Risque d’emprise mentale dans le domaine de la santé, les conseils de la Miviludes

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Émilie Gilmer

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Risque d’emprise mentale dans le domaine de la santé, les conseils de la Miviludes
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Face à la multiplication des « thérapeutes » auto-proclamés dispensant des « soins » sans aucun diplôme reconnu, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) appelle à la vigilance. Elle vient de publier une version actualisée de son guide « Santé et dérives sectaires » afin de donner à chaque citoyen les moyens de se protéger.

Parmi l’ensemble des signalements adressés à la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), la santé et le bien-être constituent aujourd’hui le secteur d’activité le plus représenté, avec 37 % des sollicitations reçues. C’est la raison pour laquelle la Miviludes a publié, fin septembre 2026, une toute nouvelle version de son guide « Santé et dérives sectaires », sorti pour la première fois en 2012.

« Au cours des dernières années, nous avons assisté à la prolifération de discours pseudo-scientifiques et d'offres thérapeutiques alternatives, notamment sur Internet et les réseaux sociaux, analyse Patricia Mirallès, présidente de la Miviludes. La crise sanitaire, liée au Covid-19, a accéléré le phénomène et accentué les vulnérabilités individuelles, le stress et la défiance envers les institutions et la médecine scientifique. Dans ce contexte, de nombreux patients en quête de repères ou en souffrance se sont tournés vers des solutions miracles non éprouvées. »

Ce phénomène a des conséquences : un risque de pertes de chance dues à l’abandon de soins conventionnels, des préjudices financiers majeurs ainsi qu’un isolement social pour les victimes. C’est pourquoi la Miviludes a jugé nécessaire d’actualiser ses outils d’information et de prévention. « Il ne s'agit pas de condamner a priori les thérapies alternatives, observe sa présidente. Il s’agit de donner des repères scientifiques et juridiques rigoureux pour différencier une pratique inoffensive d'une dérive dangereuse. »

Patients, quels sont les signaux d’alerte à repérer ? 

Le guide « Santé et dérives sectaires » décrypte le processus de mise sous emprise, tel qu’il existe dans le domaine de la santé. L’approche se fait souvent de manière indirecte et subtile, avec une offre de développement personnel, de spiritualité ou de thérapie, promettant un réconfort dans l’adversité. Puis viennent les phases de séduction et de soumission, via des techniques de conditionnement comme la flatterie, la peur, l’exploitation des fragilités personnelles, le dénigrement de la médecine conventionnelle sur fond de théorie du complot, etc.

« Chaque citoyen peut acquérir certains réflexes simples, précise Patricia Mirallès, présidente de la Miviludes. Il convient de se méfier des promesses de guérison spectaculaires, de l’exigence d'un paiement par avance conséquent, ou encore de l'incitation à se couper de ses proches et de son médecin traitant. Un praticien sérieux ne demandera jamais à son patient d'interrompre un traitement prescrit. »

Un dérivomètre pour évaluer la dangerosité d’une offre de soins

En partenariat avec la Miviludes, le ministère de la Santé a réalisé de son côté un « dérivomètre » (1). Il s’agit d’un outil gradué d'auto-évaluation qui permet à chacun de mesurer l'indice de dangerosité d'une offre de soins à partir d'indicateurs précis. Le dérivomètre propose ainsi trois niveaux de vigilance – « je reste attentif », « je fais une pause » et « je dis stop ! » – associés à des conduites à tenir concrètes.

« En cas de doute, le premier réflexe est de vérifier les qualifications du praticien auprès de l'Ordre professionnel concerné, précise Patricia Mirallès. Si le risque est confirmé, il est recommandé de refuser les prestations non encadrées et d'effectuer une démarche d'alerte en déposant directement une saisine confidentielle sur le site internet de la Miviludes ou en contactant les autorités sanitaires régionales (ARS) », précise la présidente.

Professionnels de santé, comment réagir face un patient sous emprise ?

Au-delà du grand public, le guide s’adresse aussi aux professionnels du soin, via des fiches métiers élaborées avec les Ordres professionnels (médecins, pharmaciens, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, etc.). Ces fiches détaillent les conduites à tenir face à un patient sous emprise ou à des pratiques suspectes. Une manière d’appeler chaque professionnel de santé à la plus grande vigilance.

« Ils constituent le premier rempart sur le terrain et peuvent repérer les signaux faibles chez leurs patients (isolement, discours de rupture avec la science, refus soudain de soins, etc.), rappelle Patricia Mirallès, présidente de la Miviludes. Nous les incitons à dialoguer avec eux et à signaler les situations préoccupantes. »

Car, avec cette publication, la Mission interministérielle entend également rappeler le cadre légal. D’autant plus que les évolutions récentes renforcent la lutte contre les dérives sectaires et l’accompagnement des victimes. La loi du 10 mai 2024 instaure notamment un délit de provocation à l’abstention ou à l’abandon de soins, puni d’un an d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

(1)    Il existe un autre dérivomètre, plus ancien, conçu par le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM).

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Émilie Gilmer

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