi d’eau par jour n’a aucun intérêt.
La constipation est une affection taboue.
Vrai. « Tout ce qui touche au transit, au bas-ventre, aux excréments rebute », déplore la gastro-entérologue et hépatologue. Les expressions usuelles n’arrangent pas cette réalité. « Le fait de dire à quelqu’un de mauvaise humeur "Tu es constipé !" n’aide pas à avoir une image positive. La constipation est toujours associée à quelque chose de péjoratif. Par conséquent, on n’en parle pas ou alors on banalise cette maladie qui incommode beaucoup de personnes jusqu’à les priver de sortir, de vivre normalement leur vie affective… »
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