Comment donner son sang en entreprise ?

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Céline Chaudeau

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Comment donner son sang en entreprise ?
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La Journée mondiale des donneurs de sang a lieu chaque 14 juin à l’initiative de l’Organisation mondiale de la santé. L’idée est de sensibiliser toute personne en bonne santé, âgée de 18 à 70 ans, à l’importance de cette pratique. Et les entreprises peuvent aussi s’y associer à leur façon.

Pourquoi donner son sang, et cette année en particulier ?

Le saviez-vous ? La date du 14 juin n’a pas été choisie par hasard. Elle célèbre aussi l’anniversaire (lointain) de feu Karl Landsteiner (1868-1943) : c’est ce biologiste et médecin autrichien qui a distingué les premiers groupes sanguins en 1900. « Aujourd’hui encore, le don de sang continue de sauver des vies, rappelle Frédéric Cabaret, le directeur de la collecte et de la production au sein de l’EFS (Établissement français du sang). 

Les dons dont on parle sont des concentrés de globules rouges qui sont transfusés aux patients dans de nombreuses situations. Ils servent à des transfusions lors d’accidents de la route ou d’hémorragies lors d’interventions chirurgicales ou d’accouchements, mais plus souvent encore dans le traitement de certaines maladies chroniques comme des cancers, de plus en plus nombreuses dans une société où les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses. »

Cette année encore, l’EFS repart en campagne, animé par un sentiment d’urgence. « En mai, les dons ont été en recul à cause des jours fériés et de la précocité de la vague de chaleur. » Début juin, les réserves étaient tombées à un niveau préoccupant de 75 000 unités. « On considère que les réserves sont stables lorsqu’elles atteignent 90 000 unités. En même temps, nous devons préparer l’entrée dans la période estivale où les donneurs eux-mêmes vont partir en vacances. Il est donc urgent de donner dès que possible pour inverser la tendance. »

Comment une entreprise peut s’impliquer ?

Pour rappel, toute personne en bonne santé âgée de 18 à 70 ans peut donner son sang. « Aujourd’hui, on estime qu’entre 3,5 et 4 % de la population concernée donne son sang, poursuit Frédéric Cabaret. Cela ne représente pas une part très importante de la population active, sachant que les jeunes retraités sont ceux qui donnent le plus régulièrement. » Si les centres de dons sont aussi ouverts le samedi ou pendant les vacances, le premier frein affiché reste le manque de temps.

Et si la solution était de donner… en entreprise ? Notre expert en est persuadé. « À côté de l’accueil dans nos Maisons du don, nous proposons une deuxième forme de collecte qui vient s'installer chez les employeurs. 3 000 collectes par an s’effectuent lors de ces collectes mobiles en entreprise. Cela représente 10 % de nos résultats. » Pour y parvenir, l’EFS propose un dispositif sur mesure aux grandes entreprises, de plus de 500 salariés en général. « On ne peut pas se permettre de se déplacer pour moins de 50 ou 60 dons. Il faut aussi que l’entreprise ait des locaux adaptés à nous prêter. » Mais une fois que le dispositif est validé, l’EFS s’occupe de tout, de l’accueil des donneurs au suivi médical, en passant par la collation durant les 20 minutes de repos obligatoire après le don de sang.

Pour qu’employeurs et collaborateurs s’y retrouvent, les horaires de la collecte sont adaptés à l’organisation de la société. Ceux qui disent vouloir donner sans avoir le temps de se déplacer n’ont plus d’excuse. « Cette fois, c’est la collecte qui vient à eux. Et cela va prendre au maximum une heure de leur temps. »

Que peuvent faire les plus petites entreprises ?

Pour autant, les contraintes d’organisation et de taille ne doivent pas dissuader de plus petites entreprises de s’engager. « Plusieurs solutions existent, assure Frédéric Cabaret. Par exemple, j’ai déjà vu des entreprises organiser des collectes mobiles et inviter des salariés d’autres entreprises à venir donner dans leurs locaux. C'est ainsi que l’on arrive à faire des collectes de 70, 80 ou 90 donneurs, c’est-à-dire des résultats exceptionnels pour du don en entreprise. »

Si une entreprise veut se lancer seule, elle peut aussi organiser des déplacements dans l’une des 107 « Maisons du don » fixes ouvertes au public en France. « Certaines entreprises ne manquent pas d’inspiration et lancent des challenges entre salariés ou même entre entreprises pour donner le maximum de sang. Ce sont des défis festifs et conviviaux, et qui font du bien à tous. » Mais rien n’oblige tous les salariés à se déplacer en même temps. 

« Nous sommes preneurs d’autres types d’engagement, comme des communications sur ce sujet important en entreprise. La sensibilisation des salariés passe aussi par l’implication des services de communication et des directions des ressources humaines pour pouvoir porter le message. »

Autre initiative possible : un employeur peut tout simplement autoriser un salarié à aller donner son sang pendant une ou deux heures sur son temps de travail. « Au moment où l’on se parle, la proposition de loi prévoyant une « autorisation d’absence » pour permettre à tous les salariés de donner leur sang sans retenue de salaire a été adoptée à l’Assemblée nationale, mais reste encore bloquée au Sénat. » En attendant, la loi permet à l’employeur de maintenir la rémunération d’un salarié pendant son absence pour un don, sans le lui imposer. « Mais rien n’interdit à un employeur de s’emparer du sujet. Beaucoup d’entreprises ont déjà franchi le pas et ont inscrit cette autorisation dans leur politique RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). »

Quelles retombées une entreprise peut-elle attendre ?

Les entreprises mobilisées sur le sujet le regrettent rarement. « Déjà, c’est une bonne action, utile et citoyenne, rappelle Frédéric Cabaret. En France, 10 000 dons de sang sont nécessaires chaque jour pour répondre aux besoins des malades. Nous connaissons tous des personnes qui pourraient être touchées par ce besoin. »

Conviviale et solidaire, la collecte de sang met de la vie autrement dans l’entreprise. « Je connais des entreprises qui accordent trois heures à leurs collaborateurs pour faire leur don. Quand elles voient les résultats et la satisfaction de leurs collaborateurs, elles mesurent vite le gain en termes de cohésion, d'engagement et de sentiment d’appartenance au sein de l’entreprise, alignée sur de belles valeurs. »

Selon l’EFS, une heure de son temps, pour un don, peut sauver trois vies. Mais si l’on donne le 14 juin, il faut essayer de ne pas s’arrêter là. « Les produits sanguins ont une durée de vie très courte de 42 jours pour les globules rouges et 7 jours pour les plaquettes. Le renouvellement des stocks doit être continu… »

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