Maisons de santé, maisons de garde, centres de santé… : quelles sont leurs différences ?
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En France, il existe plus de 1 300 hôpitaux publics et près de 1 000 cliniques privées conventionnées (1). Les hôpitaux, tout comme les cliniques, ont pour mission la prise en charge des diagnostics, des traitements, de la chirurgie et des soins qui en découlent. Parmi eux figurent les centres hospitaliers, les centres hospitaliers universitaires (CHU) et les hôpitaux d’instruction des armées (HIA).
Dans ce paysage, se trouvent aussi d’autres structures de soins, telles que les maisons de santé pluriprofessionnelles ou encore les centres médicaux de santé. Elles aident à mieux couvrir les besoins de santé des Français, face à un système souvent saturé et à la désertion médicale qui touche plus d’un tiers de la population, le plus souvent en zones rurales.
Plus de 2 700 maisons de santé pluriprofessionnelles en France
Structures de soins de proximité, les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) regroupent des professionnels de santé, inscrits au code de la santé publique comme les médecins généralistes, les pharmaciens et les sages-femmes. Elles sont aussi composées de professionnels paramédicaux (infirmiers, pédicures-podologues, kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes…).
Tous ces professionnels ont un statut de libéraux et sont donc rémunérés en fonction des actes qu’ils réalisent. Ils bénéficient d’un cadre de travail collectif et de coordination avec les autres professionnels et acteurs de l’écosystème de santé. D’autres professionnels évoluent dans les MSP et en sont salariés : il s'agit de personnes ayant des fonctions de coordination, de secrétariat ou des fonctions support tels que les Infirmiers en pratiques avancés (IPA) par exemple.
Il faut au moins deux médecins et un paramédical pour pouvoir ouvrir une maison de santé pluriprofessionnelle. Il en existe plus de 2 700 en France. « Ces maisons rencontrent un véritable succès auprès des professionnels. C’est une solution pour ceux ne veulent pas rester isolés et préfèrent fédérer leurs compétences, mutualiser leurs conditions de fonctionnement », indique Emmanuelle Barlerin, infirmière et co-présidente d’AVECsanté, association représentative des MSP.
Les pôles de santé sont des maisons de santé multisites
Le terme de maison de santé pluriprofessionnelle a été adopté par un décret de 2008. « La volonté des professionnels de santé de se regrouper existait déjà avant. Les libéraux avaient compris l’intérêt de travailler de façon collective sur certains sujets dont la coordination des soins. Mais ces dispositifs n’avaient pas de nom arrêté. » Environ 40 000 professionnels exercent dans des maisons de santé. Douze millions de patients sont pris en charge au sein de ces structures de soins primaires en exercice coordonné.
Les pôles de santé sont aussi appelés maisons de santé multisites car ils sont répartis sur plusieurs lieux. « Les professionnels de santé ne sont pas rassemblés dans un seul espace identifiable mais exercent dans des lieux différents, en milieu rural comme urbain », explique la co-présidente d’AVECsanté.
Et Emmanuelle Barlerin de préciser : « Grâce à ces structures, on peut mettre en place de la prévention, organiser plus efficacement la vaccination, l’éducation thérapeutique. On met en commun tous les éléments qui concerne le patient coordonne les actions et le soin. C’est plus fluide pour le patient et donc pour sa prise ne charge ».
Les maisons de garde assurent la permanence des soins ambulatoires
Certaines maisons de santé ont des particularités. Les maisons de santé pluriprofessionnelles universitaires (MPSU), par exemple, allient soins et recherche. « Elles sont rattachées à une faculté de médecine et certains de leurs soignants sont enseignants et chercheurs », explique la responsable d’AVECsanté.
Les maisons de santé rurales (MSR), quant à elles, se trouvent uniquement, comme leur nom l’indique, en milieu rural. Elles répondent le plus souvent à un besoin médical non servi, faute de cabinets médicaux ou d’autres structures de soins à proximité.
En revanche, la maison médicale de garde (MMG) est différente de la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP). En effet, la MSP accueille tous les patients, gère les parcours de soins, les maladies chroniques, la prévention... « Tandis que les maisons médicales de garde regroupent des médecins généralistes pour assurer la permanence des soins ambulatoires, répondant ainsi au besoin du moment et non à la prise en charge globale du patient », distingue Emmanuelle Barlerin, co-présidente de l’association AVECsanté.
La maison médicale de garde veille à la prise en charge et à la continuité des soins lorsque les autres structures médicales sont fermées. Le plus souvent, elle les relaie entre 20 heures et 8 heures, les week-ends et les jours fériés.
Les centres de santé : des structures de soins associatives ou mutualistes
D’autres dispositifs assurent un suivi médical. Les centres de santé en font partie. Il s’agit de structures associatives ou mutualistes dans lesquelles les professionnels de santé sont salariés (comme dans les hôpitaux). On en dénombre 2 500 en France. Certains regroupent une seule profession soignante, d’autres sont pluriprofessionnelles. Ils sont surtout implantés en milieu urbains.
« On trouve aussi sur le territoire des centres de soins non programmés, structures intermédiaires entre la médecine générale et les services d’urgence surchargés », observe Emmanuelle Barlerin de l’association AVECsanté.
Ces centres assurent la prise en charge de pathologies nécessitant un plateau technique (matériel de suture et d’immobilisation, imagerie médicale, médecine de spécialité…). Ils sont 60 sur le territoire, encadrent 400 professionnels de soins et voient plus d’un million de patients chaque année.
Des dispositifs d’aide aux structures de soins
L’appellation de communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) englobe tous les acteurs de la santé d’un territoire : les maisons de santé pluriprofessionnelles, les hôpitaux, les cliniques, les maisons de garde, les Ehpad… Ces CPTS sont plus de 750 en France et font le lien entre les diverses structures de santé, pour une meilleure cohésion et un parcours du patient plus fluide.
« Les dispositifs d’appui à la coordination (DAC) sont aussi essentiels dans ce paysage. Ils aident l’hôpital et le libéral dans les situations complexes », souligne Emmanuelle Barlerin, co-présidente d’AVECsanté. Ces équipes d’infirmiers ou d’assistants sociaux vont intervenir à domicile chez les patients dans des situations dites complexes tant sur le plan sanitaire que social (précarité, logement inadapté).
(1) Les sources chiffrées sont issues de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), fin 2024, des Agences régionales de Santé et de Santé Publique France.
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