AVC, infarctus… : comment les éviter ?
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Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde et la deuxième en France après les cancers. Elles regroupent les pathologies qui touchent le cœur et l'ensemble des vaisseaux sanguins. Dans les cas les plus graves, elles aboutissent à un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral (AVC) ou une embolie pulmonaire. Mais elles peuvent prendre bien d’autres formes, comme celle de l’insuffisance cardiaque, une maladie très répandue mais encore sous-diagnostiquée. Comment prévenir ces pathologies ? La marche à suivre pourrait se résumer en une phrase : il s’agit de dépister ses facteurs de risque pour ensuite agir efficacement sur ceux que l’on peut modifier. Explications.
Je ne sais pas si je suis hyper-tendu(e). C’est important ?
Le chiffre est énorme : l'hypertension artérielle touche un adulte sur trois en France, soit 17 millions de personnes. Cette maladie se traduit par une pression anormalement élevée du sang sur la paroi des artères. Qualifiée de « tueur silencieux » (car se développant souvent sans symptômes), elle est le premier facteur de risque des maladies cardiovasculaires. « Elle se détecte souvent entre 50 et 60 ans, souligne le cardiologue Patrick Assyag. Beaucoup de personnes ignorent qu’elles sont hyper-tendues, alors que cette maladie peut entraîner un infarctus ou un accident vasculaire cérébral. Il est donc essentiel de se faire dépister en allant chez son médecin généraliste. » Cette maladie se soigne bien, à condition de prendre un traitement médicamenteux et d’adapter son mode de vie.
Je suis essoufflé(e) : dois-je m’alerter ?
Il peut être tout à fait normal d’être essoufflé lors d’un effort important, surtout lorsqu’on avance en âge. Mais lorsque l’essoufflement s’aggrave et se manifeste de façon inhabituelle, il faut impérativement aller voir son médecin. En effet, il s’agit du premier symptôme de l’insuffisance cardiaque. Cette incapacité du cœur à fonctionner normalement est l’une des maladies chroniques les plus fréquentes, en particulier chez les plus de 80 ans, mais elle reste sous-diagnostiquée. « L’essoufflement peut s’accompagner de prise de poids, d’œdèmes (gonflement de certaines parties du corps, généralement des jambes) et de fatigue », indique le professeur de cardiologie Gérard Helft, également président de la Fédération Française de Cardiologie. Mémorisez bien ces 4 symptômes (essoufflement, prise de poids, œdèmes et fatigue), encore trop souvent méconnus. Petite astuce : retenez le mot « EPOF » (leurs initiales).
Je suis jeune, suis-je concerné ?
Les moins de 50 ans sont eux aussi touchés par les maladies cardiovasculaires, et ce plus fréquemment qu’il y a 10 ou 20 ans. « Ils ont fumé précocement, sont davantage diabétiques et touchés par la sédentarité », résume le Pr Helft. Selon Santé Publique France, les maladies coronariennes (c’est-à-dire qui touchent les artères coronaires) augmentent depuis 15 ans chez les femmes de moins de 65 ans, une génération marquée par un tabagisme précoce.
Je suis une femme, mes hormones me protègent, non ?
Grâce aux œstrogènes, les femmes sont naturellement mieux protégées que les hommes face au risque cardiovasculaire, jusqu’à la ménopause. « Les hormones protègent les femmes mais depuis 10 ans, on note une augmentation de 25 % de l’infarctus chez les femmes non ménopausées. Plusieurs raisons : les femmes fument plus qu’avant, la surcharge pondérale, la sédentarité… Mais il y a sans doute d’autres raisons, il faut qu’on comprenne pourquoi il y en a plus qu’avant », explique le Pr Martine Gilard, cardiologue, membre de l’Académie nationale de médecine.
Si je mange sain, est-ce que je me protège contre ces maladies ?
Vous voulez réduire le risque de développer une maladie cardiovasculaire ? Pour cela, il faut allier activité physique régulière et alimentation équilibrée. Concernant ce dernier point, il est aujourd’hui prouvé scientifiquement que les comportements alimentaires suivants réduisent l’incidence1 de ces maladies : manger méditerranéen, réduire le sel, remplacer les acides gras saturés (beurre, crème fraîche, fromages, lard…) par des acides gras insaturés (huiles végétales hors huile de palme, poissons gras), consommer des fruits et légumes, des légumineuses, des céréales complètes et limiter la viande rouge, le sucre et les boissons sucrées.
Quels examens chez le médecin ?
Pour faire le point sur vos facteurs de risques cardiovasculaires, le médecin vous prescrira une prise de sang qui permettra de dépister un éventuel diabète et/ou excès de cholestérol. Il prendra également votre tension artérielle. Il peut vous demander de compléter cet examen à domicile. Avec un tensiomètre (que vous pouvez acheter en pharmacie ou bien vous faire prêter), vous devrez prendre votre tension pendant trois jours, matin et soir. À l’issue de ces examens, votre médecin décidera si un traitement est nécessaire.
La réadaptation cardiovasculaire : de quoi s'agit-il ?
La réadaptation cardiovasculaire est censée intervenir après un accident ou une opération cardiovasculaire (ou en cas de risque élevé d’accident de ce type). Se pratiquant en ambulatoire ou en hospitalisation, elle a pour but de ré-entraîner le patient à l’effort et de le faire bénéficier d’une éducation thérapeutique (en alimentation, activité physique, etc.) qui le rend acteur de sa propre santé.
Alors que ses bénéfices sont prouvés, 30 % seulement des patients concernés suivent une réadaptation, notamment parce que cette offre de soins est limitée. Elle pourrait cependant croître en 2026, avec l’essor des « SLL » (structures libérales légères) sur l’ensemble du territoire et le remboursement des soins en SLL par l’Assurance maladie. Ces perspectives restent cependant à confirmer.
(1) Nombre de cas apparus pendant une année au sein d'une population
ENQUÊTE : AVC, infarctus… êtes-vous à risque ?
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Marie Christine
20 mars 2026 à 09h03