Sondage sur les fake news en santé : que disent les Français ?
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La désinformation est omniprésente sur internet et les réseaux sociaux. Elle touche désormais tous les domaines, et la santé n’y échappe pas. D’ailleurs, les deux tiers des Français estiment qu’elle est particulièrement exposée aux fausses informations. C’est ce qu’indique notre sondage « Les fake news dans le domaine de la santé » (1), réalisé en décembre 2024 par l’Institut Verian pour Harmonie Santé, en partenariat avec l’Inserm (l’Institut national de la santé et de la recherche médicale).
Les fake news en santé influencent les comportements des Français
Près d’un Français sur deux (47 %) affirme avoir déjà été confronté à des fake news en santé, des informations qui se sont révélées par la suite mensongères. Un chiffre en hausse depuis 5 ans : ils n’étaient que 37 % lors de notre premier sondage sur les fake news, fin 2019. Ces informations erronées ou trompeuses étaient le plus souvent liées à une maladie, à des médicaments et des soins.
« Cette progression suggère soit une expansion de ce phénomène, soit une meilleure capacité des citoyens à détecter et identifier les fake news, analyse Stewart Chau, directeur d’études chez Verian. Quoi qu’il en soit, elle témoigne de la montée en puissance de la désinformation. Et elle reflète probablement l’impact amplificateur de la crise sanitaire. » La pandémie de Covid a en effet véhiculé son lot d’infox, notamment au sujet des vaccins, et alimenté la défiance de certains Français envers la science.
En revanche, 18 % des personnes interrogées ne savent pas si elles ont déjà été en contact avec des fake news en santé. Si elles les repèrent moins facilement, elles peuvent être plus vulnérables, et donc se faire avoir. Ce qui peut avoir des effets non négligeables sur leur santé. Ainsi, 43 % de ceux qui ont conscience de s’être fait duper ont déjà agi en se basant sur une information qui s’est avérée mensongère (contre 32 % en 2020). Ils sont même 60 % chez les moins de 35 ans et 72 % parmi ceux qui s'informent via les réseaux sociaux sur les questions de santé.
Dans la majorité des cas, cette mauvaise décision n’a pas eu de conséquence grave. Mais elle n’a pas été neutre pour autant. Elle a pu générer de l’angoisse, l'apparition de nouveaux symptômes et même l'aggravation de leur maladie, sans parler de l’éventuel coût inutile d’un traitement inefficace. Les fake news sont donc clairement néfastes pour la santé.
Agir contre la désinformation en santé devrait être une priorité
Face aux dangers qu’elles font courir, 9 Français sur 10 estiment qu’il est important de lutter contre les fake news dans le domaine de la santé. « Ce qui démontre une prise de conscience générale de la gravité de la situation », souligne Stewart Chau, de l’institut Verian.
Mais comment combattre le phénomène ? Sur le sujet, les Français ont des attentes fortes vis-à-vis des autorités publiques, avec plus de contrôle des informations et une législation plus dure contre la diffusion intentionnelle de fake news. Autre solution, selon eux, pour prévenir la propagation de fausses nouvelles : une plus grande transparence des sources (à la fois des médias traditionnels et des influenceurs). Cela passe aussi par davantage de sensibilisation des citoyens à travers des campagnes de prévention, notamment sur les conséquences des fake news.
Parmi les autres pistes évoquées pour lutter contre la désinformation et aider les citoyens à distinguer le vrai du faux
- permettre de dénoncer des intox ou d’alerter plus facilement ;
- renforcer les prises de parole des chercheurs et scientifiques ;
- former les citoyens à mieux repérer les fake news et à réagir face à une fausse information (dans les écoles, dans les entreprises) ;
- encourager l’utilisation de sites d’informations de santé, gérés par les autorités publiques, et des sites et outils de « fact-checking » (vérification des faits)…
Le médecin reste la première source d’information sur la santé
Notre sondage sur les fake news fait également le point sur le rapport des Français à l’information en santé. 35 % d’entre eux estiment qu'il est difficile de trouver des informations fiables et de confiance, à tel point que certains préfèrent ne pas trop s’informer sur la santé (près d’un sur 4).
Un tiers des Français n’a pas confiance dans l’information qui est diffusée. Malgré tout, pour s’informer, ils se tournent en priorité vers des experts lorsqu’il s’agit de santé. Leur première source reste leurs médecins (généraliste ou spécialiste) pour 42 % d'entre eux, loin devant leur pharmacien et des sites internet référents (comme ceux du ministère de la Santé, de l’Assurance maladie ou de Santé Publique France). Et une information de confiance en santé est d’abord « validée et confirmée par des experts » (chercheurs, médecins…) à leurs yeux.
Pour s’informer en général, leurs sources sont toutefois bien différentes. La télévision, l'entourage (famille, amis, collègues), les sites internet, la radio et les réseaux sociaux arrivent en tête. Ce qui montre que les Français accordent une importance particulière à la santé.
(1) Cette étude quantitative a été réalisée en ligne par Verian, du 11 au 16 décembre 2024. Elle a été menée auprès d’un échantillon de 2 000 personnes, représentatives de la population française âgée de plus de 18 ans.
Les fake news dans le domaine de la santé
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Rapport d'étude - Fake news dans la santé
Sondage sur les fake news en santé : que disent les Français ?
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Infographie - Sondage sur les fake news en santé : que disent les Français ?
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