Bronzage : démêlez le vrai du faux avant de vous exposer au soleil
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La crème solaire empêche de bronzer
FAUX. Beaucoup de personnes croient que mettre de la crème solaire revient à « empêcher » le bronzage. Or, la crème solaire ne bloque pas totalement les rayons ultraviolets (UV), elle filtre seulement une partie des UVB et des UVA, selon son indice. Résultat : la peau bronze, mais plus progressivement. « C’est même préférable », souligne le Dr Catherine Oliveres-Ghouti, dermatologue-vénéréologue à Paris, membre du Syndicat national des dermatologues-vénéréologues (SNDV). « Un bronzage lent, sans coup de soleil, est plus homogène, plus durable et moins agressif pour la peau. »
Le bronzage est un mécanisme de défense : les mélanocytes, cellules responsables de la production de mélanine, s’activent en réponse à l’exposition aux UV. La crème solaire ralentit simplement cette réponse, mais ne l’annule pas. Mieux : elle évite les dommages liés aux coups de soleil, aux desquamations (peau qui pèle), et préserve ainsi la beauté et la santé de la peau.
Même avec un indice élevé, la crème solaire doit être remise toutes les deux heures
VRAI. « Les gens pensent qu’un indice élevé (SPF 50+) protège toute la journée. Mais si la crème n’est pas renouvelée, mal répartie ou appliquée en trop petite quantité, elle devient inefficace », alerte la dermatologue.
Une application le matin ne suffit donc pas, même avec un SPF élevé. Idéalement, la crème doit être mise avant de partir à la plage, sur peau propre et sèche, pour qu’elle ait le temps de pénétrer les couches superficielles de l’épiderme.
Son efficacité diminue ensuite au fil du temps : transpiration, frottements, baignades ou simple exposition prolongée affaiblissent la protection. C’est pourquoi il faut en remettre toutes les deux heures et après chaque baignade.
Et attention à la dose : « Pour une protection optimale, il faut environ une cuillère à soupe de crème pour couvrir l’ensemble du corps chez un adulte », précise-t-elle. Mal appliquée, une crème solaire peut perdre jusqu’à deux tiers de son efficacité.
Le bronzage est bon pour la santé
FAUX. Le bronzage peut donner une impression de bonne mine, mais cela n’a rien à voir avec un bienfait pour la santé. Il s’agit d’un mécanisme de défense contre une agression. « Le bronzage, c’est la peau qui tente de se protéger en produisant de la mélanine. Ce n’est pas un signe de santé, c’est une alerte », insiste la dermatologue. Un léger hâle donne bonne mine et booste le moral : il n’est donc pas question d’interdire toute exposition.
En réalité, chaque exposition au soleil accélère le vieillissement cutané, diminue l’élasticité de la peau et favorise l’apparition des rides, des taches et, à long terme, des lésions précancéreuses ou cancéreuses. « Même sans coup de soleil, l’ADN cellulaire peut être altéré », rappelle-t-elle. Une exposition raisonnée est donc la clé : profiter du soleil, oui, mais sans excès et toujours bien protégé.
Un coup de soleil est une brûlure de la peau
VRAI. Le coup de soleil n’est pas qu’un simple « rougissement » : il s’agit bien d’une brûlure, au sens médical du terme. Elle peut être de premier, voire de second degré si des cloques apparaissent. « C’est une véritable atteinte inflammatoire des cellules de la peau », confirme la dermatologue.
Au-delà de la douleur immédiate, les coups de soleil laissent une trace invisible : une mémoire cellulaire qui augmente les risques de mutations génétiques à long terme. « Un seul coup de soleil dans l’enfance double le risque de développer un cancer cutané plus tard », rappelle-t-elle. D’où l’importance de la prévention, en particulier chez les enfants.
Les peaux mates ou foncées n’ont pas besoin de protection solaire
FAUX. Les peaux plus foncées ont un taux de mélanine plus élevé, ce qui offre une certaine protection naturelle contre les UVB. Mais cette protection n’est pas absolue. « Les peaux mates ou foncées sont certes moins sujettes aux coups de soleil immédiats, mais elles peuvent tout de même souffrir de photovieillissement, de taches pigmentaires et de cancers cutanés », prévient le Dr Oliveres-Ghouti.
Autre point souvent négligé : certaines lésions sur peau foncée sont diagnostiquées plus tardivement, car elles sont moins visibles. « Il est donc tout aussi important pour ces peaux de se protéger, notamment sur les zones sensibles comme le visage, les épaules ou le cuir chevelu », ajoute-t-elle.
Le soleil est dangereux uniquement l’été
FAUX. Le danger ne dépend pas de la température ressentie, mais de l’intensité des UV, qui varient selon l’heure, l’altitude, la latitude… et non la saison. « On peut attraper un coup de soleil sur les pistes de ski en hiver, au printemps en terrasse ou sous un ciel voilé », explique la dermatologue. Les UV passent à travers les nuages et les vitres (de la voiture par exemple), ce qui les rend d’autant plus insidieux. Preuve que le soleil peut frapper même là où on ne l’attend pas : la Bretagne est la région française où l’on recense le plus de mélanomes, ces cancers de la peau redoutés.
La vigilance doit donc s’exercer toute l’année, en particulier entre 12 h et 16 h, lorsque les rayons UV sont les plus forts. « Le soleil ne fait pas de pause saisonnière, et notre peau ne doit pas baisser sa garde », souligne-t-elle.
L’indice de protection solaire (SPF) indique le niveau de protection contre les UVB
VRAI. Le SPF (Sun Protection Factor) mesure la capacité d’un produit à filtrer les UVB, les rayons principalement responsables des coups de soleil. Par exemple, un SPF 30 bloque environ 97 % des UVB, tandis qu’un SPF 50 en bloque 98 %. La différence semble minime, mais elle devient significative en cas d’exposition prolongée.
« Ce que beaucoup ignorent, c’est que le SPF ne dit rien de la protection contre les UVA, plus sournois car invisibles mais tout aussi nocifs », prévient le Dr Oliveres-Ghouti. D’où l’importance de choisir une crème « large spectre », qui protège à la fois contre les UVB et les UVA, ces derniers étant impliqués dans le vieillissement prématuré et certains cancers cutanés.
Il existe des crèmes solaires adaptées à chaque type de peau
VRAI. Le marché propose aujourd’hui des protections solaires spécifiques selon les besoins cutanés : formules allégées pour les peaux grasses, enrichies pour les peaux sèches, hypoallergéniques pour les peaux sensibles, ou encore des sprays faciles à appliquer pour les enfants. Certaines crèmes solaires ne sont d’ailleurs recommandées qu’à partir de 3 ans et certaines crèmes sont spécifiques pour les jeunes enfants.
« Il est important de tenir compte de son type de peau pour choisir le bon produit », conseille la dermatologue. « Une peau grasse tolérera mieux un fluide matifiant, tandis qu’une peau sèche aura besoin d’une crème plus nourrissante. Les peaux claires et réactives, quant à elles, doivent privilégier des filtres minéraux sans parfum. »
Mettre de la crème solaire suffit pour se protéger du soleil
FAUX. La crème solaire est indispensable, mais elle ne remplace pas les autres gestes de protection. « Il faut penser en termes de bouclier global : vêtements couvrants, lunettes de soleil à indice UV élevé (minimum 3), chapeau à larges bords, et surtout, éviter l’exposition aux heures les plus chaudes », insiste le Dr Catherine Oliveres-Ghouti, dermatologue.
Entre 11 h 30 et 16 h, les rayons du soleil traversent moins d’atmosphère pour atteindre notre peau : les UV sont donc plus directs et plus agressifs.
Même bien protégé, mieux vaut éviter une exposition prolongée. « Le meilleur moyen de protéger sa peau, c’est encore de limiter le temps passé au soleil. Il faut apprendre à profiter de l’extérieur sans chercher à bronzer à tout prix », conclut-elle.
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