À quel âge inscrire son enfant au sport ?

Publié le

Patricia Guipponi

Temps de lecture estimé 6 minute(s)

À quel âge inscrire son enfant au sport ?
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Faut-il attendre l'entrée au primaire pour inscrire son enfant dans un club ? Quels sports privilégier ? Peut-il en pratiquer plusieurs ? Comment savoir si son enfant est prêt ? Voici les principaux repères pour l'accompagner dans sa découverte du sport.

L’activité physique quotidienne constitue le socle du développement de l’enfant bien avant l'apprentissage d'une discipline sportive. « Le mouvement structure à la fois les capacités sensori-motrices, mais aussi les capacités cognitives et de socialisation », commente le docteur Colette Nordmann, médecin du sport (1).

Bouger ne renforce pas seulement le corps de l’enfant. Cela contribue aussi à son équilibre, à ses apprentissages et à ses relations avec les autres. « Il n'existe pas d'âge idéal pour commencer une activité sportive. Tout dépend du développement de l'enfant, de ses envies et de son rythme. » L'essentiel est de lui donner le goût de bouger, sans brûler les étapes.

Lors de l'activité physique, les muscles produisent des substances appelées « myokines » qui exercent des effets bénéfiques sur le cerveau, le cœur, les os ou encore les vaisseaux sanguins. Une raison supplémentaire de faire bouger les enfants régulièrement, bien au-delà de la seule pratique sportive.

Avant 6 ans, le plus important est de bouger

Avant même de parler de sport, l'enfant a avant tout besoin d'activité physique. Dès son plus jeune âge, il construit sa motricité, son équilibre, sa coordination et sa confiance en explorant son environnement, en courant, en sautant ou encore en jouant. Les parents jouent un rôle essentiel en partageant ces activités et en accompagnant progressivement leur enfant dans ses découvertes.

Le docteur Colette Nordmann explique comment savoir s’il est temps d’inscrire un enfant à une activité sportive. « On peut prendre en considération sa maturité d'apprentissage motrice et sensorielle pour la maîtrise du geste, ainsi que sa capacité à respecter des consignes. » L’âge auquel un enfant peut être inscrit dans un club dépend des sections adaptées que ce dernier propose.

Entre 2 et 6 ans, l'objectif n'est pas la performance mais la découverte. Baby gym, vélo, danse, multisports ou encore poney développent les capacités motrices tout en s'amusant. Les premiers sports collectifs peuvent être envisagés autour de 5 ans, avec des activités adaptées aux jeunes enfants (baby basket, baby hand, mini-foot, mini-rugby…).

Chaque âge ouvre de nouvelles possibilités sportives

À partir de 6 ans, les enfants acquièrent davantage de coordination et peuvent découvrir des disciplines plus structurées. Par exemple, les arts martiaux, comme le judo ou l'aïkido, sont des sports qui favorisent l'équilibre, le respect des règles et la maîtrise des gestes.

Mieux vaut éviter une spécialisation trop précoce. « Tester plusieurs sports favorise la découverte des nombreuses disciplines », souligne le médecin du sport. En variant les pratiques, l'enfant développe des aptitudes variées et découvre ses préférences. Il peut aussi pratiquer plusieurs activités, à condition qu'elles restent complémentaires et que leur cumul n'entraîne ni fatigue excessive ni risque de blessure.

Les parents ont un rôle important à jouer. Sans imposer une discipline, ils peuvent encourager leur enfant à aller au bout de son engagement. « Il faut proposer, mais aussi rester suffisamment ferme pour que toute activité commencée arrive au terme de l'année d'inscription. »

Le plaisir doit avant tout guider le choix

Le choix d'une activité sportive dépend autant de l'âge que de la personnalité de l'enfant. « Il faut avant tout respecter ses envies. Certains enfants sont plus attirés par les sports individuels, d'autres par les sports collectifs. Il n'y a pas de bon ou de mauvais choix, l'essentiel est qu'il prenne du plaisir », souligne le médecin du sport.

Un enfant timide pourra s'épanouir dans une activité individuelle comme la natation, tandis qu'un enfant très sociable trouvera davantage sa place dans un sport collectif. Rien n'est toutefois figé. Au fil de son développement, il pourra avoir envie d'explorer d'autres disciplines et de découvrir de nouvelles façons de pratiquer une activité physique.

Les parents peuvent orienter leur enfant, sans lui imposer leurs propres envies. « L’inciter me semble bien plus approprié », estime le docteur Colette Nordmann. Lorsque l'enfant grandit, il est important de lui laisser une part de décision. « Il doit être porteur de son projet sportif. Cela ne doit relever ni de ses parents, ni de son entraîneur. »

Fatigue et démotivation sont des signaux à écouter

Un enfant qui rechigne à aller à son activité sportive n'est pas forcément paresseux. Il peut simplement ne plus s'y retrouver. « S'il cherche toutes les excuses pour ne pas participer, il est important de se poser des questions sur le vécu de l'enfant au sein du groupe et avec l'animateur », observe la spécialiste du sport.

Les parents doivent également rester attentifs aux signes de fatigue, notamment pendant les périodes de croissance. Sommeil peu réparateur, irritabilité ou douleurs persistantes, entre autres, peuvent traduire une pratique mal adaptée ou un rythme trop soutenu. Mieux vaut alors ajuster les entraînements plutôt que de laisser le découragement s'installer.

Le matériel mérite lui aussi d'être surveillé. Chaussures, protections ou vélo doivent être adaptés à la croissance de l'enfant, parfois très rapide, afin d'éviter les douleurs ou certaines blessures.

Le sport fait aussi grandir en dehors des terrains

Au-delà des bénéfices physiques, le sport aide l'enfant à prendre confiance en lui, à apprendre les règles de la vie en groupe et à développer son autonomie. Il constitue aussi un précieux allié contre la sédentarité et le temps passé devant les écrans.

Contrairement aux idées reçues, le sport ne fait pas perdre du temps aux apprentissages. Au contraire, l'activité physique stimule les fonctions cognitives, comme l'attention, la mémoire et les fonctions exécutives, indispensables pour apprendre. « Plus l'enfant est actif et meilleurs sont ses résultats à l'école », indique le docteur Colette Nordmann.

Le meilleur moyen de transmettre le goût du mouvement à l’enfant est de montrer l’exemple. « Des parents actifs renforcent la capacité de leur enfant à bouger. » Enfin, une activité découverte dans l'enfance a davantage de chances d'être poursuivie à l'âge adulte, avec des bénéfices durables pour la santé.

(1)    Le docteur Nordmann est aussi formatrice pour le sport santé, et cofondatrice de SportSantéClic, de SportSantéGo et de SportSanté’Op pour faciliter le mouvement de la prescription médicale à l’action pour tous et en périopératoire.

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Patricia Guipponi

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