Mon soutien psy : des séances chez le psychologue remboursées

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Peggy Cardin-Changizi

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Mon soutien psy : des séances chez le psychologue remboursées
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Anxiété, stress, mal-être… Depuis 2022, l’Assurance maladie propose un accompagnement psychologique pris en charge, sans avance de frais. Baptisé Mon soutien psy, ce dispositif monte en puissance. Il est désormais plus simple d’accès, et s’adresse à tous, dès l’âge de 3 ans.

Depuis juin 2024, il n’est plus nécessaire d’avoir une prescription médicale pour consulter un psychologue dans le cadre du dispositif Mon soutien psy. Il suffit de prendre rendez-vous directement avec un professionnel partenaire via l’annuaire en ligne sur ameli.fr. Cette évolution vise à faciliter le recours à un accompagnement psychologique, notamment en cas de troubles d’intensité légère à modérée (stress, anxiété, épuisement, difficultés émotionnelles…).

Destiné à toutes les personnes âgées de 3 ans et plus, Mon soutien psy comprend jusqu’à 12 séances prises en charge chaque année civile. La première est une séance d’évaluation, qui permet de poser les bases du suivi. Les suivantes sont des séances de soutien psychologique, personnalisées selon la situation du patient. Elles peuvent être réalisées en présentiel ou, dans certains cas, en téléconsultation.

Chez les étudiants, ce dispositif peut même s’articuler avec Santé Psy Étudiant, un programme d’accompagnement psychologique gratuit, sans avance de frais, mis en place pour les étudiants pendant la crise sanitaire.

Une prise en charge complète et sans dépassement d’honoraires

Le tarif d’une séance est de 50 euros, sans dépassement d’honoraires possible. Il est pris en charge à 60 % par l’Assurance maladie et à 40 % par les complémentaires santé. Pour ceux qui n’ont pas de complémentaire santé, ils devront s’acquitter du reste à charge. Pour certaines personnes (bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, patientes enceintes à partir du 6e mois ou personnes en affection de longue durée), la prise en charge peut être intégrale, à 100 %.

Cette accessibilité vise à réduire les inégalités face à la santé mentale, alors que le frein financier reste un obstacle pour de nombreuses personnes. 

Les professionnels de santé (généralistes, pédiatres, sages-femmes…) peuvent également proposer ce suivi à leurs patients, mais l’initiative peut tout aussi bien venir de l’assuré lui-même. Dans tous les cas, le psychologue reste libre d’évaluer si le trouble entre dans le cadre du dispositif, qui concerne exclusivement les souffrances d’intensité légère à modérée.

Un nombre de bénéficiaires en forte hausse

Depuis son lancement, le dispositif connaît un développement rapide. Au 24 mars 2025, près de 587 000 personnes ont bénéficié de Mon soutien psy. Ce chiffre a quasiment doublé entre la fin 2023 et la fin 2024. Cette dynamique s’explique par les évolutions favorables apportées au dispositif en juin dernier, mais aussi par un besoin croissant de soins en santé mentale dans la population.

En effet, selon les dernières données, 16 % des Français sont concernés par un état dépressif et 23 % par un trouble anxieux, des proportions en hausse depuis la crise sanitaire. L’Assurance maladie estime que plus d’un Français sur cinq sera concerné par un trouble psychique au cours de sa vie.

Des psychologues plus nombreux sur tout le territoire

Pour répondre à la demande croissante, l’Assurance maladie a également renforcé son réseau de psychologues partenaires. Le nombre de professionnels conventionnés est passé de 2 150 en 2023 à plus de 5 500 en mars 2025. Ces praticiens sont présents sur l’ensemble du territoire, à l’exception de la Guyane.

Cette montée en charge a été rendue possible grâce à la revalorisation de leur rémunération, à l'augmentation du nombre de séances (de 8 à 12 par an) et à une meilleure visibilité du dispositif.

Une campagne d’information ciblée a également été menée en 2024 auprès des psychologues pour les encourager à rejoindre le dispositif.

La santé mentale encore victime de préjugés

Malgré une prise de conscience croissante, les préjugés sur la santé mentale restent bien ancrés. Selon une enquête BVA menée en février 2025 pour l’Assurance maladie, 93 % des Français reconnaissent que les troubles psychiques peuvent toucher tout le monde. Pourtant, 37 % estiment qu’on peut s’en sortir seul « si on le veut vraiment », et 12 % considèrent encore qu’une maladie mentale n’est pas une « vraie maladie ».

Ces idées reçues freinent le recours à une aide psychologique : un tiers des sondés déclare qu’ils ne consulteraient pas un psychologue, même en cas de mal-être. L’obstacle financier est également pointé du doigt : près de la moitié des personnes interrogées pensent que les consultations psychologiques sont réservées aux personnes aisées.

Résultat : Mon soutien psy, lancé en 2022, reste peu connu. Moins d’un quart des Français en a entendu parler, et plus des deux tiers ignorent que les séances sont remboursées par l’Assurance maladie et la complémentaire santé, sans avance de frais pour de nombreux assurés. Pour faire connaître le dispositif au plus grand nombre, une campagne nationale de sensibilisation est diffusée en avril 2025.

 

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