L’Éco-santé : « une conviction et un mouvement »
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Harmonie Mutuelle s’engage en faveur de l’Éco-santé. De quoi s’agit-il ?
Thomas Blanchette : Chez Harmonie Mutuelle, nous sommes engagés depuis longtemps auprès de nos salariés, adhérents et entreprises clientes pour favoriser les conditions d’une bonne santé. Aujourd’hui, le constat est clair : les défis de santé de demain sont nombreux, structurants et questionnent la soutenabilité de notre système de santé. Il est urgent d’agir pour y répondre collectivement et c’est pour cela que nous annonçons le lancement de l’Éco-santé. Alors de quoi s’agit-il ? L’Éco-santé est à la fois une conviction et un mouvement. Une conviction, celle qu’en utilisant mieux nos ressources humaines, financières, et naturelles, nous avons le pouvoir d’agir pour prendre soin de notre santé de manière durable. C’est aussi un mouvement, puisque c’est un chemin vers lequel nous souhaitons inciter le plus grand nombre à nous rejoindre.
Pourquoi y a-t-il urgence à agir ?
Catherine Touvrey : C’est désormais connu : les dépenses de santé augmentent d’année en année sous l’effet du vieillissement de la population et du développement des maladies chroniques. Cela met au défi notre système de santé et de protection sociale, comme en témoigne le déficit de l’Assurance maladie qui s’élève à plus de 11 milliards d’euros en 2023. La situation ne semble plus tenable ni financièrement ni humainement. Et il ne s’agit pas là que d’une question économique abstraite ; l’enjeu concret et réel est celui de l’accès à la santé pour tous, à des soins de qualité.
La France, par exemple, fait partie des trois pays en Europe qui dépensent le plus en matière de santé par rapport à leur PIB et pourtant nous ne figurons pas parmi les 10 pays avec la meilleure espérance de vie sans incapacité à la naissance. La marge de progression est donc immense et il y a désormais urgence à agir pour relever le défi collectif de la soutenabilité du système de santé et donner les moyens à chacune et chacun de prendre soin de sa santé. La révolution de la prévention occupe donc une place centrale dans notre démarche. C’est le premier des trois piliers de l’éco-santé : agir plus tôt, plus vite et autrement sur sa santé. Agir plus vite, c’est favoriser l’accès aux soins. Et agir autrement, c’est prendre davantage en compte la question environnementale.
Pour agir justement, quelles actions concrètes envisagez-vous ?
Catherine Touvrey : Si nous restons sur l’enjeu de bascule vers un système préventif, notre ambition est simple : rendre facile le fait de prendre soin de sa santé et ce, le plus tôt possible. En effet, nous avons fait une enquête récemment qui montre que 7 Français sur 10 sont prêts à changer leur mode de vie pour préserver leur santé et pourtant seulement la moitié d’entre eux effectue régulièrement ses examens de dépistage. En d’autres termes, les Français sont conscients de la nécessité de prendre soin de leur santé mais des freins subsistent pour passer à l’action. Notre pari ? En trouvant des solutions concrètes pour lever ces freins, en rendant simples les comportements vertueux, alors le passage à l’action sera massif au bénéfice de la santé de toutes et tous.
Pour illustrer cela, prenons l’exemple d’une démarche que nous menons déjà chez Harmonie Mutuelle, au sein de nos agences ou de nos sites administratifs, et que nous pensons utile d’accélérer : l’organisation de dépistages sur le lieu de travail. Rendre simple donc, mais aussi donner envie de prendre soin de sa santé, par exemple en encourageant la pratique d’une activité physique ou sportive. Et là encore l’entreprise a un rôle à jouer : au Harmonie Mutuelle Semi marathon de Paris, 10 % des participants se sont inscrits via leur entreprise.
Agir plus vite sur notre santé, qu’entendez-vous par là ?
Thomas Blanchette : L'accès aux soins est devenu plus difficile à cause du développement des déserts médicaux, de la progression des dépassements d’honoraires, mais aussi des délais de diagnostic souvent trop longs en raison de parcours de soins trop complexes. Une mutuelle ne peut pas tout régler, mais notre rôle est d’accompagner nos adhérents pour accélérer leur accès aux soins quand il est nécessaire.
Nous sommes présents dans les territoires à travers les 1 800 établissements de VYV3, qui est le premier réseau privé non lucratif en France, et grâce à notre réseau de professionnels de santé partenaires, Kalixia. En parallèle, Harmonie Mutuelle fait tout pour réduire les obstacles financiers. Nous sommes le premier gestionnaire privé de la Complémentaire santé solidaire (avec 235 000 bénéficiaires), et nous consacrons plus de 3 millions d’euros chaque année à l’action sociale, accessible à tous nos adhérents. Et pour tous nos adhérents, nous assurons un taux de redistribution sur lequel nous nous engageons, et qui est l’un des plus élevés du marché.
Enfin, pour réduire les délais de diagnostic, nous proposons le service de deuxième avis pour plus de 650 pathologies rares ou invalidantes, afin que nos adhérents puissent bénéficier d’un diagnostic médical rapide et sécurisé.
Dernier axe de l’Éco-santé : agir autrement. Cela se traduit comment ?
Catherine Touvrey : Agir autrement, c’est tout d’abord prendre conscience de l’interdépendance entre santé et environnement. Le système de santé pèse sur l’environnement, un environnement dégradé pèse sur notre état de santé. Nous devons donc agir.
Nous prônons un recours plus raisonné aux soins, respectueux des ressources de la planète. Par exemple, plutôt que de changer systématiquement de monture de lunettes, pourquoi ne pas privilégier des solutions de réemploi ? C'est une démarche que nous souhaitons encourager, de même que pour certains dispositifs médicaux comme les orthèses.
Mais agir autrement pour une mutuelle, c’est bien entendu également se soigner autrement. Par exemple en favorisant un recours scientifiquement encadré à ce qu’on appelle parfois les « médecines douces », auxquelles près des trois quarts des Français ont déjà recours. Nous voulons donner un cadre scientifique à ces pratiques. C’est pourquoi nous soutenons la création d’un référentiel pour les Interventions non médicamenteuses (INM) : des méthodes de santé, préventives ou thérapeutiques, dont l’efficacité et la pertinence scientifique sont reconnues. Nous souhaitons sensibiliser aussi bien les patients que les professionnels de santé à l’existence de ces méthodes de santé, et contribuer à ce qu’elles soient pleinement intégrées dans les parcours de soins.
Quels sont les bénéfices espérés de toute cette démarche d’Éco-santé, pour la société mais aussi pour chacun d’entre nous ?
Thomas Blanchette : En lançant ce mouvement, notre objectif est d’agir plus tôt, plus vite et autrement sur la santé de nos adhérents. Par cet ensemble d’actions concrètes pour développer la prévention, favoriser le juste recours aux soins et préserver l’environnement, nous visons à enclencher une dynamique, qui devra s’amplifier au fil des mois, et dont nous attendons bien entendu un bénéfice pour notre communauté d’adhérents – y compris par une maîtrise de l’augmentation de nos dépenses de santé – donc de nos cotisations.
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