Vrai/faux sur l’alimentation des 4-17 ans
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À 4 ans, un enfant peut manger à table exactement les mêmes aliments que ses parents.
Vrai. À 4 ans, l’enfant a dépassé le stade de la diversification alimentaire. On peut donc préparer un repas unique pour l’ensemble de la famille. « Les jeunes enfants vont juste en manger une quantité différente », explique le docteur Perle Sayedoff, médecin nutritionniste à Paris et responsable d’un hôpital de jour de nutrition. « Ce que je dis aux parents : proposez aux enfants au moins un aliment moins aimé par repas, et faites-leur goûter plusieurs fois, cuisiné différemment. Ils doivent être dans la découverte et apprendre qu’un repas c’est une portion de féculents, une de protéines et une de légumes. »
Un enfant mange la même quantité de nourriture qu’un adulte vers l’âge de 11 ans.
Vrai et faux. Tout dépend en fait de la taille de l’enfant, de son appétit et surtout de l’activité physique qu’il pratique. « Cela me semble un peu jeune, commente le docteur Sayedoff. Mais tout dépend de l’intensité du sport pratiqué. » Un avis partagé par Carine Rolland, diététicienne-nutritionniste à Nantes et formatrice en nutrition. « Si un enfant de cet âge fait beaucoup de sport, il peut manger autant qu’une femme adulte. S’il ne brûle pas tout, a contrario il tombera dans le surpoids. »
Les enfants et adolescents doivent prendre un petit-déjeuner sucré.
Vrai et faux. Il est préférable qu’enfants et adolescents prennent un petit-déjeuner pour tenir leur matinée, rester concentrés… « Or, en pratique, beaucoup d’enfants n’ont pas faim le matin, et on ne peut pas forcer un enfant à manger. Attention, si on propose une collation en milieu de matinée, elle doit être légère pour ne pas perturber le déjeuner », souligne Perle Sayedoff. Quant au côté sucré du petit-déjeuner, il n’a rien d’obligatoire. Mieux vaut ne pas manger trop de sucres rapides pour éviter une hypoglycémie en cours de matinée. « Mais on peut garder le côté plaisir du petit-déjeuner sans être dans le "tout salé". Tout est question de quantités : on peut manger un peu de confiture sur du pain complet par exemple », observe Carine Rolland.
Les enfants et adolescents doivent manger au moins cinq fruits et légumes par jour.
Vrai. « Les études montrent que plus on mange de fibres, plus on a d’impacts positifs sur la santé », explique le docteur Sayedoff. Et mieux vaut manger un légume ou fruit de manière répétée, comme une pomme ou des carottes tous les jours, si l’enfant n’aime que ça, que pas du tout. « Le risque pour les enfants qui ne mangent pas assez de fruits et légumes est qu’ils souffrent de problèmes de transit et de carences ». Attention, certaines préparations ne comptent pas comme une portion. « Je pense aux jus de fruits ou aux soupes de légumes déshydratés par exemple, souligne Carine Rolland. Par contre, c’est oui pour une compote ou une soupe de légumes maison. Elle peut être par défaut en bouteille ou en brique en faisant attention à la quantité de sel. »
On doit « forcer » un enfant ou adolescent à manger un aliment jusqu’à ce qu’il l’aime.
Faux. Le forcer risque de le dégoûter pour de bon. « Mieux vaut lui montrer que d’autres personnes aiment cet aliment et en mangent -notamment ses parents, et l’inviter régulièrement à y goûter. Y compris et surtout en le cuisinant de façon différente », rapporte Perle Sayedoff. Il faut également tenir compte du goût de l’enfant, qui peut parfois ne pas du tout apprécier un aliment.
On doit « forcer » un enfant ou un ado à finir son assiette.
Faux. « Non, sûrement pas ! s’insurge le docteur Sayedoff. Beaucoup de professionnels de santé pensent même que c’est l’une des causes de l’obésité, car quand on fait cela, on sous-entend qu’on ne tient pas compte de la faim et de la satiété de l’enfant. Il pourrait donc dans le futur se dire qu’il peut manger quand il n’a pas faim ». Car il y a en effet une différence entre faim et envie de manger, qu’il est important d’apprendre aux enfants. « Et attention à l’enfant ou l’ado qui dit qu’il n’en veut plus à table, prévient Carine Rolland. Ce ne doit pas être une « stratégie » pour manger plus au goûter, par exemple ».
Les plats ultra-transformés ne devraient leur être proposés qu’en cas de dépannage.
Vrai. Le docteur Sayedoff les définit comme « des produits contenant dans leur recette des composants que l’on n’a pas à la maison ». Elle conseille d’en consommer le moins souvent possible. « Ce sont les moins intéressants sur le plan nutritionnel. Les études montrent que plus un produit est transformé, plus il est à risque. Chez l’adulte leur consommation est corrélée à l’incidence de cancers, d’obésité, de diabète, d’hypertension… »
Pour sa santé, mieux vaut éviter à un enfant ou à un adolescent d’être végétarien.
Vrai et faux. Les deux expertes estiment que c’est un sujet délicat, le problème principal étant de trouver une source de protéines suffisante et de qualité. « Les 4-17 ans en ont particulièrement besoin. Elles sont importantes car leurs muscles et leurs corps grandissent », détaille Perle Sayedoff. « Il faut vraiment éviter d’être végétalien par exemple à cet âge, assure Carine Rolland. Si on accepte de manger des produits laitiers et des œufs on peut équilibrer un repas, mais attention aux carences en fer et en vitamine D. Mieux vaut peut-être aller voir un diététicien ou un nutritionniste dans ce cas. »
Le meilleur goûter est « pain et chocolat ».
Plutôt vrai. « C’est nettement mieux qu’un gâteau industriel transformé ! C’est un goûter intéressant, car il contient des sucres lents qui calent et du bon gras dans le chocolat. Par contre, il manque un peu de fibres », estime le docteur Sayedoff. L’idée serait de rajouter un fruit par exemple pour pallier ce manque.
C’est une bonne idée de les emmener au marché/chez le producteur de fruits ou de légumes.
Vrai. « Oui, c’est très bien ! s’enthousiasme Perle Sayedoff. Ils vont choisir eux-mêmes ce qu’ils veulent manger, voire découvrir de nouveaux fruits et légumes. Cela permet de développer la curiosité et l’envie. » Certains producteurs offrent la possibilité de cueillir directement les produits, ce qui rend également l’expérience ludique pour les enfants.
Expliquer les risques de la malbouffe est nécessaire.
Vrai. Paradoxalement, mieux vaut éviter les interdits en termes de malbouffe. « L’interdit donne en effet l’envie d’en manger, car il génère de la frustration », explique Perle Sayedoff. Mais il faut limiter la malbouffe en rendant ce repas occasionnel et en ne commandant pas forcément un soda avec le menu "frites + burger". « Si possible, il faut privilégier le fait maison et la qualité. Et expliquer les risques même si c’est compliqué auprès des plus petits. Sans rabâcher, le sujet ne doit pas devenir obsessionnel car l’enfant peut développer des troubles du comportement alimentaire », raconte Carine Rolland. Enfin, il est utile pour les parents de montrer l’exemple en mangeant correctement. A noter que le site mangerbouger.fr vient de sortir un guide sur l’alimentation des 4-11 ans.
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