Transition écologique : les clés pour s’informer et se former
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Le sujet est essentiel, mais il est complexe. D’après un sondage réalisé en 2023 par Obea pour le Centre national d’enseignement à distance (Cned), près de 6 Français sur 10 estiment que le niveau de culture écologique n'est pas à la hauteur des enjeux. Une majorité des sondés trouvent tout aussi « compliqué » de comprendre les informations sur le dérèglement climatique que de savoir ce qu’il faut faire pour protéger l’environnement.
Pourtant, il existe de nombreuses façons d’acquérir des connaissances sur ces questions – souvent à moindre coût – et d’avoir les clés pour passer à l’action. Tour d’horizon.
Les sites, guides et livres de référence sur la transition écologique
« Prendre le temps de lire et de s’informer afin de se faire une première idée des enjeux est une très bonne chose », souligne Florence Clément, responsable de l’information et des actions éducatives à l’Agence de la transition écologique (ADEME). Pour cela, Internet regorge évidemment de documentation, souvent gratuite. Mais attention à bien faire le tri dans les sources.
Pour obtenir une information fiable, vous pouvez déjà vous tourner vers les guides de l’ADEME. « Nous essayons d’être présents dans tous les univers de la vie des gens, que ce soit au bureau, à la maison, en vacances… Nous avons même des guides pour organiser Noël, détaille la responsable. L’idée est de donner des pistes pour agir au quotidien. »
Le site du ministère de la Transition écologique permet également d’avoir une vue d’ensemble des problématiques environnementales, tout comme le Socle d’information initial de la Convention citoyenne pour le climat. Plusieurs médias indépendants spécialisés (tels que Reporterre, Vert ou encore Bon Pote) proposent aussi des contenus de qualité.
Vous pouvez par ailleurs vous plonger dans la lecture d’ouvrages de référence. Parmi eux : Le climat en 100 questions de Sylvestre Huet et Gilles Ramstein (Tallandier, 16,90 euros), Tout comprendre (ou presque) sur le climat d’Anne Brès, Bon Pote et Claire Marc (CNRS Éditions, 18 euros) ou encore Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité d’Aurélien Barrau (Michel Lafon, 8 euros).
Les formations gratuites en ligne
« Aujourd’hui, l’urgence est telle que l’information n’est pas suffisante, insiste Florence Clément. Il faut absolument accompagner les personnes qui sont dans un désir de changement. Et une des clés, c’est la formation : celle-ci permet en effet à chacun d’avoir une connaissance et des méthodes de recherche de l’information suffisamment solides pour enclencher des réflexions et des actions. »
Bonne nouvelle : plusieurs dispositifs, destinés au grand public, permettent de se forger une bonne culture écologique. Le Cned a ainsi créé, en juin 2023, la formation intitulée « Le B.A-BA du climat et de la biodiversité ». Gratuite et disponible en ligne, elle a bénéficié de la validation d’experts mondialement reconnus dans le domaine.
Elle se découpe en cinq modules (« changement climatique », « causes et atténuation », « conséquences et adaptation », « défi de la biodiversité », « société et futurs ») d’environ 1 h 30. Un système de badges numériques permet, à chaque étape, de valider ses acquis.
« Notre feuille de route a été de combiner le plus haut niveau de rigueur scientifique possible et l'accessibilité au plus grand nombre, précise Jérôme Villot, directeur adjoint du Cned en charge des apprentissages, de la pédagogie et du numérique. C’est une formation que chacun peut faire à son rythme et qui se veut très interactive afin d’éviter les décrochages. » En un peu plus d’un an, 250 000 personnes l’ont suivie et 50 000 badges ont été délivrés. « Le B.A.-BA est une première brique qui permet de savoir quels comportements adopter pour améliorer la situation, ajoute Jérôme Villot. D’après nos enquêtes, 87 % des utilisateurs disent que la formation leur a permis de disposer de plus d’arguments pour échanger avec leur entourage sur les enjeux écologiques. C’est important parce que, sur ces sujets-là, on n’agit pas seul. »
De nombreux MOOC (cours gratuits et ouverts à tous) sont également disponibles sur Internet. Vous en trouverez notamment sur le site de l’ADEME. La fondation UVED (Université Virtuelle Environnement & Développement durable) en propose ainsi une quinzaine, sur des thématiques diverses (« Environnement et développement durable », « Biodiversité », « L’océan au cœur de l’humanité »…).
« Notre vocation est de démocratiser l'accès au savoir et de faire une passerelle entre le chercheur et le citoyen, indique Vincent Sennes, chargé de mission Conception et animation des MOOC à la Fondation UVED. Chaque formation (qui comporte des vidéos de cours, des quiz, des conseils de lecture, des webinaires…), d'une grande rigueur scientifique, mobilise une trentaine de chercheurs et de spécialistes. La pluralité des disciplines et des points de vue est en effet essentielle sur ces sujets complexes. Pour bien faire les choses, il faut compter environ 12 heures d’investissement personnel (3 heures par semaine pendant 4 semaines) par sujet. Mais, en 12 heures, vous pouvez faire un sacré bond en termes de savoir et de compréhension ! Tous nos MOOC ouvrent également sur des perspectives d’action. »
Afin de mieux appréhender les liens entre les crises écologiques et la santé humaine, le Groupe VYV propose de son côté un parcours de sensibilisation gratuit intitulé « Climat & biodiversité : notre défi santé ». Cette formation interactive, d’une durée d’1h15, comporte des vidéos d’experts, des activités pédagogiques, des quiz et des fiches de synthèse. Les trois ambitions du programme ? « Connaître, comprendre et agir ». Car lutter contre le changement climatique et préserver le vivant est aussi une façon d’œuvrer pour un meilleur bien-être individuel et collectif.
Les ateliers pédagogiques
Connaissez-vous la Fresque du climat ? Cet outil ludique et participatif permet de mieux comprendre les enjeux, les causes et les conséquences du dérèglement climatique. En groupe, les participants sont invités à placer 42 cartes, dont le contenu est issu des rapports scientifiques du GIEC (1), schématisant les liens de cause à effet des changements climatiques. L’objectif ? Acquérir les connaissances nécessaires à la réflexion et favoriser les prises de décision éclairées.
Créé en 2015, le jeu (accessible le plus souvent gratuitement ou à un tarif modique) a déjà touché près d’1,9 million de personnes en France. « La force de cet atelier, c’est qu’il s’appuie sur l’intelligence collective, estime Leslie Chrétien, co-référente de la Fresque du climat au Pays basque et facilitatrice en transition écologique. Certes, on peut apprendre énormément de choses sur Internet. Mais, sur ces questions-là, on a aussi besoin de discuter ensemble et de réapprendre à coopérer. Personnellement, la Fresque m’a permis de prendre conscience de l’urgence climatique, de me mettre en action et de faire le lien avec d’autres personnes engagées sur le territoire. »
Sur ce même modèle, plusieurs ateliers plus « spécifiques » ont vu le jour ces dernières années : la Fresque de la biodiversité, la Fresque océane, la Fresque de l’alimentation ou encore l’atelier 2tonnes. Ce projet pédagogique, fondé en 2019 par deux anciens animateurs de la Fresque du climat, s’est donné une mission : permettre à chacun et chacune de prendre part à son échelle à la transition.
« Face à l’ampleur des enjeux climatiques, le risque est de tomber dans deux écueils : se sentir perdu et se sentir découragé, fait remarquer Louis de Jabrun, directeur marketing du projet 2tonnes (2), qui développe et déploie l'atelier du même nom auprès des organisations et du grand public. Nous sommes convaincus que la pédagogie est le meilleur moyen de comprendre et s'emparer des enjeux climatiques et sociaux de la transition. » Le principe ? Pendant 3 heures, les participants (5 à 16 personnes) sont invités à imaginer le futur et à agir ensemble. « Sur la base de leur empreinte carbone, les participants sont amenés à prendre des décisions, aussi bien individuelles que collectives, pour la réduire, détaille Louis de Jabrun. L’idée est de montrer que chacun (citoyens, gouvernements et entreprises) a un rôle à jouer. »
200 000 personnes ont déjà pris part à cet atelier. « Nous comptons une communauté de 10 000 animateurs/animatrices en France et à l’étranger, qui eux-mêmes déploient le jeu auprès du grand public ou des entreprises, ajoute le responsable. C’est un signal très fort, car miser sur son pouvoir d’influence est aussi un moyen d’agir. »
(1) Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
(2) 2 tonnes équivalent CO2 correspond à l’empreinte carbone moyenne annuelle par habitant qu’il faudrait atteindre en 2050, notamment pour respecter l’engagement de l’Accord de Paris. Aujourd’hui, nous sommes, en France, à 10 tonnes en moyenne.
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