La vitamine D : à quoi sert-elle ?
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Souvent appelée « vitamine du soleil », la vitamine D est essentielle au bon fonctionnement de notre organisme. Son rôle principal : « favoriser l’absorption du calcium et du phosphore dans l’intestin, contribuant ainsi à la minéralisation et à la fortification des os et des dents », explique le Dr Yanis Nasri, médecin généraliste et urgentiste. C’est pour cela qu’elle fait généralement partie des traitements préventifs contre l’ostéoporose, en particulier les femmes après la ménopause, ainsi que chez la personne âgée, et contre le rachitisme.
« Elle participe également à la fonction musculaire, prévenant des faiblesses et réduisant les risques de chutes chez les personnes âgées ». Et puis, certaines études auraient montré, également, un effet sur les troubles de l’humeur, comme la dépression.
La vitamine D : un facteur clé de l’immunité
Bien connue pour son rôle dans la santé osseuse, la vitamine D est également un élément clé dans le bon fonctionnement du système immunitaire. « En effet, elle va stimuler la production de certaines cellules immunitaires capables de neutraliser directement les pathogènes (bactéries, virus, champignons) lorsqu'il y en a besoin », poursuit le Dr Yanis Nasri.
Dans cette optique, certaines études associent un risque accru à certaines infections à un faible taux sérique de vitamine D, notamment les rhumes et la grippe, en limitant l’inflammation des voies respiratoires et en favorisant une réponse immunitaire efficace. « Concernant le Covid, aucune étude n’a démontré que la prise de vitamine D empêchait ou permettait de mieux lutter contre le virus. »
D’autres études rapportent également des effets potentiels sur la réduction du risque de survenue de cancers et le développement de maladies cardiovasculaires. Là encore, des études solides sont nécessaires pour confirmer ces tendances.
Le soleil : la principale source de vitamine D
La vitamine D est, contrairement aux autres vitamines, produite naturellement par l’organisme. « Elle est principalement synthétisée au sein de notre corps grâce à l'exposition solaire, détaille le Dr Nasri. Lorsque la peau est exposée aux rayons ultraviolets B (UVB) du soleil, le 7-déhydrocholestérol (un composé présent dans la peau) est converti en prévitamine D3, qui se transforme ensuite en vitamine D3 active ». Cette vitamine D3 est ensuite transportée vers le foie et les reins, où elle est métabolisée en sa forme active, utilisable par le corps.
Une exposition quotidienne de 15 à 20 minutes (visage, bras ou jambes bras) peut assurer a minima à l’organisme un apport journalier suffisant en vitamine D.
« Mais la quantité de vitamine D synthétisée dans la peau varie d’une personne en fonction de la saison (en hiver, l’intensité des UVB est insuffisante dans de nombreuses régions pour permettre une synthèse adéquate), de la couleur de la peau (les peaux plus foncées, contenant davantage de mélanine, absorbent moins d’UVB, réduisant ainsi la production de vitamine D), de l’utilisation ou non de crème solaire (qui empêcherait de synthétiser la vitamine D), de la surface exposée et de la durée de l’exposition au soleil ».
Une alimentation riche en poisson
Le reste de l’apport est fourni par l’alimentation : essentiellement les poissons gras (foie de morue, saumon, sardine, maquereau, hareng…), les huiles de foie (huile de foie de morue), le jaune d’œuf, les champignons mais également les produits laitiers (yaourts, fromage blanc, fromage, lait).
« La vitamine D est liposoluble : elle est mieux absorbée lorsqu’elle est prise pendant un repas contenant des graisses (huiles, avocats, noix), souligne le médecin. Vous pouvez la consommer à tout moment de la journée, mais idéalement avec un repas principal (petit-déjeuner ou déjeuner). Cela améliore son absorption ». Le fait de la prendre le matin permet également de profiter éventuellement de l'aide du soleil pour l'assimilation.
Se supplémenter en cas d’insuffisance ou de carence en vitamine D
Il est souvent difficile d’atteindre les apports journaliers recommandés uniquement via l’alimentation, surtout en hiver ou dans les zones peu ensoleillées. Une supplémentation peut être nécessaire, notamment pour les populations plus à risque. C’est le cas par exemple des personnes âgées dont la capacité de la peau à synthétiser la vitamine D diminue avec l’âge, des femmes enceintes, allaitantes ou ménopausées, des patients atteints de maladies chroniques (maladies rénales, hépatiques, digestives) ou de certains cancers ou encore des personnes souffrant d'obésité.
« Ces personnes peuvent se retrouver alors en situation de carence en vitamine D », précise le généraliste. Une carence sévère en vitamine D est diagnostiquée lorsque les concentrations sériques de 25-hydroxyvitamine D (la forme circulante de la vitamine D) sont inférieures à 12 nanogrammes par mL de sang. En revanche, on parlera de carence modérée pour un taux situé entre 12 à 20 ng/mL ».
Un déficit en vitamine D entraîne alors une baisse du calcium dans l’organisme et donc un défaut de minéralisation osseuse. C’est elle qui est responsable à long terme d’une ostéoporose avec risque de fracture. « Dans ce cas, votre médecin traitant peut proposer une supplémentation en vitamine D sous forme liquide (gouttes), en capsules ou en comprimés. En prévention, les doses peuvent aller de 800 à 1 000 UI/jour pour les adultes, de 800 à 2 000 UI/jour pour les seniors et en traitement, jusqu’à 4 000 UI/jour ou des doses ponctuelles plus élevées selon les recommandations médicales. »
Il est important d’adapter la supplémentation au niveau de carence, qu’il faudra contrôler avant et après la cure de vitamine.
Vitamine D chez l’enfant : privilégier les médicaments aux compléments alimentaires
Chez l’enfant, la vitamine D est indispensable à la croissance des os. « En France, la supplémentation en vitamine D est recommandée dès les premiers jours de vie afin de prévenir le rachitisme et doit être poursuivie pendant toute la phase de croissance et de minéralisation osseuse, c’est-à-dire jusqu’à 18 ans », rappelle l’ANSM (l’Agence nationale de sécurité du médicament).
« Nous avons alerté les autorités de santé que des cas de surdosage à la vitamine D ont été rapportés chez des jeunes enfants suite à la prise de compléments alimentaires enrichis en vitamine D à la place des médicaments, regrette le Dr Andreas Werner, pédiatre et président de l’AFPA (association française de pédiatrie ambulatoire). Il existe des risques réels de surdosage favorisés par des concentrations élevées (500 jusqu’à 10 000 UI de vitamine D dans 1 goutte) et par l’absence de recommandations de doses en fonction de l’âge. »
Ces cas se manifestent par une hypercalcémie (taux excessif de calcium dans le sang) qui peut avoir des conséquences graves, notamment au niveau des reins (calcul rénal, dépôt de calcium dans le rein…). « Le niveau de sécurité des médicaments à base de vitamine D (comme Adrigyl et Zyma D) est soumis à des exigences réglementaires supérieures à celles qui s’appliquent aux compléments alimentaires, rappelle le pédiatre. Il faut donc les privilégier surtout chez les nourrissons ».
En l’absence de facteurs de risque, une supplémentation est recommandée jusqu’à la fin de la croissance (18 ans), soit une dose de 50 000 UI tous les trois mois, soit en dose journalière (400-800 UI).
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