Piqûres de moustiques : ce qu’il faut savoir
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Les moustiques ne se nourrissent pas de sang, mais de nectar de fleur et de sève. En revanche, la femelle moustique a besoin de sang pour la ponte : celui-ci apporte aux œufs les protéines nécessaires à leur maturation. Les moustiques femelles vont donc partir chasser les humains et les animaux afin de prélever leur précieuse hémoglobine. Elles piquent le plus souvent le matin et le soir, dans les zones chaudes et humides.
Quelle est l’efficacité des pièges et autres huiles essentielles ?
Le géranium, la citronnelle, le thym, le basilic, la lavande et la verveine feraient fuir les moustiques. Ces plantes odorantes n’empêchent toutefois pas la femelle en quête de sang de piquer. Il en est de même pour les bracelets dont l’effet est limité voire inexistant. Quant aux pièges à moustiques, ils ne sont pas efficaces à 100 %. Seuls les modèles qui fonctionnent avec du CO2 et un cocktail odorant, simulant l’odeur humaine, réduisent la population de nuisibles sans épargner des piqûres. Les serpentins fumigènes éloignent les moustiques mais ce sont des dispositifs à réserver pour l’extérieur en raison de leurs émissions toxiques.
Le Dr Arnaud Jannic du service médecine interne et polyvalente, maladies infectieuses, rhumatologie et dermatologie de l’hôpital Henri Mondor à Créteil invite à la prudence concernant les huiles essentielles comme l’eucalyptus citronné. « Elles ont un fort potentiel allergénique. Leur substance active n’est pas strictement identifiée puisque ce sont généralement les mélanges complexes qui les composent (les terpènes, les dérivés aromatiques, etc.). Cela leur confère leur propriété répulsive ».
De plus, si elles peuvent avoir une efficacité momentanée pour repousser les moustiques de nos contrées, ce ne sera pas suffisant, tout particulièrement lors d’un voyage en zone tropicale. « Le moustique est vecteur de paludisme et d’autres maladies graves dans de nombreux pays. Si on voyage dans ces endroits, il faut impérativement porter des vêtements longs et utiliser des répulsifs puissants. »
La composition de ces produits peut être nocive (produits chimiques parfois dérivés du plastique). Cependant, c’est la protection la plus efficace contre les maladies tropicales. On trouve des répulsifs contenant des substances qui ont fait leur preuve comme le DEET et la picaridine en pharmacie. Attention cependant à respecter les recommandations du fabricant.
Les points d’eau stagnante (soucoupes de plantes, abreuvoirs pour animaux…) doivent être limités. En effet, ils sont propices à accueillir les pontes des moustiques. Pour éviter leur prolifération, il est recommandé de nettoyer les gouttières, de vider les ustensiles où pourrait s’accumuler l’eau de pluie et de couvrir les piscines et les réservoirs non utilisés.
Comment bien dormir à l’abri des piqûres ?
Pour bien dormir pendant les nuits d’été, on peut installer une moustiquaire autour de son lit ou directement autour des fenêtres. C’est la meilleure protection pour les petits enfants comme pour les adultes. Les moustiques n’aiment pas l’air en mouvement. Un ventilateur placé devant une fenêtre ou plusieurs disposés à table, durant les repas, les éloignent.
Les diffuseurs électriques et les bombes à base de pyréthrinoïdes sont à utiliser avec précaution : ils ne protègent qu’un espace restreint et diffusent de l’insecticide. Quant aux lampes à ultraviolet, elles viennent à bout d’à peu près tous les insectes, sauf des moustiques.
Comment faire disparaître une piqûre de moustique ?
Plusieurs remèdes existent pour apaiser les démangeaisons :
• nettoyer la zone piquée à l’eau et au savon : cela permettra d’éviter une infection.
• appliquer un glaçon sur le bouton de moustique : le froid soulage momentanément les démangeaisons.
• utiliser un gel à l’aloe vera : ses vertus apaisantes et désinfectantes font oublier le picotement et accéléreront la cicatrisation de la piqûre de moustique. À renouveler autant de fois que nécessaire.
Pourquoi les piqûres de moustique démangent-elles ?
Lorsque le moustique femelle pique, il prélève du sang et injecte dans les veinules sa salive, qui agit comme un anticoagulant. Les anticorps réagissent à la présence de cette substance en créant une réaction inflammatoire proche de l’allergie. L’organisme produit alors des histamines, molécules responsables de la démangeaison. Un bouton se forme à la surface de la peau et s’accompagne d’une envie irrépressible de le gratter.
La zone piquée émet une information d’alerte au cerveau : c’est la sensation de démangeaison. Or, en se grattant à cet endroit précis, le cerveau reçoit un nouveau message de contact, qui court-circuite en quelque sorte le message d’alerte. Pendant les quelques secondes de grattage, on ne sent plus la démangeaison. Mais celle-ci revient peu de temps après, et c’est le début du cercle vicieux : « ça me démange donc je me gratte ».
Les moustiques, pas si nuisibles ?
Si les moustiques ne sont pas les meilleurs amis de l’homme, l’écosystème a besoin d’eux. Ils nourrissent bon nombre de prédateurs et jouent un rôle important dans la dépollution des eaux. Alors plutôt que de les tuer, il est préférable de les éloigner et s’en protéger avec des vêtements longs et amples et des produits naturels qui les repoussent sans les mettre en danger.
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