Fraude aux moyens de paiement : faut-il souscrire une assurance ?

Publié le

Didier Le Gorrec

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Fraude aux moyens de paiement : faut-il souscrire une assurance ?
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La fraude aux moyens de paiement est un risque réel. Bien que la loi française protège déjà les consommateurs, une assurance spécifique offre une couverture plus étendue. Pour un coût annuel modéré, elle apporte une tranquillité d’esprit supplémentaire, notamment pour ceux qui voyagent beaucoup ou achètent fréquemment en ligne.

Cartes bancaires, chèques, virements, prélèvements… Nos moyens de paiement sont-ils bien assurés ? À l’heure où la fraude avoisine dans ce domaine 1,2 milliard d’euros par an (1), la question mérite d’être posée. D’autant que les escroqueries ne cessent d’augmenter (2). Alors, doit-on demander cette protection à sa banque ou bien n’est-elle pas fournie automatiquement ? Et si oui, pour quel niveau de prestation ?

La loi protège le consommateur escroqué 

Première information à connaître : en France, la loi protège déjà le consommateur. Que ses moyens de paiement soient couverts ou non par une assurance spécifique, la banque doit lui rembourser les sommes débitées dès lors que la fraude est constatée. Seule contrainte : une franchise légale de 50 euros est appliquée sur chaque fraude constatée. Cette somme sera donc soustraite au remboursement à venir. 

Pour pouvoir être remboursé sans être assuré, le consommateur escroqué ne doit pas négliger d’autres aspects. Ainsi, il doit avoir réagi rapidement en faisant opposition (pour sa carte ou son chéquier volés par exemple). Il ne devra pas non plus avoir commis une négligence grave ayant conduit à l’escroquerie, comme donner le code de sa carte bancaire à un inconnu. 

Par ailleurs, le remboursement d’opérations frauduleuses hors assurance des moyens de paiement possède ses limites. Parmi elles : les frais de remplacement de papiers ou de clés dérobés ou perdus en même temps que les moyens de paiement ne sont pas couverts. Et les délais d’indemnisation en général peuvent parfois s’étirer : sans garantie spécifique, l’assureur peut être plus exigeant sur les justificatifs apportés et prolonger son délai de traitement.

Avec l’assurance, des garanties supplémentaires 

Le détenteur d’un moyen de paiement dérobé ou détourné est donc protégé par la loi. Toutefois, il peut bénéficier d’une couverture plus large en contractant une assurance. Ainsi dans la plupart des contrats, le remboursement d’une fraude, réalisée suite au vol ou à la perte d’un moyen de paiement, s’effectue sans la franchise de 50 €. De plus, alors que les retraits forcés sous contrainte ne sont pas couverts en l’absence d’assurance, c’est généralement le cas si vous en contractez une pour votre carte bancaire (avec un plafond (3)). 

Par ailleurs, il arrive fréquemment qu’un membre de la famille utilise une carte bancaire contre le gré de son détenteur (un adolescent rebelle, un conjoint indélicat lors d’une séparation difficile, etc.). D’un point de vue purement légal (hors assurance), les montants engagés ne sont pas remboursés. En revanche, ils peuvent être couverts par une assurance. 

Il en est de même pour les fraudes validées par authentification forte pour un achat en ligne (via un code de sécurité). Alors que les banques ne remboursent pas les sommes détournées — estimant que le détenteur a validé l’opération — certains contrats d’assurance peuvent proposer une indemnisation. Les frais de remplacement de la carte volée sont généralement remboursés dès lors qu’une assurance a été contractée. Enfin, l’assurance des moyens de paiement assouplit certaines situations comme la déclaration tardive de la fraude. Le contrat peut prévoir un délai plus flexible.

Le coût d’une assurance des moyens de paiement varie globalement entre 20 € et 55 € par an (4). Pour un foyer avec plusieurs cartes, un seul contrat peut couvrir toutes celles du même compte. 

À noter : la plupart des contrats incluent une protection contre la fraude sur Internet, y compris via PayPal ou d’autres plateformes. 

Bon à savoir

Le consommateur peut se demander s’il doit déposer plainte en cas de fraude sur ses moyens de paiement. Cette démarche n’est pas obligatoire : le Code monétaire et financier stipule simplement de signaler immédiatement la fraude à sa banque, faire opposition, confirmer par écrit et fournir les justificatifs demandés. 

En pratique, certaines banques exigent toutefois une plainte ou une main courante (à la différence d’une plainte, elle n’engage pas de poursuites judiciaires), surtout en cas de vol ou d’usurpation d’identité, ce qui peut accélérer le remboursement.

(1)  1,195 milliard d’euros de fraude aux moyens de paiement constatés en 2023 (source : Banque de France).
(2)  Selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (ministère de l’Intérieur), les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement ont augmenté de 7,3 % par an entre 2016 et 2023, passant de 250 900 à 411 700 victimes. 
(3)  Ce plafond n’est pas fixé par la loi mais par l’assureur. Il convient donc de lire attentivement son contrat d’assurance.
(4)  Selon le comparateur Moneyvox, le prix annuel d’une assurance perte et vol des moyens de paiement s’échelonne entre 21,83 € et 54 € (enquête réalisée en mai 2025 auprès de 129 banques et établissements financiers).

Rédigé par

  • Didier Le Gorrec

    Journaliste spécialisé dans les sujets mutualistes et ESS ainsi que dans les problématiques liées à la prévoyance.

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