Le ministre du Travail présente ses chantiers pour 2026
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L’essentiel
- Le ministre du Travail et des Solidarités souhaite des plans de prévention qui s’attaquent aux causes des accidents mortels. La moitié sont liés à des malaises cardiaques.
- La Conférence Travail Emploi Retraite (TER), lancée fin 2025, doit faire ressortir les causes profondes de l’absentéisme.
- Transparence salariale : un projet de loi attendu pour le début de l’été.
Jean-Pierre Farandou est ministre du Travail et des Solidarités depuis cinq mois au sein du Gouvernement de Sébastien Lecornu. En dehors de la préparation des lois budgétaires, le ministre est intervenu dans le débat public en lançant, le 5 décembre dernier, la conférence Travail Emploi Retraite (TER).
Cette conférence sociale réunit l’Etat, des experts et les partenaires sociaux autour des trois enjeux liés que sont le travail, l’emploi et le régime des retraites. « C’est une démarche qui vise à y voir clair, à alimenter le débat de manière objective », explique le ministre, lors d’une rencontre avec la presse le 20 janvier, organisée par l’Association des journalistes de l’information sociale (AJIS) (1).
La conférence TER se déroule jusqu’à l’été 2026, avec des ateliers thématiques mensuels et des conférences.
Chercher les causes profondes de l’absentéisme
La lutte contre l’absentéisme fera partie des enjeux, tout au long de cette conférence TER. « Le maintien d’un haut niveau d’absentéisme est un fait depuis le Covid, relève le ministre. Il faut comprendre les causes profondes et les mécanismes qui y conduisent dans une logique de prévention », explique Jean-Pierre Farandou.
Le ministre rejoint, par ailleurs, les actions menées par la ministre de la Santé pour réguler la prescription des arrêts maladie, notamment dans le cadre des mesures liées au budget de la Sécurité sociale et « pour lutter contre les abus qui existent ».
Accidents mortels : une « priorité personnelle »
Le nombre d’accidents mortels au travail (plus de deux par jours en 2025) préoccupe tout particulièrement le ministre qui en fait « une priorité personnelle ». Sur ce point, Jean-Pierre Farandou souligne l’importance d’agir au bon endroit, pour les entreprises. « Un accident mortel sur deux est lié à un malaise cardiaque. Dans ce cas, il faut des plans de prévention en entreprise avec des actions adaptées. Or, vous n’en entendez jamais parler (…) Il y a des circonstances du travail qui peuvent aggraver le risque de malaise chez quelqu’un qui a déjà des prédispositions. Faut-il encore que l’on ait l’information. »
Le ministre conclut sur ce sujet : « Les entreprises pourraient encourager les salariés, après 45 ou 50 ans, à consulter leur cardiologue, par exemple. »
Service de prévention en santé au travail
Le ministre a rappelé que « la médecine du travail est au cœur des enjeux de prévention ». Le manque de médecins du travail est important, à l’image de la démographie médicale nationale. Pour y répondre, Astrid Panosyan-Bouvet, qui a précédé Jean-Pierre Farandou rue de Grenelle, a agréé deux nouveaux services de prévention en santé au travail en Ile-de France qui s’appuient sur la tech pour fournir des services en partie dématérialisés (plateforme de services numériques, téléconsultation…).
Sur ce sujet, Jean-Pierre Farandou s’est dit ouvert à tout ce qui pourrait améliorer les choses. « Mais je suis prudent sur le déséquilibre que l’arrivée de nouveaux acteurs pourrait créer dans le secteur », a-t-il précisé. Ces services seront évalués au terme de la durée de leur agrément temporaire qui devrait durer deux ans.
Plus de transparence salariale
La transposition en droit français de l’obligation de transparence salariale est une échéance importante de l’année pour les entreprises. Selon une directive européenne, elles auront à garantir cette transparence des salaires afin de favoriser l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes.
L’heure est au dialogue social. Le ministre a réuni les partenaires sociaux le 15 janvier dernier pour un nouveau cycle de discussions afin de fixer les modalités de mise en œuvre des nouvelles règles, notamment le périmètre des entreprises concernées (en fonction d’un nombre minimum de salariés). Le calendrier européen fixe, en théorie, l’entrée en vigueur de l’obligation salariale à fin juin. De son côté, Jean-Pierre Farandou a évoqué « un projet de loi présenté avant l’été ».
(1) L’ensemble des citations du ministre sont issues d’une rencontre organisée par l’Associations des journalistes de l’information sociale (AJIS) le 20 janvier 2026 à Paris.
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