Arrêts cardiaques : l’application SAUV Life pour devenir sauveteur

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Paola Da Silva

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Arrêts cardiaques : l’application SAUV Life pour devenir sauveteur
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Créée par un médecin urgentiste, l’application SAUV Life permet à n’importe quel citoyen d’intervenir auprès d’une personne victime d’un arrêt cardiaque. Qu’il soit formé ou non aux premiers secours.

Prendre en charge les personnes victimes d’un arrêt cardiaque tout de suite, même lorsqu’on n’est pas urgentiste ou pompier. Tel est le but de l’association loi 1901 SAUV Life* (ou vie sauve, en français) qui a été créée en 2015. Elle a lancé l’application pour smartphone du même nom, gratuite, en 2018 en partenariat avec le SAMU. « Son but est qu’une personne à proximité, « un citoyen sauveteur », intervienne tout de suite pour faire un massage cardiaque si quelqu’un fait un arrêt. Et si possible qu’elle, ou une autre personne, emporte un défibrillateur », commente le docteur Lionel Lamhaut, médecin urgentiste au SAMU de Paris et co-fondateur de SAUV Life.

Pour cela, l’application appelle, envoie un sms et une notification aux personnes inscrites situées à proximité de la victime. Elles doivent avoir téléchargé l’application, validé leur inscription et être géolocalisées en permanence. En cliquant sur « je suis disponible », un GPS va les guider vers la victime, un membre du SAMU suivant leur progression et leur expliquant comment intervenir avant qu’eux soient sur place, les premières minutes étant cruciales. 

Un problème de santé majeur

Aujourd’hui, seules 5 % des victimes d’arrêts cardiaques en France survivent sans séquelle à leur malaise si elles ne sont pas prises en charge en moins de 3 minutes. Contre près de 40 % dans certains pays nordiques. « Pourtant, la France dispose d’une bonne prise en charge », témoigne le docteur Lamhaut. « Le temps d’intervention est de 14 minutes en moyenne. Mais ce chiffre cache des inégalités. Les secours ne mettent pas le même temps à intervenir en ville qu’à la campagne. » 50 000 personnes meurent chaque année en France d’un arrêt cardiaque. « On a affaire à un problème de santé majeur. Mais ce n’est pas une fatalité. On peut faire évoluer les choses en s’organisant autrement. C’est ce que nous essayons de faire avec SAUV Life. »

La nécessité du massage cardiaque

Dans 80 % des cas, les arrêts cardiaques sont dus à un infarctus. La personne atteinte, inconsciente, arrête de respirer ou respire très anormalement. Il faut alors impérativement lui administrer les gestes qui sauvent au plus vite. « Une minute sans massage cardiaque, c’est 10 % de chances de survie en moins », explique Lionel Lamhaut. De ce constat lui est venue l’idée de créer une application d’aide aux victimes. « Je fais de la recherche médicale sur l’arrêt cardiaque. Ce sont ces chiffres qui m’ont donné l’idée de créer SAUV Life. Deux amis non médecins m’ont tout de suite suivi dans cette aventure. »

Une application ouverte aux non-formés

« Une de nos originalités est d’être les premiers à ouvrir l’application à des personnes non formées aux premiers secours », détaille Lionel Lamhaut. « Tout le monde peut agir. Mieux vaut un massage imparfait que pas de massage. Ce qui tue, c’est l’inaction ! » Les « citoyens sauveteurs » sur place sont en outre aidés par le SAMU par téléphone et par l’application. « L’interaction avec des professionnels déculpabilise à agir. Il y a une vraie efficacité à cette action. Lors d’un déclenchement de SAUV Life, dans 15% des cas un citoyen débutera un massage cardiaque AVANT l’arrivée des secours. C’est un très bon résultat et ce chiffre est en constante augmentation. Les études que nous avons menées montrent une hausse significative de la survie des patients en cas d’utilisation de SAUV Life. »

Plus d'une trentaine d’alertes par jour

L’application, aujourd’hui déployée dans 90 départements, compte plus de 800 000 « citoyens sauveteurs ». Plus d’une trentaine d’alertes sont envoyées chaque jour. « Notre objectif est de couvrir au plus vite l’ensemble de la France. Nous allons également nous déployer à l’international en 2026, en commençant par la région de Madrid. À nous de convaincre les gens de s’inscrire, de faire ce geste citoyen », appuie Lionel Lamhaut. « Une vraie communauté s’est créée entre les citoyens sauveteurs. Plus nous serons nombreux, plus il y aura de vies sauvées. »

* L’application SAUV Life a remporté le prix « coup de cœur 2019 » du village francophone au dernier CES de Las Vegas.

Des défibrillateurs pour des « citoyens santé »

Depuis 2024, SAUV Life a mis en place un système de formation auprès de personnes volontaires nommées « citoyens santé » dans trois villes de France (Angers, Grenoble, Les Sables d’Olonne). Ces personnes reçoivent chacune un défibrillateur qu’elles ont toujours avec elles et dont elles ont appris à se servir. Les chiffres d’une étude menée à Angers par SAUV Life montrent une augmentation significative de survie lors de l’intervention d’un citoyen santé correctement équipe et formé.

Rédigé par

  • Paola Da Silva

    Journaliste généraliste spécialisée en santé et développement durable.

Commentaires

Merci beaucoup pour votre article, bien que titulaire du brevet de secourisme, je suis toujours intéressée par d'autres remarques Nicole

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