Organiser un événement sur la santé au travail : les questions à se poser

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Philippe Chibani-Jacquot

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Organiser un événement sur la santé au travail : les questions à se poser
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Conférence, atelier participatif, dépistage… réunir les salariés autour de la santé au travail se fait de multiples manières. Un tel moment peut devenir le point de départ d’une véritable culture de prévention partagée.

L’essentiel 

  • Faire de l’événement un temps utile, d’information et d’échange.
  • Le thème : partir des risques concrets auxquels sont exposés les salariés.
  • S’appuyer sur les ressources existantes comme la médecine du travail, les Carsat…
  • Prévoir un format simple et adapté à l’activité : réunion d’équipe, atelier, pause prévention…

Organiser un événement autour de la santé au travail peut paraître à certains dirigeants comme un moment improductif. Isabelle Freundlieb, directrice de l’Agence régionale pour l’amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail (Aract) Centre-Val de Loire, pense l’inverse. « La prévention est souvent traitée hors du projet stratégique de l’entreprise, alors qu’elle touche directement la productivité et la performance globale », rappelle-t-elle.

Créer un temps collectif met donc la prévention au cœur de l’activité. Pour le dirigeant, c’est l’occasion de donner un signal clair sur sa volonté de s’emparer du sujet. C’est aussi un levier de cohésion entre les collaborateurs qui peuvent parler ensemble du travail et de leur santé.

Comment choisir le bon sujet ?

Quel est le principal facteur de risque pour la santé des salariés dans l’entreprise ? En répondant à cette question, le thème devrait couler de source. L’analyse du Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), dont chaque entreprise doit disposer, peut servir de boussole : quelles sont les situations de travail les plus exposées ? Y a-t-il eu une hausse de l’absentéisme ?

Choisir un thème concret aide à mobiliser les salariés. « Dans le bâtiment ou l’industrie, cela pourra être l’utilisation des équipements de protection (EPI) ; dans l’aide à domicile, les troubles musculosquelettiques ; dans les bureaux, la charge mentale ou le télétravail… », illustre Isabelle Freundlieb.

Le sujet peut aussi être lié à la prévention de maladies ayant une influence sur la carrière des salariés (diabète, accidents cardiovasculaires, cancer…) ou sur des problématiques telles que la qualité du sommeil, la santé mentale...

Quel est le bon moment ?

« Ce n’est jamais le bon moment », diront certains. Faux. Tous les moments sont bons, il suffit de choisir celui qui convient le mieux au sujet et à l’activité de l’entreprise. Certaines entreprises consacrent quinze minutes en début de journée, d’autres y consacrent deux heures, le temps d’un serious game (ou « jeu sérieux »), produit par des experts, comme la Carsat Rhône-Alpes. D’autres encore y consacreront jusqu’à une journée sous forme de séminaire (ateliers, conférences…).

Isabelle Freundlieb conseille la stratégie des petits pas. « Il vaut mieux une action courte mais claire, qu’une journée entière, difficile à organiser. » Et la variété des formes est beaucoup plus riche qu’on ne le pense. 

Quels sont les formats possibles ?

Un événement prévention peut durer toute une journée sans bouleverser le cours du travail. Par exemple, si le thème traité est l’amélioration de l’alimentation, l’action peut prendre la forme de consultations avec un diététicien qui passe la journée sur le site. Les salariés intéressés s’inscrivent sur un créneau de 15 minutes, sans que l’activité soit impactée.

S’il s’agit  de lutter contre la sédentarité, l’action peut consister en une séquence matinale d’activité physique adaptée animée par des professionnels. Au terme de la séance, une courte information et la transmission de documents serviront à prolonger l’attention sur le sujet.

Quelle que soit la forme de l’action de prévention, « ce sera au dirigeant de l’entreprise d’ouvrir la séquence pour dire que c’est un enjeu important pour l’entreprise », conseille la directrice de l’Aract Centre Val-de-Loire : pourquoi ce sujet, quelle ambition, quel lien avec le projet d’entreprise  Cette parole donne du sens et légitime le temps collectif.

Antoine Gauthier dirige depuis 25 ans AG Metal, une entreprise de chaudronnerie de 14 salariés dans le Loir-et-Cher. « Quand j’ai créé l’entreprise, je me suis dit que j’étais prêt à bosser beaucoup, mais pas dans la douleur. » Après l’embauche de plusieurs salariés, il comprend que la forme du dialogue sur le travail doit évoluer. « J’ai imaginé une réunion d’une journée où nous devions répondre à une question : qu’est-ce qui nous embête au quotidien ? » Machines, organisation, horaires… tous les sujets pouvaient être discutés. « A chaque problème validé, je désignais un chef de projet et on avançait », raconte Antoine Gauthier. Ce format perdure encore aujourd’hui.

Où trouver ressources et soutiens ?

De nombreux acteurs apportent un appui technique ou financier :

  • Les Services de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) sont les interlocuteurs des entreprises sur les questions de prévention. Ils organisent des conférences de sensibilisation et disposent, en général, d’un catalogue d’actions de prévention.
  • Les Caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) informent et accompagnent toutes les entreprises, notamment les TPE.
  • Le réseau des Agences régionales pour l’amélioration des conditions de travail (Anact-Aract) anime notamment la Semaine nationale de la qualité de vie au travail qui se déroule, traditionnellement, la deuxième semaine de juin.
  • Les services de prévention des mutuelles et organismes de prévoyance proposent des actions qui mobilisent tous les salariés.
  • Les organisations professionnelles et de branche développent des outils de sensibilisation sur les risques spécifiques de leur activité.
  • L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) a produit des affiches et documents de vulgarisation sur des thématiques aussi diverses que le risque chimique ou les agissements sexistes au travail.
  • Les Directions régionales de l’économie de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) animent le Plan régional de santé au travail qui soutient souvent des actions de sensibilisation pour les salariés.

Quelle est la règle d’or pour un événement sur la santé au travail ?

Une action réussie est une action qui reste dans les mémoires de la direction et des salariés. Au-delà du thème, du moment et de la forme que prend son action de prévention, Antoine Gauthier rappelle sa règle d’or : « Créer la confiance. Cela veut dire écouter vraiment les salariés et être capable, en tant que patron, de dire qu’on a eu tort ». 

Health day, une journée pour la santé des salariés d’Harmonie Mutuelle

Montrer l’exemple. Un an après le lancement du mouvement pour l’Eco-santé, Harmonie Mutuelle organise le 4 novembre 2025 la première édition du Health day.

L’Eco-santé se définit comme un mouvement pour donner les moyens et l’envie d’agir sur sa santé. Agir plus tôt pour éviter certaines maladies, agir plus vite en améliorant l’accès aux soins et agir autrement en offrant une santé au meilleur coût économique et environnemental.

Le Health day a été organisé pour mobiliser l’ensemble des salariés d’Harmonie Mutuelle sur leur Eco-santé. Concrètement, le 4 novembre, les salariés (mais aussi les adhérents en agence) pourront participer à des activités très diverses en lien avec leur santé. Ils ont choisi de participer à des marches collectives, conférences, ateliers sur le sport santé, des séances de dépistage et même de vaccination contre la grippe. 

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